‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 3)Chapitre 100 sur 104 · ET DE LA SORCELLERIE DES BERGERS · texte numérisé non relu

ET DE LA SORCELLERIE DES BERGERS

Dans la solitude, au milieu du travail de la végétation les forces instinctives et magnétiques de l'homme augmentent et s'exaltent, les fortes exhalaisons de la sève, l'odeur des foins, les arômes de certaines fleurs remplissent l'air d'ivresse et de vertiges: alors, les personnes impressionnables tombent facilement dans une sorte d'extase qui les fait rêver tout éveillées. C'est alors qu'apparaissent les lavandières nocturnes, les loups garous, les lutins qui démontent les cavaliers et grimpent sur les chevaux en les fouettant de leur longue queue. Ces visions d'hommes éveillés sont réelles et terribles, et il ne faut pas rire de nos vieux paysans bretons lorsqu'ils racontent ce qu'ils ont vu.

Ces ivresses passagères, lorsqu'elles se.multiplient et se prolongent, communiquent à l'appareil nerveux une inipressionuabilitéet une sensibilité particulière, on devient somnambule éveillé, les sens acquièrent une finessç de tact parfois merveilleuse

et même incroyable; on entend à de prodigieuses distances des bruits révélateurs, on voit la pensée des hommes sur leur visage, on est frappé soudainement du pressentiment des malheurs qui les menacent.

Les enfants nerveux, les idiots, les vieilles femmes et généralement tous les célibataires instinctifs ou forcés sont les sujets les plus propres à ce genre de magnétisme; ainsi se produisent et se compliquent ces phénomènes maladifs qu'on regarde comme les mystères de la puissance des médiums. Autour de ces aimants déréglés, des tourbillons magnétiques se forment et souvent des prodiges s'opèrent, prodiges analogues à ceux de l'électricité, attraction et répulsion des objets inertes, courants atmosphériques, influences sympathiques ou antipathiques très prononcées. L'aimant humain agit à de grandes distances et à travers tous les corps, àl'exceptiondu charbon de bois qui absorbe et neutralise la lumière astrale terrestre dans toutes ses transformations.

Si à ces accidents naturels se joint une volonté perverse, le malade peut devenir très dangereux pour des voisins, surtout si son organisme a des propriétés exclusivement absorbantes. Ainsi s'ex-

pliquent les envoûtements et les sorts, ainsi devient admissible et soumise au diagnostic médical cette affection étrange que les Romains nommaient le mauvais œil et qui est encore redoutée à Naples sous le nom de Jettatura.

Dans notre clef des grands mystères nous avons dit pourquoi les bergers sont plus sujets que d'autres à des dérèglements magnétiques ; conducteurs de troupeaux qu'ils aimantent de leur volonté bonne ou mauvaise, ils subissent l'influence des âmes animales réunies sous leur direction et qui deviennent comme des appendices de la leur ; leurs infirmités morales produisent chez leurs moutons des maladies physiques et ils subissent en retour la réaction des pétulances de leurs boucs et des caprices de leurs chèvres ; si le berger est d'une nature absorbante, le troupeau devient absorbant et attire parfois fatalement à lui toute la vigueur et toute la santé d'un troupeau voisin. C'est ainsi que la mortalité se met dans les étables sans qu'on puisse savoir pourquoi et que toutes les précautions et tous les remèdes n'y font rien.

Cette maladie contagieuse des troupeaux est quelquefois déterminée par l'inimitié d'un berger rival qui est venu furtivement la nuit enterrer un

pacte sous le seuil de l'étable. Ceci va faire sourire les incrédules, mais il ne s'agit plus maintenant de crédulité. (Je que la superstition croyait aveuglément autrefois, la science maintenant le constate et l'explique.

Or, il est certain et démontré par de nombreuses expériences, 1° que l'influence magnétique de l'homme dirigée par sa volonté, s'attache à des objets quelconques choisis et influencés par cette volonté.

2° Que le magnétisme humain agit à distance et se centralise avec force sur les objets magnétisés.

3° Que la volonté du magnétiseur acquiert d'autant plus de force qu'il a plus multiplié les actes expressifs de cette volonté.

4° Que si les actes sont de nature à impressionner vivement l'imagitation, si pour les accomplir il a fallu surmonter de grands obstacles extérieurs et vaincre de grandes résistances intérieures, la volonté devient fixe, acharnée et invincible comme celle des fous.

5° Que les hommes seuls à cause de leur libre arbitre peuvent résister à la volonté humaine, mais que les animaux n'y résistent pas longtemps.

Voyons maintenant comment les sorciers de campagne composent leurs maléfices, véritables pactes avec l'esprit de perversité qui servent de consécration fatale à leur volonté mauvaise.

