‹ Don BoscoChapitre 108 sur 152 · VIEUX SOUVENIRS - LE CARDINAL ALIMONDA · texte numérisé non relu

VIEUX SOUVENIRS - LE CARDINAL ALIMONDA

Ce soir, le vénéré malade a pu sortir en voiture avec Don Rua et Don Yiglietti, secrétaire.

Pendant la promenade , Don Bosco cite quantité de passages d'auteurs latins et italiens ; après avoir récité des pièces

parfois fort longues, il les analyse avec charme et en fait ressortir les beautés, au point de vue moral et religieux. Ses deux interlocuteurs ne peuvent dissimuler leur surprise en présence d'une mémoire aussi heureuse et d'une remarquable ténacité. Il est au moins inutile de dire que depuis cinquante ans et plus, Don Bosco n'avait jamais eu le loisir de renouer le moindre commerce littéraire avec ses classiques préférés.

On se préparait à regagner l'Oratoire quand on aperçut, sous les arcades du cours Vittorio Emmannrle II, le cardinal Alimonda. Le vénérable Archevêque s'approche aussitôt en s'écriant: Oh Bon Bosco, Don Bosco! Il monte ensuite dans la voiture, presse dans ses bras l'humble prêtre et l'embrasse tendrement. Une foule respectueuse s'amasse en un instant et contemple le spectacle de singulière édification offert par ces deux vétérans des saintes luttes. — Comme ils s'aiment! — disait le peuple.

Quand le Cardinal se sépara de son ami, après l'avoir accompagné assez loin, Don Rua et Don Viglietti reprirent leur place dans la voiture et l'on s'achemina vers la maison.

Arrivé sur le palier du second étage, Don Bosco, exténué de fatigue, se retourne vers Don Rua pour lui dire : C'est la dernière fois que je suis capable de gravir ces marches.

I 7 décembre.

« c'est la dernière fois que je pourrai les confesser. »

Le bon Père est très abattu. Depuis plusieurs années, les infirmités lui défendent de confesser tous les matins, comme il l'a fait pendant presque un demi-siècle; mais il veut encore consacrer à ce ministère, qui est si vraiment le sien, le soir du mercredi et du samedi. Aujourd'hui, l'antichambre contient une trentaine de pénitents, élèves des classes supérieures , et par conséquent en âge d'examiner sérieusement leur voca-

tion. L'abbé Festa, second secrétaire, leur représenta vainement que l'état de Don Bosco était trop peu satisfaisant pour qu'il pût les entendre : ils se montrèrent décidés à pénétrer, quand même, auprès de leur Père.

Celui-ci, prévenu par l'abbé Festa, trouva d'abord la tâche au-dessus de ces forces; mais, après un instant de réflexion, il répondit, comme se parlant à lui-même : Et cependant c'est la dernière fois que je pourrai les confesser!

Le secrétaire, sans s'arrêter à cette réponse , objectait la fièvre et l'oppression dont souffrait le bien-aimé malade, et conseillait même de renvoyer les enfants pour cette fois. Mais Don Bosco, profondément ému, répéta : — Et cependant c'est la dernière fois; dis-leur donc de venir. — Et il les confessa.

Ce sont vraiment les dernières confessions qu'il ait entendues.

1 8 décembre.

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