‹ Dolores drame en quatre actes en versChapitre 35 sur 100 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LAURA, LE COMTE L)E ROXAS, Promeneurs »u loin.

LAURA, à pari. «n descendant a«c le comte.

C’est lui quj fait la chose; il a peur qu’on n’en doute!

ROXAS, grommelant, à demi-rolx.

Toujours, à point nommé, ce galant sur ma route 1

LAURA* lui montrant la maison de Bosaora.

Voilà qui doit pourtant vous rassurer un peu.

ROXAS, arec ironie.

Oh ! c’est un habile homme, et qui connaît son jeu ! - Depuis ce doux baiser, sur votre main charmante,

11 cache avec succès le feu qui le tourmente !...

(Montrant à «on tour la maison de Rosaura.)

Sous un autre balcon sa musique a passé,

Et je suis très-content de son aspect glacé,

Très-content !... Sa froideur est des mieux entendues,

Il a cessé, chez nous, ses courses assidues;

Plus de regards brûlants — plus de mots délicats,

Tout va bien !... Je m’endors — et ne devine pas!

LAURA, lui montrant toujours U maison*

Mais ouvrez donc les veux pour éclairer voire âme !

ROXAS, se détoumsnt.

J’aime mieux les fermer; chacun son goût, madame; De peur qu’au beau milieu de ma sécurité.

Un regard de cet homme, imprudemment jeté, Quelque signe de tête — un geste à l’étourdie,

Ne me donne le mot de cette mélodie !

LAURA

Vous croyez que pour moi, ces gens...

ROXAS

Je ne crois rien :

La musique m’agace, et voua le savez bien J’irais, pour m’en défendre, à l’autre bout du monde

ACÎE DEUXIÈME.

LAURA, montrant au loin d’Avila.

Vous tombez, quant à lui, dans une erreur profonde.

ROXAS, éclatant.

D’où vient qu’il vous a plu de passer par ici?

Dans quel but devant vous se courbait-il ainsi ?

Quand il épouserait, pour couvrir son manège,

S’en suit-il qu’à mes yeux il soit blanc comme neige ? Dois-je à ses actions moins veiller pour cela?

N’en a-t-on pas connu de ces malices-là?...

Ab ! tenez, mieux valait ne pas tant voir les choses! Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, de ses métamorphoses,

(Mettant an doigt à son oreille.)

Mon petit doigt me parle, et j’ai lieu de penser Que, très-prochainement, mes craintes vont cesser!

(Il fait une mine singulière.)

LAURA, arec une certaine inquiétude.

Comment? que dites-vous? pourquoi cette grimace?

ROXAS, se reprenant.

Rien! oh! rien!... Seulement, la musique m’agace,

Et j’ai les nerfs tendus d’une telle façon

Que l’odeur d’un sonnet me donne le frisson!...

Ce qui fail que, ce soir, je pars pour la campagne.

Vous !

LAURA, surprise.

Moi-même.

ROXAS

LAURA, avec ironie.

Allez donc, et Dieu vous accompagne !

ROXAS

Je vais chercher là-bas l’air -pur et le ciel bleu.

LAURA

Vous êtes bien champêtre î

ROXAS, arec tinesse.

Eh! mais, toujours un peu!

DOLORÉS.

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