‹ Dollard des Ormeaux [microforme]Chapitre 18 sur 65 · L’IROQUOIS · texte numérisé non relu

L’IROQUOIS

Frère, c’est que le sol qu’ensemble nous foulons Ne peut être à nous deux. C’est l’unique héritage Que le Grand Manitou nous transmit d'âge en âge À nous, enfants des bois, et que vous dévastez. Vous profanez ce sol lorsque vous abattez Les arbres, nos amis. Mutilant la nature Vous dépouil'ez sn front de sa verte parure.

Elle a beau se “enger au moyen du scorbut, Vous êtes sans pitié marchant à votre but.

Vous ne comprenez pas la beauté des bois sombres Où viennent dans la nuit se promener les ombres ; Dont la douce chanson nous berce quand on dort ; Où, le jour, le soleil darde ses flèches d’or. Vous tuez l'arbre, Nous tuons le blanc qui bêche. Nous luttons contre vous pour la chasse et la pêche. Vous nous volez au nom de la propriété Et vous chassez d’ici la douce liberté, Pourquoi Champlain vint-il tuer nos chefs naguère, Et, le premier des blancs, nous déclarer la guerre ? Nous ne l’oublions Pas et nous nous vengerons Sur vos maisons, vos champs et sur vos bûcherons. Je représente ici les esprits des batailles.

Cette saison verra vos dernières semailles.

Ils tomberont sur vous nos terribles guerriers. Par eau, par la forêt, ils viendront par milliers. La race rouge veut chasser Ja race pâle.

Puissé-je entendre un jour râler son dernier râle!

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