‹ Dollard des Ormeaux [microforme]Chapitre 2 sur 65 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Champlain, qui fonda Québec en 1608, fit alliance avec les peuplades sauvages du Canada et prit part avec elles à trois expéditions guerrières contre leurs ennemis les Irocuois.

Ces derniers, divisés en cinq tribus, occupaient cinq cantons dans ce qui compose aujourd’hui l'Etat de New-York.

Ils jurèrent vengeance à Champlain et à tous les Français, ct, pendant plus de cent ans, furent, à la fois, les fantômes, les bandits, les incendiaires, les assassins et les pillards de la colonie naissante. Ils ont d’ailleurs, au début, traité tous les blancs comme des ennemis naturels qu’il importait de chasser de l’Amérique.

Procédant à la façon des premiers Romains, les Iroquois c’attaquèrent d’abord à ceux des alliés des Français, les plus voisins de leur territoire. C'étaient les Hurons, race vaillante et intelligente qui habitait au nord du lac Huron

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et dont le territoire de chasse touchait à tous les grands lacs et à la rivière des Outaouais (lOttawa), route du Commerce des fourrures avec Montréal.

Les Iroquois n’eurent de repos qu’ils n’eussent détruit les bourgades huronnes et anéanti cette race dont la valeur et le pays servaient de bouclier à la ville naissante de Montréal, appelée Ville-Marie.

En dévastant le Pays des Hurons et en détruisant cette peuplare nombreuse, les Iroquois atteignaient les Français de deux manières : 1° ils ruinaient pratiquement leur com- Mm'2rce de fourrures, base de leur vie économique ; 2° ils devenaient maîtres du chemin de la rivière des Outaouais, dont l'embouchure st un peu en amont de Montréal, par où ils viendraient, en toute Sécurité, attaquer les Français.

Déjà maîtres de 1a rivière des Iroquois (le Richelieu) qui se déverse aussi dans le St-Laurent, mais en aval de Montréai, ils encerclaient, Par le fait même, tout le territoire de Montréal ‘et Pénétraient, Sans encombre, au cœur de la Nouvelle-France.

Les années 1648-1649 virent la réalisation de ce cruel et génial dessein. La nation huronne

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fut presque annihilée et ses bourgades, détruites, et notre histoire énregistra les martyres des PP. Daniel, de Brébæœuf, Gabriel Lalemant, Garnier et Chabanel, tous missionnaires jésuites.

Après ces scènes d'horreur les Iroquois eurent recours à la ruse. Ils conclurent divers traités de paix qui nous paraissent maintenant avoir été autant de pièges pour l’extermiñation des Hurons et des Français, mais dans lesquels ils purent alors faire croire à leur sincérité.

Si bien que, sur les instances des Onontagués, l’une des cinq tribus iroquoises, Québec décida de fonder une colonie de cinquante-cinq hommes, sous les ordres du capitaine Dupuis, au lac Ganentaha (lac Salé), dans le canton Onontagué.

C’est vers ce nouveau poste que l’auteur a fait se diriger Dollard deux ans avant l’évènement qui fait le sujet de cette pièce.

À ce moment, les Iroquois avaient déjà décidé de massacrer le capitaine Dupuis et tous les

Français du lac Ganentaha, mais le capitaine,

prévenu par des Indiens amis, put s’enfuir avec tous les siens * la faveur du sommeil provoqué chez les Iroquois dans un de ces fameux festins indiens, appelés festins à tout manger,

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L'histoire ne nous dit rien de Dollard et de ses seize COMpagnons, si ce n’est qu'au printemps de 1660, après avoir fait leur testament, communié et juré de combattre les Iroquois Sans jamais demander quartier, ils se rendirent au Long-Sault, sur l'Ottawa, où, dans un petit fort de bois entouré d’une palissade de pieux, ils tinrent en échec, cinq jours durant, trois cents guerriers iroquois venus par l’Ottawa, et, pendant trois ou cinq autres jours, uue seconde bande de cinq cents guerriers venus de l’embouchure du Richelieu vù les deux groupes devaient se rejoindre pour tenter tin suprême effort contre Montréal, Trois-Rivières et Québec. Toute la colonie de la Nouvelle-France ne com- Prenait alors qu'environ deux mille âmes,

La nouvelle de la destruction projetée de la colonie s'était répandue à la suite de révéla-

tions faites par un guerrier mahingan ou loup,

allié des Iroquois, qui, faisant l'espionnage dans les îles du Richelieu, avait été Surpris, fait prisonnier, attaché au Poteau de torture et mis à mort par les Algonquins.

Grâce à la résistance héroïque offerte par Dollard et ses COMpagnons, aidés de six Algonquins, et de quarante Hurons qui trahirent Pour la plupart, les Iroquois, selon le vers de

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