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DOUCE HUMEUR

Saint Jean V Evangéliste, patron de Don Bosco. Le bon Père peut entendre la sainte Messe et communier.

Vers midi, on voulait arranger un peu son lit. On cherchait le moyen de le secouer le moins possible. Voyez, dit-il plaisamment à Don Belmonte, faites comme ceci: attachez-moi une corde au cou et tirez-moi d'un lit à l'autre. Il fallait lui imposer presque tous les jours la dure fatigue de ce changement de lit; et toutes les précautions imaginables n'empêchaient pas qu' il n'eût à souffrir de mille manières au cours de l'opération. Mais sa douce humeur n'est pas altérée le moins du monde.

Quand on lui demande: — Je vous ai fait mal, n'est-ce

pas, Bon Bosco? il répond avec un sourire: — Oh! certainaiment, tu ne me fais pas du bien.

Dans la soirée, il reçoit la visite de M. l'abbé Tinetti, directeur de YUnità Cattolica. et lui dit d'une voix éteinte: — Comme par le passé, je vous recommande la Congrégation Salésienne et nos Missions.

Il ajoute encore quelques paroles de grande bienveillance, et l'assure que leur amitié se continuera en paradis.

2S décembre.

DON BOSCO NE VEUT PAS DEMANDEE SA GUÉRISON. COMMENT ON TRIE POUR LUI - LES DOCTEURS.

Ce matin les médecins sont beaucoup plus contents de leur malade.

Signalons un détail qui a bien son importance. Don Bosco, supplié de demander à Dieu la santé, n'a jamais voulu y consentir. Sa réponse était constamment la même: — Qu'il en soit de moi selon la sainte volonté db Bien.

Il répète avec ferveur les oraisons jaculatoires qu'un lui suggère; mais si quelqu'un vient à dire: — Très Sainte Vierge Marie, faites-moi guérir! il se tait.

Les journaux de tous pays, tenus au courant par leurs correspondants, publient le bulletin de l'état de Don Bosco. L'Oratoire est continuellement assiégé par une foule avide de savoir les nouvelles. A tout instant on apporte des télégrammes; les directeurs de nos Maisons d'Italie, de France et d'Espagne arrivent successivement.

Nous apprenons que dans le monde entier on adresse à Dieu de ferventes prières publiques et privées, des neuvaines et des triduums.

Il n'y a pas de communauté où l'on ne s'efforce, par les

D'Espineï — Don Bosco. îiS

plus ardentes supplications et par les rigueurs de la pénitence, de retenir Don Bosco sur la terre.

Dans beaucoup de nos Maisons, on a organisé l'adoration diurne et nocturne devant le Saint Sacrement exposé.

Nos chers Coopérateurs en particulier n'ont rien épargné pour conserver notre Père bien-aimé. Larmes , prières , sacrifice de la vie, promesses et vœux, en un mot toutes les formes de la piété filiale, torturée par la pensée de l'épreuve, tout a été employé avec les saintes obstinations de cet amour qui est fort comme la mort.

Cet élan admirable des cœurs serait tout naturel s'il s'agissait seulement des enfants de la famille religieuse; mais ce sont tous les chrétiens unis à Don Bosco par le dévouement aux œuvres chrétiennes , qui ont fait violence au ciel. Beaucoup d'entre eux n'ont eu que leur foi pour connaître et apprécier ce bon Père; et au milieu des soucis de leurs affaires, la pensée de ce vieillard courant à la récompense, a donné à leurs supplications une puissance à laquelle Dieu ne pouvait résister complètement.

Ce matin , une personne de la haute société turinaise est venue tout exprès à l'Oratoire pour prendre des nouvelles de Don Bosco. Le portier, après l'avoir introduite au parloir, lui tendit YUnità Cattolica du jour, qui annonçait une amélioration. La noble visiteuse répandit des larmes de joie, puis mit sa bourse dans la main du portier, en disant: Oh! dites à Don Bosco de se rétablir promptement et remettez-lui cette offrande. — La bourse contenait 400 francs en or.

Le cber malade prie souvent les médecins de lui dire clairement son état, parce que, ajoute-t-il, sachez que je ne crains rien. Je sais tranquille et tout préparé.

Et il a toujours envisagé avec le même calme le départ suprême.

Don Albéra, supérieur de l'Oratoire St-Léon à Marseille, lui disait: — C'est la troisième fois, Don Bosco que vous

allez sur le seuil de l'éternité: les prières de vos fils vous ont toujours ramené en ce monde. Je suis certain qu'il en sera de même cette fois encore,

— Cette fois-ci je ne reviendrai plus! répondit D. Bosco.

Les souvenirs qu' il aime à donner depuis quelques jours et qu'il fait écrire, peuvent se résumer dans ces deux pensées: — Dire aux confrères d'exciter leur foi — leur recommander l'exacte observation des Règles.

Un correspondant de journal, venu à l'Oratoire pour prendre des informations précises, eut la bonne fortune de les recueillir de la bouche même du docteur Fissore, qui s'exprima en ces termes : « Don Bosco est perdu ; pour nous, nous n'a- » vons plus aucune espérance de le sauver. Il est atteint d'une » affection cardio-pulmonaire; le foie est attaqué; la moelle » épinière présente une complication qui engendre la para- » lysie dans les membres inférieurs. H ne peut plus parler. » Enfin les reins et les poumons sont également pris. Cette » maladie n'a aucune cause directe. Elle est le résultat d'une » faiblesse générale, d'une existence usée par d'incessants la- » beurs mêlés de continuelles inquiétudes. Don Bosco s'est » consumé dans un travail au-dessus de ses forces ; il ne » meurt pas de maladie: c'est une lampe qui s'éteint faute » d'huile. »

£9 décembre;

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