‹ Don BoscoChapitre 11 sur 152 · LE HANGAR DU VALDOCCO · texte numérisé non relu

LE HANGAR DU VALDOCCO

Le jour était arrivé où les enfants se réunissaient pour la dernière fois dans le pré. Le lendemain même, il devait être rendu à son propriétaire, et Don Bosco ne savait où il pourrait, le dimanche suivant, donner rendez-vous à ses cliers petits.

Ce fut comme la station au jardin des oliviers.

Ses traits exprimaient l'abattement , et ses joues conservaient la trace de larmes amères.

Les enfants le virent se prosterner à terre. Ils l'entendirent s'écrier: « Mon Dieu! que

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votre sainte volonté soit faite! Abandoiinerez-vous ces orphelins? Inspirez-nioi ce que je dois faire pour leur trouver un asile! »

A peine avait-il achevé cette prière que survint un nommé Panerazio Soave:

— Monsieur l'abbé, ne cherchez- vous pas un laboratoire?

— Pas laboratoire, mais Oratoire.

— Cela ne fait rien; j'ai votre affaire. Mon compère Pinardi, qui est brave homme, a un superbe hangar à louer; c'est absolument ce qu'il vous faut.

Quelle ouverture de la divine Providence! Don Bosco s'empressa de se rendre, avec Pancrazio, au lieu indiqué.

Ce hangar était une construction d'une simplicité rare, et tel missionnaire qui prêchait les sauvages pouvait bien avoir quelque chose d'approchant. Le toit était si peu élevé qu'en certains endroits on ne pouvait se tenir debout sans baisser la tête. Quelque bâtiments attenants ne valaient guère mieux.

— C'est vraiment trop bas , lit observer Don Bosco. Mes enfants ne sont pas bien grands , mais ils auraient de la peine à se loger ici.

— N'est-ce que cela'? reprit Pinardi, je

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vais vous faire creuser le sol autant que vous le voudrez, j'y mettrai un plancher et vous aurez un petit palais. Notez que je suis chantre: je vous offre mon concours pour vos offices. J'ai aussi une belle lampe que je vous prêterai pour votre chapelle.

Tant de bon vouloir toucha Don Bosco : — Voyons, pouvez- vous faire creuser le sol d'un demi-mètre?

— Je m'en charge.

— Pour dimanche prochain*?

— Pour dimanche prochain.

— Vous me donnerez la jouissance des terrains qui sont autour?

— Vous l'aurez.

— Combien?

— Trois cents francs par an.

— Je vous donnerai trois cent vingt francs, mais je veux un bail.

— Vous aurez un bail.

— Alors c'est fait.

L'affaire conclue, Don Bosco revint à son pré. Le soleil couchant éclaira une scène vraiment émouvante.

Les pauvres enfants apprirent avec transport que la divine Providence leur envoyait un asile. Ils acclamèrent ce hangar du Val-

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doccô, qu'ils ne devaient d'ailleurs plus quitter; car c'est sur cet emplacement même que fut construit, par la suite, l'Oratoire de Saint-François de Sales, tel qu'il existe aujourd'hui.

Immédiatement on se mit à réciter un chapelet en action de grâces. Dieu sait si on le dit avec ferveur!

Pinardi , avec l'aide de Panerazio et de quelques ouvriers, lit des merveilles. En huit jours, comme il en avait pris l'engagement, le hangar fut mis en état fort présentai de. Le dimanche suivant, douze avril 1840, saint jour de Pâques, non seulement on entra en possession du nouveau local, mais encore on put y célébrer les Saints -Offices. Le hangar, dont on avait abaissé le sol et qu'on avait muni d'un plancher, était devenu une chapelle assez réussie; une remise y avait été adjointe, et le terrain ne manquait pas, tout autour, pour la récréation des enfants. Monseigneur avait accordé tout de suite la permission de dire la messe dans la chapelle, et d'y pratiquer les divers exercices du culte: bénédictions, sermons, neuvaines etc. Bientôt sept cents enfants se pressèrent <lans VOratoire de Samt-Frcmcois de Maies

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