Ils forment un composé de substances qu'on ne peut se procurer sans crime et allier sans sacrilège, ils prononcent sur ces horribles mélanges arrosés parfois de leur propre sang des formules d'exécration, et ils enfouissent dans le champ de leur ennemi ou sous le seuil de la porte de son étable ces stenes d'une haine infernale irrévocablement magnétisés.

L'effet en est infaillible ; à partir de ce moment les troupeaux commencent à dépérir et toute l'étable sera bientôt dépeuplée, à moins que le maître du troupeau n'oppose une résistance énergique et victorieuse au magnétisme de P ennemi.

Cette résistance est facile lorsqu'on la fait par cercles et par courants, c'est-à-dire par association de volontés et d'efforts. La contagion n'atteint guère les cultivateurs qui savent se faire aimer de leurs voisins. Leurs biens alors sout protégés par l'intérêt de tous et les bonnes volontés associées triomphent bientôt d'une malveillance isolée.

Lorsque le maléfice est ainsi repoussé, il se tourne

contre son auteur, le magnétiseur malveillant souffre des tourments intolérables qui le forcent bientôt à détruire son mauvais ouvrage et à venir lui-même déterrer son pacte.

Au moyen âge on avait recours aussi à des conjurations et à des prières, on faisait bénir les étables et les animaux, on faisait dire des messes afin de repousser par l'association des volontés chrétiennes dans la foi et dans la prière l'impiété de l'envoiiteur. .

On aérait les étables, on y pratiquait des fumigations et l'on mêlait aux aliments des bestiaux du sel magnétisé par des exorcismes spéciaux.

À la fin de notre clef des grands mystères nous avons reproduit quelques-uns de ces exorcismes, dont nous avons rétabli le texte primitif avec une curieuse attention.

Ces formules, en effet, copiées et recopiées par des mains ignorantes, imprimées ensuite en dépit du bon sens par des exploiteurs de la crédulité populaire, ne sont pas arrivées jusqu'à nous sans d'étranges altérations.

En voici quelques-unes telles qu'on les trouve encore dans les derniers grimoires :

« Avant toutes choses, prononcez sur le sel :

DE LA MAGIE DES CAMPAGNES. il 7

» Panem cœlestem accipiatsit nom en Domine invo- » cabis. Puis ayez recours au château de Belle, » et faites le jet et les frottements, prononçant ce » qui suit :

« Eum ter ergo docentes omnes gentes baptizantes j> eos. In nomine atris, etc.

Garde contre la gale. « Quand Notre-Seigneur » monta au ciel, sa sainte vertu en terre laissa. » Pasle, Colet et Hervé ; tout ce que Dieu a dit a » été bien dit. Bête rousse, blanche ou noire, de » quelque couleur que tu sois, s'il y a quelque » gale ou rogne sur toi, fût-elle mise et faite à » neuf pieds dans terre, il est aussi vrai qu'elle s'en » ira et mortira, comme sain Jean est dans sa peau » et a été né dans son chameau ; comme Joseph- » Nicodème d'Arimathie a dévalé le corps de mon » doux Sauveur Rédempteur Jésus-Christ, de l'ar- » bre de la croix, le jour du vendredi saint.

« Vous vous servirez, pour le jet et pour les » frottements, des mots suivants, et aurez recours » à ce que nous avons dit au château de Belle :

« Sel, je te jette de la main que Dieu m'a » .donnée. Volo etvono Baptista Sancta Aca latum » est.

» Garde pour empêcher les loups cV entrer sur le » terrain où sont les montons . Placez-vous au coin » du soleil levant, et prononcez cinq fois ce qui » va suivre. Si vous ne le souhaitez prononcer ^qu'une fois, vous en ferez autant cinq jours cle » suite.

« Viens, bête à laine7 c'est l'Agneau d'humilité., » je te garde, Ave, Maria. C'est l'Agneau du » Rédempteur qui a jeûné quarante jours sans » rébellion, sans avoir pris aucun repas de Fen- » nemi, fut tenté en vérité. Va droit, bête grise, » à gris agripeuse ; va chercher ta proie, loups et » louves et louveteaux; tu n'as point à venir à cette » viande qui est ici. Au nom du Père, et du Fils, et » du Saint-Esprit, et du bienheureux saint Cerf. » Aussi vade rétro, ô Satana!

Autre garde, « Bête à laine, je te prends au » nom de Dieu et de la très sainte sacrée Vierge » Marie. Je prie Dieu que la seigneurie que je vais » faire prenne et profite à ma volonté. Je te conjure » que tu casses et brises tous sorts et enchantements » qui pourraient être passés dessus le corps de » mon vif troupeau de bêtes à laine, que voici » présent devant Dieu et devant moi; qui sont à

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». ma charge et à ma garde. Au nom du Père, du » Fils et du Saint-Esprit et de monsieur saint Jean- » Baptiste et monsieur saint Abraham.

