SAUVEZ BEAUCOUP D'AMES DANS LES MISSIONS
Mgr. Cagliero est de retour. 11 court aussitôt au chevet de Don Bosco qui à ce moment se4rouve bien mal : il ne peut que dire d'une voix défaillante: — Sauvez beaucoup d'âmes dans les 3Iissions.
~Tf janvier.
LES SALÉSIENS ET MARIE AUXILIATKICE.
L'Evèque Salésien doit se rendre à Rome ; il voudrait toutefois en obtenir la permission : — Tu iras, répond Don Bosco, mais après.
— Alors, Don Bosco, dites-moi si en y allant après la fête de St. François de Sales je qjuis être tranquille. Il faut aussi que je me rende en Sicile '
— Oui, tu iras, tu feras beaucoup de bien, mais après, seulement.
On comprend ce que signifiait cet après.
Le vénéré malade ajouta: — Ta venue en ces circonstances est très opportune et très avantageuse pour la Congrégation.
On l' exhortait à penser , au milieu de ses douleurs , que Jésus en croix sourirait sans pouvoir faire un mouvement: — Oui, dit-il, c'est ce que je fais toujours.
Au sujet de la Congrégation, il disait à Monseigneur Cagiiero: — La Congrégation n'a rien èi craindre; elle a des hommes formés.
Ce soir, Don Sala se trouvant seul dans la chambre de Don Bosco, saisit le moment où il parait avoir la respiration
D'Esi>i>ky — Don Bosco. î£ï)
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plus libre pour lui demander : — Vous vous sentes mal, n'estce pas?
— Eh oui ! mais tout passera, et cela passera aussi.
— Et que puis-jc faire pour vous soulager un peu?
— Prier! — Et joignant les mains, il se mit lui-même à prier.
Après l'avoir laissé reposer un instant, Don Sala reprit:
— Bon Bosco, maintenant vous êtes heureux de penser qu'après une vie de si constants efforts et de si pénibles fatigues, vous avez réussi à fonder des Maisons dans le monde entier, et à asseoir la Congrégation Salésiennc.
— Oui, répondit Don Bosco. Ce que j'ai fait, je l'ai fait pour le bon Bien; et on aurait pu faire davantage... mes fils le feront... Il reprit haleine et poursuivit: — Notre Congrégation est conduite de Bieu et protégée par Marie Auxiliatrice.
A 8 heures, il réussissait difficilement à se faire comprendre et à prouver qu'il comprenait lui-même.
Autour de son lit on parlait de l'inscription à mettre sur la tombe du comte Colle, son excellent ami et insigne bienfaiteur, décédé le 1er. janvier.
Don Rua proposait ce texte: — Orphano tu cris adjutor. Tu seras l'appui de l'orphelin; Mgr. Cagliero aurait préféré:
— Bcatus qui intclligit super egenum et pauperem: Bienheureux celui qui sait secourir le pauvre et l'abandonné. — Don Bosco, qui paraissait ne prêter aucune attention à l'entretien, ouvrit les yeux et parvint «à dire d'une voix assez intelligible: Vous graverez: Pater meus et mater mea dereliqueruiit me, Domiiius auteiu assumpsit me.
— Mon père et ma mère m'ont abandonné ; mais le Seigneur m'a adopté.
28 janvier.