SCÈNE V
LE MARQUIS D'AVILA, CÉLIO, MANRIQUE, quelques Invités, LE COMTE DE ROXAS, LAURA.
ROXAS j h part, voyant d'Avila.
Oh 1 oh! c’est un galant plein de délicatesse !...
Il attendait !...
(Il salue Manrique et les autres.)
LAURA , à part.
Qu’ont-ils à se parler tout bas!...
Une immobilité que je ne comprends pas!...
(Elle s’avance ; tons la saluent gravement.)
On les dirait gelés, tant leur mine est de glace!...
(Regardant d’Avila, qni parait absorbé dans ses pensées.)
Bon ! jusqu’à d’Avila qui demeure à sa place!
On ne m’a donc pas vue?...
(Allant à Manrique.)
Eh bien, mais je suis là,
Je vous en avertis !...
DOLUKÈSf.
il AN RIQL'E, «vec un empressement confus.
Qui doute de cela,
Quand nos yeux I... quand nos cœurs!...
(Il fait des gestes démonstratifs, sans achever sa phrase.'
LAURA) quittant Manrique et bas à d’Avila.
Vous savez que j’arrive?...
1> A VIL A) jouant l'indifférence.
Madame, assurément!... pensez-vous?...
ROXAS) à part.
Il esquive.
Et s’enferme, aujourd’hui, dans un calme menteur...
Je l’y prendrai, pourtant!...
(Il saisit le bras de Manrique, qui causait avec Célio. — Ils sortent par le fond; d’Avila disparaît.)
LACBA, seule, 4 part, sur te devant de la scène.
D’où vient cette froideur?
Son amour, hasardé depuis deux mois à peine,
Pour s’arrêter déjà n’avait pas longue haleine;
Et c’est pousser trop loin ie cas qu’on fait de soi Que de poser un terme aux femmes comme moi!...
(Réfléchissant.)
A moins qu’un fait nouveau... quelqu’histoire inconnue S’occupât les esprits lorsque je suis venue?...
C’est bien, j’aviserai!...
(Pondant qu’elle parle, les invités sont sortis les uns après les autres. Elle regarde à droite avec un grand désappointement.)
Mais... je suis seule, ici!...
(Apercevant, à gauche, Fernand immobile, et qui la contemple, depuis quelques instants, dans une muette extase.)
Quel est cet homme-là qui me regarde ainsi?...
(Elle va pour sortir par le fond.)