, « Voyez ci-dessus ce que nous avons dit pour » opérer au château de Belle, et vous servez pour » le jet et frottement des paroles qui suivent :

« Passe flori, Jésus est ressuscité. »

Garde contre la gale, rogne et clavelée. « Ce fut » par un lundi au matin que le Sauveur du monde » passa, la sainte Vierge après lui, monsieur saint » Jean son pastoureau, son ami, qui cherche son » divin troupeau, qui est entiché de ce malin cla- » viau, de quoi il n'en peut plus, à cause des trois » pasteurs qui ont été adorer mon Sauveur Rédemp- » leur Jésus-Christ en Bethléem, et qui ont adoré » la voix de l'enfant. » Dites cinq fois Pater et cinq » fois Ave.

«Mon troupeau sera sain et joli, qui est sujet à » moi. Je )\rie madame sainte Geneviève qu'elle » m'y puisse servi!' d'amie dans ce malin claviau ici. » Claviau banni de Dieu, renié de Jésus-Christ, je » te commande, de la part du grand Dieu, que tu » aies à sortir d'ici, et que tu aies à fondre et eon-

» fondre devant Dieu et devant moi, comme fond » la rosée devant le soleil. Très glorieuse Vierge » Marie et le Saint-Esprit, claviau, sort d'ici, car » Dieu télécommande, aussi vrai comme Joseph- » Nicodème d'Àrimathie a descendu le précieux » corps de mon Sauveur et Rédempteur Jésus- » Christ, le jour du vendredi saint, de l'arbre de la » Croix : de par le Père, de par le Fils, de par le » Saint-Esprit, digne troupeau de bêtes à laine, » approchez-vous d'ici, de Dieu et de moi. Voici » la divine offrande de sel que je te présente » aujourd'hui ; comme sans le sel rien n'a été fait » et par le sel tout a été fait, comme je le crois, de » par le Père, etc.

« 0 sel! je te conjure, de la part du grand Dieu » vivant, que tu me puisses servir à ce que je pré- » tends, que tu me puisses préserver et garder mon » troupeau de rogne, gale, pousse, de pousset, de » gobes et de mauvaises eaux* Je te commande, » comme Jésus-Christ mon Sauveur a commandé » dans la nacelle à ses disciples, lorsqu'ils lui » dirent : Seigneur, réveillez-vous, car la mer nous » effraye. Aussitôt le Seigneur s'éveilla, com- « manda à la mer de s'arrêter; aussi la mer devint c calme, commandée de par le Père, etc. »

Il est évident qu'il faut lire :

Pour la prière sur le sel : panem cœlestem acci* piavi et nomen Domini invocabo.

Puis plus bas :

Euntes ergo docele ovines génies baptizântes eos, etc.

Les noms de Pasle, Colet et Hervé sont ceux des bergers associés dans l'œuvre magnétique. Au lieu de mortira (ligne 14), lisez : sortira ; et à la ligne suivante lisez hameau au lieu de chameau qui fait ici un non-sens si absurde et si grotesque.

Dans Tune des formules suivantes, au lieu de passe flori, il faut lire pâques fleurie.

Celle qui vient après était primitivement en vers et l'on peut voir, en la rétablissant, combien elle a été défigurée.

Ce fut par un lundi matin Jésus passa par le chemin, La sainte Vierge auprès de lui Et monsieur saint Jean son ami.

Monsieur saint Jean son pastoureau Qui cherche son divin troupeau. Entiché du malin claveau, Malin claveau qui guérira

Et de mon troupeau sortira Par les trois rois et les pasteurs, De Jésus-Christ adorateurs Qui sont allés en Bethléem En passant par Jérusalem Et tour à tour se prosternant .Adorer 'la croix de l'enfant.

Cet exemple suffira pour faire comprendre à quel point sont altérés et devenus ridicules les petits livres vulgaires de sorcellerie et de prétendue magie qu'on ose encore colporter dans les campagnes.

On peut voir aussi que dans leur principe ces formules appartenaient à une foi ardente et naïve. C'était au nom du petit enfant né dans une étable, des pasteurs qui vinrent le visiter, de saint Jean- Baptiste, l'homme du désert, toujours accompagné d'un agneau sans tache, que les anciens bergers chrétiens conjuraient les maléficies de leurs ennemis. Ces prières, ou plutôt ces actes de foi étaient prononcés sur le sel. si salutaire par lui-même et si indispensable à la bonne santé des troupeaux. Nos faux savants peuvent rire maintenant de ces rustiques enchanteurs; mais eux savaient bien ce qu'ils faisaient et leur instinct dirigé par l'expé-

DE LA MAîiiii DUS CASTAGNES.

vieil ce, les guidait plus sûrement que n'aurait pu le faire toute la pauvre science de ce temps-là.

