ACTE TROISIÈME
CÉLIO, se précipilnmt vers Fernand.
Mais j’ai la mienne, moi, pour te venger ici !...
(Regardant Manrique en face.)
A nous deux !...
MANRIQUE
A nous deux, quand tu voudras.
(Il s’écarte à gauche, en saluant.)
FERNAND, serrant la main de Célio.
Merci ! -
CELIO, entraînant Fernand sur le devant de la scène.
Ne crains rien, don Fernand. — Le soleil, je te jure, Ne se lèvera pas demain sur cette injure!
Ton honneur est pour moi comme un dépôt sacré Dont j’ai la garde seul, et que je défendrai,
En attendant qu’un jour ton bras puisse le faire!...
(Changeant de ton.)
Mais à moi, ton ami, ton compagnon, ton frère, A moi qui sais ton âme et qui n’ai pas douté. Don Fernand, tu diras toute la vérité!...
Tu le dois !...
FERNAND, d’un Ion de reproche.
Célio !...
CÉLIO, haletant.
Pressons-nous!... le temps vole!...
FERNAND, atec fierté.
Pour me croire innocent, n’as-tu point ma parole !...
CÉLIO
J’en conviens... mais... pourtant...
FERNAND, l'arrêtant»
J’ai tout dit; c’est un tort
De frapper, pour qu’on ouvre, à la porte d’un moi ! !
CELIO, désespéré.
Quand un seul mot de toi peut éclaircir les choses!
Celte obstination...
DOLORÈS
FERNAND
Sans doule, elle a ses causes...
cÆï.IO, avec instance,
Fernand !...
FERNAND
N’insiste plus!
CÉLIO, lui pressant Ici maint.
Pour la dernière fois !...
Au nom de mes sanglots, qui font trembler ma voix!... Par ma vieille amitié !...
FERNAND, détournant la tête.
Je ne puis...
célio, arec terreur.
Tu refuses!...
(Après un instant d’anéantissement, il se retourne vers la gauche et marche vers Manrique avec gravité, la tête baissée, le chapeau à la main.)
Pardon, seigneur Manrique; acceptez mes excuses!
Si ce mot peut, du moins’ calmer votre courroux !..
MANRIQUE, lui serrant U main et Adressant aux gardes.
Nous ne nous battrons pas; il pense comme nous !...
(Tous sorlent par la gauche. — Célio est courbé sous sa douleur.)