‹ Don BoscoChapitre 13 sur 152 · LE HANGAR DE YALDOCCO · texte numérisé non relu

LE HANGAR DE YALDOCCO

grand'péine à partir , et il fallait vraiment les pousser jusqu'à la porte: — adieu, bon Père, au revoir, à dimanche!

Et le bon Père Don Bosco s'était tellement donné qu'il pouvait à peine se traîner jusque chez lui, exténué, exténué!...

Mais il se retrempait dans le travail ; ainsi il ne tarda pas à rendre définitive l'institution des écoles du soir, et elle furent ouvertes tous les jours de la semaine.

Les jeunes gens y vinrent en foule ; la grande difficulté était de trouver des aides qui leur fissent la classe.

La nécessité inspira à Don Bosco cette ingénieuse combinaison de créer des étudiants.

Il fit choix des jeunes gens les mieux doués, et s'engagea à leur donner une instruction complète, à la condition qu'ils deviendraient, à leur tour, les professeurs des autres.

Enseigner est un des meilleurs moyens (l'apprendre soi-même, et cette institution des étudiants réussit au delà de toute croyance.

îsTon seulement on eut ainsi d'excellents et zélés professeurs pour faire la classe, mais ils devinrent eux-mêmes une pépinière de

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jeunes prêtres , la vocation se développant chez eux, en même temps que l'instruction.

Cette institution des classes du soir n'aurait dû attirer a Don Bosco que des éloges; car Turin et bien d'autres villes ne tardèrent pas à fonder des ('(«des de ce genre, dont on avait reconnu l'excellence.

Cependant, le Vicaire municipal de Turin, le marquis de Cavour , suscita de nouveau une opposition formidable, et , sans aucun doute, il aurait réussi, cette fois, a faire fermer l'Oratoire , si un protecteur inattendu n'avait surgi. Le comte de Collegno. ancien ministre d'Etat et conseiller de Charles- Albert, déclara que la volonté du Roi était que Don Bosco ne fût pas inquiété.

C'est que le soldat et le prêtre, tous deux hommes d'action et de dévouement, sont faits pour s'entendre à merveille , et , en plus d'une circonstance , le Roi témoigna de sa sympathie par quelques dons. Une fois entre autres, au premier janvier , il envoya trois cents francs avec cette suscription de sa main: aux petits drôles de Bon Boseo.

On aura une idée de la somme écrasante de travail à laquelle se soumettait Don Bosco, quand on saura que , outre le temps consi-

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dérable qu'il donnait à son Oratoire, il trouvait encore le moyen d'exercer son ministère dans les prisons, à l'hôpital Cottolengo , au Refuge... sans compter les malades qu'il visitait en ville.

Xulle santé n'aurait pu résister à pareil labeur. Un épuisement précoce le mit dans le plus grand péril , et il dut , sur l'ordre exprès des médecins, se retirer quelque temps à la campagne.

Il devait y prendre du repos; mais les nombreuses visites de ses enfants, auxquels se joignirent encore des élèves des Frères, ne lui laissaient aucun répit; et d'ailleurs, le samedi soir, il rentrait en ville pour confesser et assister aux réunions du dimanche à l'Oratoire.

Dans une de ces courses (juillet 1846), il prit froid, et bientôt se déclara une fluxion de poitrine , d' autant plus grave que ce pauvre corps était littéralement ruiné.

Le danger devint extrême; les médecins avaient déclaré que tout espoir paraissait perdu.

Une nuit , qui pouvait être la dernière , l'abbé Borel qui l'assistait lui dit: — Don Bosco, demandez donc au bon Dieu de vous guérir.

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