‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 2)Chapitre 37 sur 40 · PAN · texte numérisé non relu

PAN

Résumons maintenant toute la science par des principes.

L’analogie est le dernier mot de la science et le premier mot de la foi.

L’harmonie est dans l’équilibre, et l’équilibre subsiste par l’analogie des contraires.

L’unité absolue, c’est la raison suprême et dernière des choses. Or cette raison ne peut être ni une personne ni trois personnes : c’est une raison, et c’est la raison par excellence.

Pour créer l’équilibre il faut séparer et unir : séparer par les pôles, unir par le centre.

Raisonner sur la foi, c’est détruire la foi; faire du mysticisme en philosophie, c’est attenter à la

raison.

La raison et la foi s’excliiont iiuituelleincnt par leur nature et s’unissent pai- l’analogie.

L’analogie est le seul médiateur possible entre le visible et l’invisible, entre le fini et l’infini. Le dogme est l’hypothèse toujours ascendante d’une écpiation présumable.

Pour l’ignorant, c’est l’hypothèse (pii est l’affirmation absolue, et l’affirmation absolue qui est l’hypothèse.

Il y a dans la science des hypothèses nécessaires, et celui qui cherche à les réaliser agrandit la science sans restreindre la foi : car de l’autre côté de la foi il y a l’infini.

On croit ce qu’on ignore, mais ce que la raison veut qu’on admette. Définir l’objet de la foi et le circonscrire, c’est donc formuler l’inconnu. Les professions de foi sont les formules de l’ignorance et des aspirations de l’homme. Les théorèmes de la science sont les monuments de ses conquêtes.

L’homme qui nie Dieu est aussi fanatique que celui qui le définit avec une prétendue infaillibilité. Ou définit ordinairement Dieu en disant tout ce qu’il n’est pas.

L’homme fait Dieu par une analogie du moins au plus : il en résulte que la conception de Dieu

iii-suMK (;i-ni^:ral.

chez l’homme est toujours colle crun homme iuflni qui fait do l’homme un Dieu fini.

L’homme peut réaliser ce qu’il croit dans la mesure de ce qu’il sait en raison de ce qu’il ignore, et fait tout ce qifil veut dans la mesure de ce qu’il croit et en raison de ce qu’il sait.

L’analogie des contraires, c’est le rapport de la lumière à l’ombre, de la saillie au creux, du plein au vide. L’allégorie, mère de tousles dogmes, est la substitution des empreintes aux cachets, des ombres aux réalités. C’est le mensonge de la vérité et la vérité du mensonge.

On n’invente pas un dogme, on voile une vérité, et il se produit une ombre en faveur des yeux faibles. L’initiateur n’est pas un imposteur, c’est un révélateur; c’est-à-dire, suivant l’expression du mot latin revelare, un homme qui voile de nouveau. C’est le créateur d’une nouvelle ombre.

L’analogie est la clef de tous les secrets de la nature et la seule raison d’être de toutes les révélations.

Voilà pourquoi les religions semblent être écrites dans le ciel et dans toute la nature ; cela doit être : car l’œuvre de Dieu est le livre de Dieu, et dans ce qu’il écrit on doit voir l’expression de sa pensée,

et par conséquent de son être, ])uisqiic nous ikî le concevons (jue comme la pensée suprême. Dupuis et Volney n’ont vu qu’un plagiat dans cette splendide analogie qui aurait dé les amener à reconnaître la catholicité, c’est-ii-dire l’universalité du dogme primitif, unique, magique, cabalistique et immuable de la révélation par l’analogie.

L’analogie donne au mage toutes les forces de la nature; l’analogie est la quintessence de la pierre philosophale, c’est le secret du mouvement perpétuel, c’est la quadrature du cercle, c’est le temple qui repose sur les ‘deux colonnes Jakin et Bohas, c’est la clef du grand arcane, c’est la racine de l’arbre de vie, c’est la science du.bien et du mal.

Trouver l’échelle exacte des analogies dans les choses appréciables par la science, c’est fixer les bases delà foi et s’emparer ainsi de la baguette des miracles. Or, il existe un principe et une formule rigoureuse, qui est le grand arcane. Que le sage ne cherche pas, il a déjà trouvé; mais que le vulgaire cherche toujours, il ne trouvera jamais.

La transmutation métallique s’opère spirituellement et matériellement par la clef positive des analogies.

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