Maintenant que la foi s'est affaiblie dans les campagnes comme ailleurs, ces naïves oraisons n'ont plus guère de puissance ni de prestige. On peut tout au plus les rechercher comme des monuments curieux de la croyance de nos ancêtres f On les retrouve dans les grimoires manuscrits et dans Y Enchirid ion de Léon III, petit livre très célèbre au moyen âge, et dont les éditions plus ou moins fautives se sont multipliées jusqu'à nos jours. Nous avons extrait et. nous en donnons ici tes conjurations qui passaient pour les plus efficaces.

Ici commencent les mystérieuses oraisons du pape Léon.

Oraisons contre loules sortes de charmes, enchantements, sortilèges, caractères, visions, illusions, possessions, obsessions, empêchement maléfique de mariage, et tout ce qui peut arriver par le maléfice des sorciers, ou par l'incursion des diables; et aussi très profitable contre toutes sortes de malheur qui peut êtro donné aux chevaux, juments, bœufs, vaches, moutons, brebis et autres espèces d'animaux. Oraison Qui Vcrbum car<> faclum esl^ etc,

Le Verbe qui s'est fait chair, et a été attaché à

42/j. SUPPLÉMENT AU RITUEL DE LA HAUTE MAGIE.

la croix, et qui est assis à la droite du Père, pour exaucer les prières de ceux qui croient en lui, lui qui par son saint nom, tout genou fléchit; et par les mérites de la bienheureuse Vierge Marie sa mère, et aussi par les prières de tous les saints et saintes de Dieu. Daignez préserver cette créature N. de tous ceux qui pourraient lui nuire, et des attaques des démons, vous qui vivez et régnez dans l'unité parfaite ; car voilà f la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, dans lequel est notre salut, notre vie et notre résurrection, et la confusion de tous ceux qui veulent nous nuire et des malins esprits; fuyez donc, parties adversaires, car je vous conjure, démons d'enfer, et vous esprits malins de quelque genre que vous soyez, tant présents qu'absents, en quelque manière que ce soit, et sous quelque prétexte que ce soit ; soit que vous soyez appelés ou invoqués, soit que vous veniez de bonne volonté, ou que vous soyez envoyés; soit par enchantement, soit par art des hommes malins ou des femmes; vous hâtant pour demeurer ou pour molester. Jusqu'à ce que vous ayez quitté votre tromperie diabolique, vous vous en alliez incontinent -j- par le Dieu vivant j- véritable f saint-f Père -{-Fils f et Saint-Esprit. Spécialement

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par celui f qui a été immolé et f qui a été tué en agneau f , qui a été crucifié en] homme, clans le sang duquel nous avons vaincu, quand saint Michel a combattu avec vous, et a fait précéder la victoire, et vous a fait reculer à mesure que vous approchiez, et que vous ne puissiez, sous quelque prétexte que ce soit, molester ou chagriner cette créature, ni dans son corps, ni dehors son corps, par vision, ni par frayeur, ni de jour, ni, de nuit, ni en dormant, ni en veillant, ni en mangeant, ni en priant, ni en faisant autre chose, soit naturel ou spirituel : autrement je répands dessus vous f toutes les malédictions, excommunications-}- degrés et peines de tourments, comme d'être jetés dans l'étang de feu et de soufre, par les mains de vos ennemis, par le commandement de la sainte Trinité, saint Michel archange le mettant en exécution. Car si tu as pris auparavant quelque lien d'adoration, quelque parfum, quelque fin et affection maligne que ce soit, soit en herbes, soit en paroles, soit en pierres, soit en éléments, soitqu'elles soient naturelles, soitqu'elles soient simples, ou mixtes, ou temporelles, ou spirituelles, ou sacramentelles, ou daus les noms du grand Dieu et des anges, soit qu'elles soient en caractères d'heures, de minutes,

de jours, d'an, de mois, observé superstitieusement avec pacte exprimé, ou tacite, même fortifié par jurement. Je casse -f- toutes ces choses, je les annule et les détruis par la puissance du Père qui a créé tout le monde f , par la sagesse du Fils rédempteur f , par la bonté du Saint-Esprit -f-, par celui qui a accompli toute la loi f , qui est f , qui était f, qui doit venir -f-, tout-puissant, saint -f-, immortel f, sauveur f, qui est composé de quatre lettres f, Jéhova f , Alpha et Oméga f , le commencement et la fin. Que toute la vertu diabolique soit donc éteinte dans cette créature, et soit chassée par la vertu de la très sainte croix, par l'invocation des anges, des archanges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, et aussi de la bienheureuse Vierge et de tous ceux qui régnent dans le ciel, avec l'agneau mort depuis le commencement du monde et ceux qui vivent bien dans la sainte Église de Dieu. Retirez-vous donc; et de môme que la fumée du foie, du poisson brûlé, suivant îe conseil de Raphaël, a mis en fuite l'esprit dont Sara était tourmentée, de môme que ces bénédictions vous chassent, afin que vous n'osiez pas approcher de cette créature. Marquée du signe de la sainte croix, de Tes-

