ABR
AB
Cette combinaison de lettres est une clef du
LE TRIANGLE DES PANTACLES
pentagramiiie. L’A principiaiit y est répété cinq fois et reproduit trente fois, ce qui donne les éléments et les nombres de ces deux figures.
L’A isolé représente l’unité du premier principe ou de l’agent intellectuel ou actif. L’A uni au B représente la fécondation du binaire par l’unité. L’R est le signe du ternaire, parce qu’il représente hiéroglyphiquement l’effusion qui résulte de l’union des deux principes. Le nombre li des lettres du mot ajoute l’unité de l’initié au dénaire de Pythagore ; et le nombre 66, total de toutes les lettres additionnées, forme cab^listiquementle nombre 12, qui est le carréfdu ternaire et par conséquent la quadrature mystique du cercle. Remarquons en passant que l’auteur de V Apocalypse, cette clavicule de la cabale chrétienne, a composé le nombre delà
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hôte, c’est-à-dire de l’idolâtrie, en ajoutant un G au double senaire de l’ABRACADABRA : ce qui donne cabalistiquement 18, nombre assigné dans Me Tarot au signe hiéroglyphique de la nuit et des profanes, la lune avec les tours, le chien, le loup et l’écrevisse ; nombre mystérieux et obscur, dont la clef cabalistique est 9, le nombre de l’initiation.
Le cabaliste sacré dit expressément à ce sujet : Que celui qui a l’intelligence (c’est-à-dire la clef des nombres cabalistiques) calcule le nombre de la bête, car c’est le nombre de l’homme, et ce nombre est 666. C’est en effet la décade dePythagore multipliée par elle-même et ajoutée à la somme du Pantacle triangulaire d’Abracadabra; c’est donc le résumé
de toute la magie de l’ancien monde, le programme
entier du génie humain, que le génie divin de l’Évangile voulait absorber ou supplanter.
Ces combinaisons hiéroglyphiques de lettres et de nombres appartiennent à la partie pratique de la cabale, qui, sous ce point de vue, se subdivise en gématrie et en témurah. — Ces calculs, qui nous paraissent maintenant arbitraires ou sans intérêt, appartenaient alors au symbolisme philosophique de l’Orient, et avaient la plus grande importance dans l’enseignement des choses saintes
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émanées des sciences occultes. L’alphabet cabalistique absolu, qui rattachait les idées premières aux allégories, les allégories aux lettres et les lettres aux nombres, était ce qu’on appelait alors les clefs de Salomon. Nous avons déjà vu que ces clefs, conservées jusqu’à nos jours, mais complètement méconnues, ne sont autre chose que le jeu du Tarot, dont les allégories antiques ont été remarquées et appréciées pour la première fois, de nos jours, par le savant archéologue Court de Gébelin.
Le double triangle de Salomon est expliqué par saint Jean, d’une manière remarquable. Il y a, dit-il, trois témoins dans le ciel : le Père, le Logos et le Saint-Esprit, et trois témoins sur la terre : le souffle, l’eau et le sang. Saint Jean est ainsi d’accord avec les maîtres de philosophie hermétique, qui donnent à leur soufre le nom d’éther, à leur mercure le nom d’eau philosophique, à leur sel la qualification de sang du dragon ou de menstrué de la terre : le sang ou le sel correspond par opposition avec le Père, l’eau azotique ou mercurielle avec le Verbe ou Logos, et le souffle avec le Saint-Esprit. Mais les choses de haut symbolisme ne peuvent être bien entendues que par les vrais enfants de la science.
70 lUTÜliL DE LA HAUTE MAGIE.
Aux combinaisons triangulaires on unissait dans les cérémonies magiques, les répétitions des noms par trois fois, et avec des intonations différentes. La baguette magique était souvent surmontée d’une petite fourche aimantée, que Paracelse remplaçait par un trident dont nous donnons ici la figure :
Le trident de Paracelse est un pantacle exprimant le résumé du ternaire dans l’unité, qui complète ainsi le quaternaire sacré. Il attribuait à cette figure toutes les vertus que les cabalistiques hébreux attribuent au nom de Jéhova, et les propriétés thaumaturgiques de l’Abracadabra des hiérophantes d’Alexandrie. Reconnaissons ici que c’est un pantacle, et par conséquent un signe concret et absolu de toute une doctrine qui a été celle d’un cercle magnétique immense, tant pour
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les philosophes anciens cpie pour les adeptes du moyen âge. En lui rendant, de nos jours, sa valeur primitive par l’intelligence de ses mystères, ne pourrait-on pas lui rendre toute sa vertu miraculeuse et toute sa puissance contre les maladies humaines?
