ACTE DEUXIÈME
Et je m’étonne un peu d’un semblable maintien.
Quand vous savez aussi que son rêve est le mien;
Il me serait si doux d’enlacer sur ma tombe Les deux seuls rejetons du vieil arbre qui tombe,
Et de pouvoir encor, malgré mes soixante ans,
Réjouir ma vieillesse avec vos deux printemps !
DOLORÈS
Oh 1 c’est presque un remords !... N’insistez pas... Je tremble De payer d’un refus tant de bontés ensemble!...
ROSAURA.
Vous !...
DOLORÈS, hésitant de plus en plus.
Le ciel m’est témoin que je brise, à regret,
Ce rêve où, tout entier, votre cœur apparaît!...
ROSAURA, vivement*
Mais ce rêve est charmant ! Qu’a-t-il donc qui vous blesse?
DOLORÈS, luttant toujours.
Madame... une autre fois... épargnez ma faiblesse...
Plus tard, vous saurez tout...
ROSAURA.
Pourquoi pas aujourd’hui?...
C’est à moi, s’il se peut, de calmer votre ennui...
Mais...
ROSAURA .
Vous doutez alors de ma sagesse même?
DOLORÈS
De grâce!...
ROSAURA, avec autorité*
Expliquez-vous!
DOLORÈS, d’une roix tremblante.
C’est un autre que j’aime.