LA MÉDECINE UNIVERSELLE. 3Z
Plusieurs de nos contemporains sont morts d'ambition déçue après la révolution de février.
Dès que votre volonté est irrévocablement confirmée dans une tendance à l'absurde, vous êtes mort, et l'écueil où vous vous briserez n'est pas loin.
Il est donc vrai de dire que la sagesse conserve et prolonge la vie.
Le grand Maître a dit : « Ma chair est une nourriture et mon sang un breuvage. Mangez ma chair et buvez mon sang, vous aurez la vie. » .Et comme le vulgaire murmurait, il ajouta : « La chair n'est pour rien ici ; les paroles que je vous dis sont esprit et vie. » Il voulait donc dire : Abreuvez-vous de mon esprit et vivez de ma vie.
Et, lorsqu'il allait mourir, il attacha le souvenir de sa vie au signe du pain et celui de son esprit au signe du vin, et institua ainsi la communion de la foi, de l'espérance et de la charité.
C'est dans le même sens que les maîtres hermétiques ont dit : Rendez l'or potable, et vous aurez la médecine universelle; c'est-à-dire: Appropriez la vérité à vos usages, qu'elle devienne la source à laquelle vous vous abreuverez tous les jours, et vous aurez en vous-mêmes l'immortalité des sages.
La tempérance, la tranquillité d'âme, la simplicité de caractère, le calme et la raison de la volonté, rendent l'homme non-seulement heureux, mais bien portant et fort. C'est en se rendant raisonnable et bon que l'homme se rend immortel. Nous sommes les auteurs de nos destinées, et Dieu ne nous sauve pas sans notre concours.
La mort n'existe pas pour le sage : la mort est un fantôme rendu horrible par l'ignorance et la faiblesse du vulgaire.
Le changement atteste le mouvement, et le mouvement ne révèle que la vie. Le cadavre même ne se décomposerait pas s'il était mort : toutes les molécules qui le composaient restent vivantes et se meuvent pour se dégager. Et vous penseriez que l'esprit s'est dégagé le premier pour ne plus vivre ! vous croiriez que la pensée et l'amour peuvent mourir quand la matière même la plus grossière ne meurt pas !
Si le changement doit être appelé la mort, nous mourons et nous renaissons tous les jours, car tous les jours nos formes changent.
Craignons donc de salir et de déchirer nos vêtements, mais ne craignons pas de les quitter quand vient l'heure du repos.