PREFACE XIII
intimité avec Don Bosco, comme un contact permanent avec ses fils, lui avait révélé de trésors d'édification. Il se trouvait donc dans des conditions particulièrement heureuses pour dire ce qu'il avait vu de ses yeux, touché de ses mains et compris avec son cœur. Loin d'être obligé à des recherches auxquelles un autre biographe eût été forcément condamné, M. D'Espiney a eu le souci constant de se borner; le moment n'était point venu de mettre en œuvre des richesses déjà immenses, mais que le temps et la grâce devaient accroître encore. Ce premier travail, traduit en plusieurs langues, a parcouru le monde et réjoui bien des âmes, suavement et saintement.
Mais la mort de Don Bosco, en rendant à l'histoire une liberté plus large, appelait nécessairement une nouvelle étude sur notre vénéré Fondateur.
Si, en présence d'un pareil sujet, quelqu'un devait se lever et dire à des chrétiens la parole que nous voulons tous savoir touchant les amis de Dieu, c'étaient assurément les enfants de la famille religieuse fondée par notre Père bien-aimé. Ils ne l'ont point voulu.
Mais s'ils le pouvaient, ils le devaient ; pourquoi ne l' ont-ils point voulu?
XIA PREFACE
Un mot explique tout: Don Bosco est un mystère. Après cinquante ans de merveilles qui tontes sont éclairées du côté du ciel, cette parole d'un prêtre, qui peut-être ne la tenait point de la terre, n'a pas cessé d'être vraie.
Don Bosco est un mystère, et un mystère insondable, dans la mesure précise où Dieu est mêlé ii son existence.
Ceux ciui ont vécu de sa vie et recueilli ses actes, attestent que cette vie est un monde ; elle comporte des documents si nombreux et d'une importance telle, que l'Église verra, à l'heure de la Providence, s'écrire dans son histoire une page que personne ne peut soupçonner.
Le travail documentaire s'élabore activement, mais ce sont des années que les Salésiens verront s'écouler avant qu'il leur soit possibile de livrer au public le monument projeté.
Dès lors, en attendant cette œuvre, quelqu'un pouvait-il prétendre écrire, en quelques mois à peine, une vie complète de Don Bosco % Nous ne saurions le penser. Il est des mémoires qui exigent tous les genres de respects: celle do D. Bosco ne peut rien gagner à être traitéo. avant le temps, par des procédés superficiels.
PUEFACE XV
Le désir, on soi d'ailleurs fort louable, d'offrir promptement à l'admiration de notre siècle une figure aussi imposante , pouvait venir à qui ignore quels événements gravitent autour de cette existence.
M. IVEspixey n'est point cet homme.
Il n'y avait donc qu'une chose à faire : raconter simplement la vie du petit pâtre des Becchi, mais la raconter avec ce qui l'explique, c'est-à-dire en la tenant avec soin dans le rayon de lumière surnaturelle où elle baigne, et qui, par une irradiation constante, lui donne sa raison d'être.
Les saints sont des reflets de Dieu. Les connaître à leurs actes nous serait d'un faible secours, si nous n'apprenions à les aimer pour rendre gloire à Dieu et devenir saints nous-mêmes.
Cette pensée a décidé M. D'Espiney à ne point changer la forme primitive de son livre; et les Supérieurs majeurs de la Société Salésienne, consultés , y ont applaudi de tout cœur.
On avait été heureux de voir, dans un premier tableau , la vie entière de Don Bosco se dérouler avec ses circonstances extraordinaires; puis, des récits où la protection de la Très Sainte Vierge apparaissait, touchante et manifeste, imprimaient un caractère particulier à cette vie, du côté qui regarde-le ciel.