pace de cent mille pas. parce que mon mandement n'est pas le mien, mais de celui qui a été envoyé du sein du Père, afin de détruire vos œuvres, comme il les a détruites sur l'arbre de la croix > il nous a donné une telle puissance, à la gloire et utilité des fidèles, pour vous commander, comme nousvouscommandons et ordonnons; que vous n'osiez approcher par Notre-Seigueur Jésus-Christ -J- ; voici la croix du Seigneur, fuyez, parties adversaires; le lion de la tribu deJuda a vaincu. Racine de David, alléluia, amen, amen, fiât, fiât.

Voici !es sept oraisons mystérieuses que l'on doit dire pendant

la semaine.

Pour le dimanche. Libéra me, Domine, etc.

Noire Père, elc.

Délivrez-moi, je vous prie, Seigneur, votre serviteur N., de tous les maux passés, présents et à venir, tant de l'âme que du corps, et par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu, et de vos bienheureux apôtres saint Pierre, saint Paul et saint André, avec tous vos saints, donnez- moi favorablement la paix à votre serviteur N., et la sainteté dans tous les jours de ma

vie, afin que, étant aidé par le secours de votre miséricorde, je sois toujours affranchi de l'esclavage du péché et de toute crainte d'aucun trouble. Par le même Jésus-Christ votre Fils, Notre-Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. Que la paix du Seigneur soit toujours avec moi. Amen. Que votre paix céleste, Seigneur, que vous avez laissée à vos disciples, demeure toujours ferme dans mon cœur, et soit toujours entre moi et mes ennemis, tant visibles qu'invisibles. Amen . Que la paix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa face, son corps et son sang, soient à mon aide à moi, N., pécheur que je suis, et me servent d'une favorable protection et défense, et de consolation à mon âme et mon corps. Amen. Agneau de Dieu, qui avez daigné naître de la Vierge Marie, et porter sur l'arbre de la croix les péchés du monde, ayez pitié de mon corps et de mon âme; Agneau de Dieu par qui tous les fidèles sont sauvés, donnezmoi dans ce siècle et dans les siècles à venir une paix éternelle. Amen.

Pour le lundi. O Adonai, per g item, etc.

0 Àdonaï ! ô Sauveur par qui toutes choses ont été mises en liberté, délivrez-moi de tout mal. 0 Adonaï ! ô Sauveur par qui toutes choses ont été secourues, secourez-moi dans toutes mes nécessités et angoisses, affaires et périls, et de toutes les embûches de mes ennemis visibles et invisibles, délivrez-moi f au nom du Père qui a créé tout le monde f , au nom du Fils qui a racheté tout le monde f , au nom du Saint-Esprit qui a accompli toute la loi , je me recommande tout entier. Amen f . Que la bénédiction de Dieu le Père tout-puissant, qui a fait toutes choses d'une seule parole, soit toujours avec moi. Amen f . Que la bénédiction de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, soit toujours avec moi. Amen f. Que la bénédiction du Saint-Esprit avec ses sept dons soit toujours avec moi f. Amen. Que la bénédiction de la bienheureuse Vierge Marie avec son Fils soit toujours avec moi. Amen. Que la bénédiction et consécration du pain et du vin que Notre-Seigneur Jésus-Christ a faite quand il l'a donné à ses disciples, leur disant :

Û30 SUPPLÉMENT AU RITUEL DE LA 1IAUTÈ MAGIE. Pour le mardi. AccipUe-el comedite, etc.-

Prenez et mangez tout ceci, car c'est mon corps qui sera livré pour vous, en mémoire de moi. Amen. Que la bénédiction des anges et des archanges, des vertus, des principautés, des trônes, des dominations, des chérubins et des séraphins soit toujours avec moi. Amen. Que la bénédiction des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges et de tous les saints et saintes de Dieu, soit toujours avec moi. Amen. Que les bénédictions de tous les cieux de Dieu soient toujours avec moi. Amen f . Que lamajesté adorable me protège ; que son éternelle bonté me gouverne; que son inextinguible charité m'enflamme: que son immense bonté me dresse; que la puissance du Père me conserve; que la sagesse du Fils me vivifie; que la vertu du Saint-Esprit soit toujours entre moi et mes ennemis visibles et invisibles. Amen. Puissance du Père, fortifiezmoi ; sagesse du Fils, délivrez-moi; consolation du Saint-Esprit, consolez-moi. Le Père est la paix, le Fils est la vie, le Saint-Esprit est le remède de consolation et du salut. Amen. Que la divinité de D ieu me bénisse; que son humanité me fortifie

Amen. Que sa piété m'échauffe; que son amour me conserve : ô Jésus-Christ, fils de Dieu vivant, ayez pitié de moi.

