SCÈNE III
LE ROI, MANR1QUE, CÉLIO, DOLORÊS, ROSAURA, Gardes de la Reine , Seigneurs.
DOLORÈS, en grand deuil, très- voilée; elle arrive suivie de Rosaura et de plusieurs dames, elle tombe sanglotante aux pieds du roi.
Ah! sire, écoutez-moi!... grâce 1...
LE ROI, étonné.
Relevez- vous !
(Dolorès reste immobile et comme anéantie.)
D’où vient cette enfant-là qui tremble à nos genoux !...
(Avec colère.)
Quelque forfait nouveau?...
DOLORÈS
ROSADRA, s'inclinant devant le roi, et aoutenant Dolorès.
Sire, daignez entendre
Le cri d’un désespoir trop facile à comprendre î
(Fias bas, montrant Dolorès.)
Destinée au marquis dont nous pleurons la mort,
Elle est veuve déjà — sans être épouse encor,
Et vient en ce palais demander sa vengeance!...
Car plus d’un dans la ville a parlé d’indulgence,
Et le peuple commence à douter de la loi.
Sachant que le coupable est un ami du roi !
LE ROI, avec gravité.
Cet homme est condamné, rassurez- vous, madame 1
(Dolorès quitte le bras de Rosaara et regarde le roi avec terreur.)
Le roi n’a plus d’amis quand la loi les réclame.
Et ce même assassin dont vous prenez souci,
Marche à la mort — pendant que vous parlez ainsi !
DOLORÈS, avec un grand cri.
Ciel! déjà! Qu’on empêche 1 Ordonnez!...
LE ROI, de plus en plus surpris.
Quelle cause?...
DOLORÈS
Fernand n’a pas commis le meurtre qu’on suppose!
ROSADRA.
Comment! Qu’ai-je entendu?
LE ROI
* Que veut dire cela?
DOLORÈS
Fenand n’a pas tué le marquis d’Àvila!
ROSADRA.
Vous ne l’avez pas vu — la veille — sombre et blême, Préluder par l’injure à l’assassinat même?,..
DOLORÈS, très-haut.
A l’heure de ce crime... il était avec moi!
Avec vous!...