SCÈNE III
MAISONNEUVE rr LUCILE.
MAISONNEUVE
Grisou, laissez-nous seuls.
(Grisou salue et s’en va par le rivage.)
LUCILE (à part.)
Tous ces événements ont le froid des linceuls. (à Maisonneuve.)
Cest donc vrai qu’on m’accuse.
MAISONNEUVE
Hélas! Oui. Comment croire Que tu commis ce meurtre !
LUCILE
Ecartez cette histoire, Je ne l’ai pas commis.
MAISONNEUVE
Les faits sont contre toi, Cet anneau nuptial qui fut mis à ton doigt Fut trouvé sur la table où J €an tomba victime.
Jean te revint. Vous étiez seuls... Qui l’a saisi ? Qui l’a frappé prénant ce long couteau pour glaive ?
LUCILE
Ceci n’est pas nouveau, Que de fois par la grève L’Troquois Assassin... , |
MAISONNEUVE (linterrompant.)
Pilote aurait hurlé.
Et pourquoi tuer Jean et te laisser aller ?
LUCILE (d’un accent désespéré.)
J’ai fui. J’ignore tout. Serait-ce un suicide ?
MAISONNEUVE
Le coup vint d’en arrière et c’est un homicide. . Ton étrange conduite en une telle nuit... LUCILE (Joignant ses mains et appuyant
son front sur l'épaule de Maisonneuve).
Si vous m’abandonnez qui sera mon appui ?
MAISONNEUVE (ému.)
J'espère encore en quelque preuve claire Qui te réhabilite et perce ce mystère.
Pour le moment, Lucile, il faut vivre à l'écart Et prier que le ciel dissipe ce brouilard.
(Ils entrent au Fort, Maisonneuve servant d'appui à Lucile.)
RIDEAU
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