Pour le mercredi. 0 Emmanuel, ab hoste, etc.

0 Emmanuel! défendez-moi du malin esprit et de tous mes ennemis visibles et invisibles, et de tout mal ; le Christ roi est venu en paix ; Dieu s'est fait homme, et il a souffert avec clémence pour nous; que Jésus-Christ, roi pacifique, soit toujours entre moi et mes ennemis Amen f. Le Christ est vainqueur f ; le Christ règne f : le Christ commande f . Que le Christ me défende toujours de tout mal. Amen. Que Jésus -Christ daigne commander que je sois victorieux de tous mes adversaires. Amen. Yoici la croix de Notre-Seigneur -j- Jésus -Christ ; fuyez, parties adversaires. Le lion de la tribu de Juda a vaincu ; racine de David, alléluia, alléluia, alléluia. Sauveur du monde, sauvez-moi, et secourez-moi, vous qui par votre croix et votre très précieux sang m'avez racheté; aidezmoi, je vous prie, ô Dieu, ô agios ô Theos f , agios ischyros -j-, agios athanatos-f-, eleison himas; Dieu saint, Dieu fort, Dieu miséricordieux et immortel, ayez pitié de moi N., votre serviteur. Sei-

gneur, soyez à mon aide; ne m'abandonnez pas; ne me regardez point en mépris, Dieu mon salutaire; mais venez toujours à mon aide, Seigneur Dieu mon Sauveur.

Pour le jeudi. Illumina oculos meos, etc.

Éclairez mes yeux, Seigneur, afin que je ne m'endorme jamais dans la mort, et que mon ennemi ne dise pas qu'il a été plus fort que moi. Que le Seigneur soit à mon aide, et je ne craindrai point ce que l'homme pourra faire contre moi ; mon très bénin Jésus-Christ, gardez-moi, secourez-moi et sauvez-moi : qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse aux cieux, sur la terre et aux enfers, et que toute langue confesse que Notre-Seigneur Jésus- Christ est dans la gloire de Dieu le Père. Amen. Je sais très véritablement, ô Jésus, qu'à quelque jour et heure que ce soit que je vous invoque, je serai sauvé. Otrès clément Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui, par la vertu de votre nom très précieux, avez fait et opéré tant de miracles, et qui nous avez donné un remède si abondant à nous qui en avions un si grand besoin, parce que, par la vertu de votre nom, les démons prenaient la fuite, les aveugles voyaient, les sourds entendaient,

les boiteux marchaient, les muets parlaient, les lépreux étaient guéris, les malades obtenaient la santé, et les morts ressuscitaient ; car, lorsqu'on prononce le nom de votre très doux fils Jésus, l'on entend une douce mélodie dans l'oreille, le miel se fait sentir dans la bouche, le démon est mis en fuite, tout genou fléchit, les esprits célestes se réjouissent, les mauvaises tentations sont déracinées, toutes les infirmités sont guéries ; on gagne plusieurs indulgences ; les débats qui sont entre le monde, la chair et le diable sont tués, et beaucoup d'autres biens s'ensuivent, parce que quiconque invoquera le nom de Dieu sera sauvé, ce nom qui a été appelé par l'ange avant qu'il fût conçu dans le ventre.

Pour le vendredi. 0 nomen duke, etc.

Odoux nom, nom fortifiant le cœur de l'homme, nom de la vie, du salut et de la joie ; nom précieux, joyeux, glorieux et gracieux; nom fortifiant les pécheurs, nom qui nous sauve et qui conduit et gouverne toute la machine de l'univers. Qu'il vous plaise donc, ô très pieux Jésus ! que par la même vertu très précieuse de votre nom vous daigniez faire fuire les démons de devant moi ; éclairez-

