SCENE PREMIERE
FERNAND, seul.
Enfin, les dangers decette nuit sont passés... Pauvre Dolores, combien tu as dû maudire ma vigilance de geôlier ! Et c’cst en me faisant maudire de toi que j'aime plus que ma vie , qu’il faut que je te sauve de l'égarement passionné de ton cœur. 11 faut qu’aux yeux de tous je donne à ma conduite une apparence de bizarrerie mystérieuse, déloyale même; car il faut qu’aux yeux de tous la vérité soit cachée ; il faut que ta mère elle-même ignore la séduction dont tu as failli être victime. . . Et lui , ton amant, qui, cette nuit sans doute, attendait le signal convenu pour votre fuite , de quelle impatience n’aura-t-il pas été dévoré en ne le voyant pas paraître !... de quelle fureur jalouse n'aura-t-il pas été transporté , s’il a su que j’avais obtenu de l’es tune de ta mère le droit de veiller près
de toi dans cette chambre... mais il aura contenu son impatience , renfermé sa fureur ; il n’aura pas osé pénétrer jusqu’ici... son audace aura hésité devant le danger...
üh ! c'est que , je le jure, s’il était venu ainsi, moi , sans pitié, sans remords , je l'aurais tué, l'infàmc !..
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