‹ Don BoscoChapitre 27 sur 152 · DOIS' BOSCO ÉCOLIER · texte numérisé non relu

DOIS' BOSCO ÉCOLIER

Il lit : à sa grande surprise, il n'y a pas une faute.

— Ah ! monsieur a copié, n'est-ce pas %

— Mais pas du tout.

— Qui donc, alors , vous a traduit cette version %

— Personne, monsieur. Cette nuit, dans un rêve, je vous ai entendu me dicter cette même version; vous me l'avez corrigée, je me la rappelle... et voilà tout !

L'abbé Jean Bosco se préparait aux examens définitifs pour l'admission aux Saints Ordres. La veille, on lui apprend qu'il devra présenter tel traité. Comme il ignorait que ce traité fît partie du programme de l'examen, il ne s'en était pas occupé, et se trouva fort embarrassé.

Mais , au lieu de se troubler, il invoqua Saint Louis de Gonzague en ces termes: Vous voyez qu'il ne s 'agit pas d'encourager ma 'paresse, mais de venir à mon secours pour m' éviter les ennuis possibles d'un oubli involontaire.

Le matin , notre abbé arriva tranquillement devant la Commission d'examen. Pendant un temps assez long , il répondit avec justesse et à-propos aux questions et objec-

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fions des membres du jury. Mais, tout en répondant, il avait peine à réprimer un sourire tout à fait singulier en pareil moment, et devant de tels personnages. — Un des examinateurs, un peu intrigué, l'arrêta pour lui en demander la raison.

— C'est que tous m'interrogez, depuis le commencement, sur un traité que j'avais, involontairement, omis d'étudier: les pages de mon volume ne sont pas même coupées — et, tirant de sa poche le livre absolument neuf, il le tendit à son interlocuteur.

Puis le candidat raconta l'aventure, sans oublier l' invocation à Saint Louis de Gronzague; il termina en présentant ses excuses à la Commission.

L'examinateur, loin de le gronder, lui dit aimablement : — Mon cher ami, je vous félicite, et je me réjouis de ce qui vous arrive. Continuez à prier avec cette confiance, dans la sainte carrière où vous entrez. Si , déjà , vous êtes exaucé aussi vite et aussi bien, l'Église sera un jour heureuse de vous compter parmi ses ministres, et vous aurez une grande action sur les âmes.

L'excellent prêtre ne croyait certainement pas si bien dire !

On célébrait à P***5 dans les environs de Turin , la fête du Saint-Rosaire. Un jeune séminariste fut invité, lui et toute sa famille. Il se préparait à servir aux vêpres, lorsque le bruit courut, dans la sacristie, que le prédicateur attendu était empêché de venir. On peut juger du mécontentement de tous les prêtres présents, et l'on devine , surtout , si le curé était à l'aise ! L'avis général fut qu'il n'était pas possible de remplacer, ex abrupto, l'absent, et que l'on se passerait de sermon pour cette fois.

Notre séminariste , qui assistait à la délibération, ne put s'empêcher de manifester la plus pénible surprise. Quoi! parmi tant de prêtres, aucun ne se sentait donc capable de dire quelques bonnes paroles , alors que

le peuple, venu en foule, comptait sur un sermon! Il s'exprima avec une vivacité un peu juvénile peut-être, et l'un des ecclésiastiques présents, le toisant de son haut, finit par lui dire: — Mon petit bonhomme, vous qui ne doutez de rien, vous seriez sans doute de taille à nous servir ce discours?

— Si je ne craignais de manquer aux convenances, je n'hésiterais pas.

L'air modeste, mais décidé, du jeune homme ne déplut nullement, et l'on se mit à l'encourager, au lieu de le railler.

Le Curé, le plus intéressé dans la question, le prit à part et lui demanda si, sérieusement , il se sentait capable de tenter l'aventure %

Sa réponse fut que la lecture du bréviaire lui suffirait bien pour trouver quelques pensées, et qu'il ferait de son mieux. Alors il fut convenu qu'il remplacerait le prédicateur.

Le moment venu, le séminariste passe la cotta et monte en chaire. On peut juger de la surprise de sa famille, qui ne pouvait en croire ses yeux.

Une voix claire se fait entendre, doucement d'abord, puis avec chaleur et anima-

tion. La parole arrive simple mais pénétrante, et remuant tous les cœurs. Pendant trois quarts d'heure que dura le sermon, les fidèles, ravis, furent sous le charme, et les anciens de la» paroisse ne se rappelaient pas avoir entendu rien de pareil. On en parle encore à P***.

Le jeune et improvisé prédicateur s'appelait Jean Bosco.

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