moi, moi qui suis aveugle; faites que j'entende, moi qui suis sourd, conduisez mes pas, moi qui suis boiteux; faites que je parle, moi qui suis muet; guérissez ma lèpre, donnez-moi la santé, moi qui suis infirme ; réveillez-moi de la mort, et entourezmoi tout entier dedans et dehors, afin qu'étant muni de votre nom très sacré, je puisse toujours vivre en vous, en vous louant et en vous honorant, "Tous qui êtes digne de louanges, parce que vous êtes le très glorieux Seigneur et le Seigneur éternel, et l'éternel Fils de Dieu, dans lequel, auquel et par lequel toutes choses se réjouissent et sont gouvernées, à vous la louange, l'honneur et la gloire dans tous les siècles. Amen. Que Jésus soit toujours clans mon cœur, que Jésus soit toujours dans ma bouche, que Jésus soit toujours dans toutes mes entrailles. Amen. Que Dieu mon Seigneur Jésus-Christ soit dedans moi pour me remettre en santé; qu'il soit autour de moi pour me conduire ; qu'il soit après moi pour me conserver, devant moi pour me garder, sur moi pour me bénir; qu'il soit entre moi pour me vivifier, auprès de moi pour me gouverner, au-dessus de moi pour me fortifier ; qu'il soit toujours avec moi pour m'ôter toute la peine d'une mort éternelle, lui qui,

avec le Père et Saint-Esprit, vit et règne dans tous les siècles des siècles. Amen.

Pour le samedi. Jésus Mariœ filius, etc.

Que Jésus fils de Marie, Seigneur et Sauveur du monde, me soit clément et propice, qu'il nous donne un esprit sain et soumis, honneur à Dieu, et qu'il nous accorde la délivrance de nos maux dans le lieu où nous sommes : et personne n'a mis la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue, celui qui est, qui était et qui sera toujours Alpha et Oméga, Dieu et homme, le commencement et la fin ; que cette invocation me soit une éternelle protection, nom de Jésus de Nazareth, roi des Juifs, marque de triomphe, fils de la Vierge Marie, ayez pitié de moi, selon votre clémence, dans la voie du salut éternel. Amen. Mais Jésus, sachant tout ce qui lui devait arriver, s'avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Or Judas, qui le trahissait, était aussi présent avec eux. Lors donc que Jésus leur eut dit : C'est moi, ils furent renversés et tombèrent tous par terre. Il leur demanda encore une fois : Qui

cherchez -vous ? Ils lui dirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur répondit : Je vous ai déjà dit que c'est moi ; si c'est donc moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. » Que Jésus, pour moi fait victime, par sa croix effaçant mon crime, me rende agréable à ses yeux, et qu'enfin mon âme épurée, étant de mon corps séparée, avec lui règne dans les deux. Amen. Jésus est la voie f , Jésus est la vie f, Jésus est la vérité Jésus a souffert -f-, Jésus a été crucifié -f, Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, ayez pitié de moi. Mais Jésus, passant f, au milieu d'eux, était debout, et personne n'a porté sa main violente sur Jésus, parce que son heure n'était pas encore venue.

Oremus. Dulcissime Domine, etc.

Très doux Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui avez répondu aux Juifs qui voulaient vous prendre : C'est moi ; si c'est donc moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci; alors les Juifs s'en allèrent à la renverse et tombèrent par terre. Ainsi à cette heure ils ne purent vous nuire, comme il est vrai, et que je le crois aussi véritable et le confesse. Ainsi, mon très bénin Sauveur Jésus- Christ, daignez me garder à présent et toujours de

DE LA MAGIE DES CAMPAGNES. k'àl

tous mes ennemis qui cherchent à me nuire, et faites-les tomber à la renverse, afin qu'ils ne puissent me faire du mal en quelque manière que ce soit, mais que je me retire en sûreté de leurs mains dans la voie de paix et de repos, à la louange et gloire de votre nom, qui est béni dans les siècles des siècles. Amen.

Ces prières, comme on le voit, n'ont rien que de très pieux et de très chrétien dans leur simplicité, et peuvent être encore l'expression de la confiance et de la volonté droite d'un enfant soumis de l'Église.

La prière faite en commun et suivant la foi ardente du plus grand nombre, constitue véritablement un courant magnétique, et ce que nous entendons par le magnétisme exercé en cercles.

Les maléfices ne sont redoutables que pour les individus isolés; il importe donc, aux gens de la campagne surtout, de vivre en famille, d'avoir la paix dans leur ménage, et de se faire de nombreux amis.

Il faut aussi pour la santé des troupeaux, bien aérer et bien exposer les étables, en bien battre le sol qu'on pourrait couvrir d'une sorte de maca-

ft38 SUPPLÉMENT AU RITUEL DE LA HAUTE MAGIE.

dam en charbon de bois, purifier les eaux malsaines avec un filtre de charbon, donner aux bestiaux du sel non plus exorcisé, mais magnétisé suivant les intentions du maître, éviter autant qu'on le peut, le voisinage des troupeaux appartenant à un ennemi ou à un rival, frotter les brebis malades avec un mélange de charbon de bois pulvérisé et de soufre, puis renouveler souvent leur litière et leur donner de bonnes herbes.