Les anciennes sorcières, lorsqu’elles passaient la nuit dans un carrefour de trois chemins, hurlaient trois fois en l’honneur de la triple Hécate.
Toutes ces figures, tous ces actes analogues aux figures, toutes ces dispositions de nombres et de caractères, ne sont, comme nous l’avons déjà dit, que des instruments d’éducation pour la volonté, dont ils fixent et déterminent les habitudes. Ils servent en outre à rattacher ensemble, dans l’action, toutes les puissances de l’âme humaine, et à augmenter la force créatrice de l’imagination. C’est la gymnastique de la pensée qui s’exerce à la réalisation : aussi l’effet de ces pratiques est-il infaillible comme la nature lorsqu’elles sont faites avec une confiance absolue et une persévérance inébranlable.
Avec la foi, disait le grand Maître, on transplanterait des arbres dans la mer et l’on déplacerait des montagnes. Une pratique, même superstitieuse,
môme insensée, esl efficace, parce que c’est une réalisation de la volonté. C’est pour cela qu’une prière est plus puissante si on va la faire à l’église que si on la fait chez soi, et qu’elle obtiendra des miracles si, pour la faire dans un sanctuaire accrédité, c’est-à-dire magnétisé à grand courant par l’affluence des visiteurs, on fait cent lieues ou deux cents lieues en demandant l’aumône et’ les pieds nus.
Ou rit de la bonne femme qui se prive d’un sou de lait le matin, et qui va porter aux triangles magiques des chapelles un petit cierge d’un sou qu’elle laisse brûler. Ce sont les ignorants qui rient, et la bonne femme ne paye pas trop cher ce qu’elle achète ainsi de résignation et de courage. Les grands esprits sont bien fiers de passer en haussant les épaules, ils s’insurgent contre les superstitions avec un bruit qui fait trembler le monde : qu’en résulte-t-il? Les maisons des grands esprits s’écroulent, et les débris en sont revendus aux fournisseurs et aux acheteurs de petits cierges, qui laissent crier volontiers partout que leur règne est à jamais fini, pourvu qu’ils gouvernent toujours.
Les grandes religions n’ont jamais eu à craindre
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qu’une rivale sérieuse, et cette rivale, c’est la magie.
La magie a produit les associations occultes, qui ont amené la révolution nommée renaissance ; mais il est arrivé à l’esprit humain, aveuglé par les folles amours, de réaliser en tout point l’histoire allégorique de l’Hercule hébreu : en ébranlant les colonnes du temple il s’est enseveli lui-même sous les ruines.
Les sociétés maçonniques ne savent pas plus maintenant la haute raison de leurs symboles que les rabbins ne comprennent le Sepher Jesirah et le Sohar sur l’échelle ascendante des trois degrés, avec la progression transversale de droite à gauche et de gauche à droite du septénaire cabalistique.
Le compas du G.*.A.*. et l’équerre de Salomon sont devenus le niveau grossier et matériel du jacobinisme inintelligent réalisé par un triangle d’acier : voilà pour le ciel et pour la terre.
Les adeptes profanateurs auxquels l’illuminé Cazotte avait prédit une mort sanglante ont surpassé de nos jours le [péché d’Adam : après avoir cueilli témérairement les fruits de l’arbre de la science, dont ils n’ont pas su se nourrir, ils les ont jetés aux animaux et aux reptiles de la terre. Aussi
Ih lUTUliL üli LA HAUTE MAGIE.
le règne do la superstition a-t-il commencé et doitil durer jusqu’au temps où la vraie religion se reconstituera sur les bases éternelles de la hiérarchie à trois degrés et du triple pouvoir que le ternaire exerce fatalement ou providentiellement dans les trois mondes.
LA CONJURATION ÜlîS QUATRE.