‹ Dom Garcie de Navarre, ou, le Prince jalouxChapitre 42 sur 60 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Dom Garcie, regardant par la porte entr' 'ouverte.

Que vois-je, ô justes Cieux !

Faut-il que je m'assure au rapport de mes yeux? Ah! sans doute ils me sont des témoins trop fidèles. Voilà le comble affreux de mes peines mortelles ;

Voici le coup fatal qui devoit m'accabler ; Et, quand par des soupçons je me sentois troubler, C'étoit, c'étoit le Ciel dont la sourde menace Présageoit à mon cœur cette horrible disgrâce.

Dom Alvar.

Qu'avez-vous vu, Seigneur, qui vous puisse émouvoir?

J'ai vu ce que mon âme a peine à concevoir, Et le renversement de toute la nature Ne m'étonneroit pas comme cette aventure. C'en est fait... le destin... Je ne saurois parler.

Dom Alvar.

Seigneur, que votre esprit tâche à se rappeler.

J'ai vu... Vengeance, ô Ciel!

Dom Alvar.

Quelle atteinte soudaine...

J'en mourrai, Dom Alvar, la chose est bien certaine.

Dom Alvar.

Mais, Seigneur, qui pourroit...?

Dom Gakhe.

Ah ! tout est ruiné.

Je suis, je suis trahi, je suis assassiné : Un homme (sans mourir te le puis-je bien dire?), Un homme dans les bras de l'infidèle Elvire !

Dom Alvar.

Ah ! Seigneur, la princesse est vertueuse au point...

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