Il faut aussi éviter avec soin la compagnie des personnes atteintes de maladies noires ou chroniques, ue jamais s'adresser aux devins de village et aux envoûteurs, car en consultant ces sortes de personnes,. on se met en quelque façon sous leur puissance, enfin, il faut avoir confiance en Dieu seul et laisser opérer la nature.

Les prêtres passent souvent pour des sorciers dans les campagnes, et on les croit assez généralement capables d'exercer une influence mauvaise, ce qui est vrai malheureusement pour les mauvais prêtres; mais le bon prêtre, loin de porter malheur à personne, est la bénédiction des familles et des contrées.

Il existe aussi des fous dangereux qui croient à l'influence de l'esprit de ténèbres, et qui ne crai-

gnent pas de l'évoquer pour en faire le serviteur de leurs mauvais désirs ; il faut appliquer à ceux-là ce que nous avons dit des évocations diaboliques, et se bien garder surtout de les croire et de les imiter.

Pour commander aux forces élémentaires, il faut une grande moralité et une grande justice. L'homme qui fait un digne et noble usage de son intelligence et de sa liberté, est véritablement le roi de la nature, mais les êtres à figure humaine qui se laissent dominer par les instincts de la brute ne sont pas même dignes de commander aux animaux. Les Pères du désert étaient servis par les lions et par les ours.

Daniel, dans la fosse aux lions ne fut touché par aucun de ces animaux affamés, et en effet, disent les maîtres clans le grand art de la cabale, les bêtes féroces respectent naturellement les hommes, et ne se jettent sur eux que lorsqu'ils les prennent pour d'autres animaux hostiles ou inférieurs à eux. Les animaux, en effet, communiquent par leur âme physique avec la lumière astrale universelle, et sont doués d'une intuition particulière pour voir le médiateur plastique des hommes sous la forme que lui a donnée l'exercice habituel du libre arbitre.

Û/jO SUPPLEMENT AU RITUEL DELA HAUTE MAGIE.

Le véritable juste leur apparaît seul, clans la splendeur de la forme humaine, et ils sont forcés d'obéir à son regard et à sa voix, les autres les attirent comme une proie, ou les épouvantent et les irritent comme un danger. C'est pour cela que, suivant le prophète Isaïe, quand la justice régnera sur la terre, et quand les hommes élèveront leur famille dans la véritable innocence, un petit enfant conduira les tigres et les lions, et se jouera impunément au milieu d'eux.

La prospérité et la joie doivent être l'apanage des justes, pour eux le malheur même se change en bénédiction, et la douleur qui les éprouve est comme l'aiguillon du divin pasteur qui les force à marcher toujours et à progresser dans les voies de la perfection. Le soleil les salue le matin, et la lune leur sourit le soir. Pour eux, le sommeil est sans angoisses, et les rêves sans épouvante, leur présence bénit la terre et porte bonheur aux vivants. Heureux qui leur ressemble î heureux qui les prend pour amis !

Le mal physique est souvent une conséquence du mal moral, le désordre suit nécessairement la déraison. Or, la déraison en actions c'est l'injustice. La vie laborieuse des habitants de la campagne les

DE LA MAGIE DES CAMPAGiNES. /jftl

rend trop souvent durs et cupides. De là, une foule d'erreurs de jugement, et par suite un dérèglement d'actions qui force la nature à protester et à réagir. C'est là le secret de ces mauvaises destinées qui semblent parfois s'attacher à une famille ou à une maison. Les anciens disaient alors : Il faut apaiser les dieux offensés, et nous disons encore : Le bien mal acquis ne profite pas, il faut restituer, il faut réparer le mal commis, il faut satisfaire à la justice, ou la justice se vengera d'une manière fatale.

Une puissance, invincible si nous le voulons, nous a été donnée pour vaincre la fatalité, c'est notre liberté morale. À l'aide de cette puissance, nous pouvons corriger le destin et refaire l'avenir. C'est pourquoi la religion ne veut pas que nous consultions les devins pour savoir ce qui nous arrivera ; elle veut seulement que nous apprenions de nos pasteurs ce que nous devons faire. Que nous importent les obstacles? Un brave ne doit pas compter ses ennemis avant la bataille. Prévoir le mal, c'est le rendre en quelque sorte nécessaire. Il nous arrivera le résultat de ce que nous aurons voulu : voilà la prophétie universelle.

Observer la nature, en suivre les lois dans notre travail, obéir en toute chose à la raison, sacrifier,

s'il le faut, son propre intérêt à la justice. Voilà la vraie magie qui porte bonheur, et ceux qui agissent ainsi, ne craignent ni la malice des envoûteurs, ni la sorcellerie des bergers.

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