EN VAGON
— Don Bosco! s'écrient tous les voyageurs.
— Oui, mes amis, je suis Don Bosco, et je tiens à vous dire que toutes les allégations de ce monsieur sont absolument fausses et mensongères.
Sachez-le bien : ma mère vit avec moi , elle soigne les enfants à l'Oratoire; mon frère habite toujours la pauvre maison où
nous sommes nés; et, en fait de carrosse
je n'ai que ce vagon de troisième classe.
Les assistants, indignés, faillirent écharper le malheureux commis voyageur, qui se hâta de disparaître à la plus prochaine station.
Un de ceux qui avaient assisté à cette scène fut tellement frappé du calme et de la douceur avec lesquels Don Bosco avait supporté ces incroyables injures, qu'il voulut être reçu Coo pérateur , et, dans la suite , il fit beaucoup de bien à l'Œuvre.
346 l'orpheline
Madame Gr. reçut, à Lyon, la visite de Don Bosco. Elle avait chez elle, comme domestique, une jeune fille de dix-huit ans, qu'elle avait prise dans un asile , et qu'on lui avait donnée comme orpheline.
Lorsque Don Bosco partit, cette dame le pria de bénir sa servante, qui attendait dans le vestibule.
— Elle a grand besoin qu'on s'intéresse à elle, mon Père: c'est une orpheline.
Don Bosco la considéra un instant, il la bénit avec soin, puis il ajouta: je prierai pour votre malheureuse mère.
Sa mère! Mais tu n'es donc pas orpheline , comme tu le prétends , s'écria madame G-.?
Alors la jeune fille avoua que sa mère était, en effet, vivante, mais qu'on cachait son existence parce qu'elle avait quitté ses enfants pour vivre dans le désordre.
En 1883 Don Bosco était an Patronage Saint-Pierre de Nice; il avait accepté à déjeuner en ville , et il partit un peu avant midi, accompagné de deux de ses prêtres.
Comme on craignait d'être en retard, au lieu d'aller jusqu'au pont Graribaldi, on entreprit de traverser le Paillon sur des planches dont se servent les habitants du quartier de la place d'Armes, ce qui leur évite un assez long détour.
En été, le Paillon est presque à sec , et la planche qu'il s'agissait de franchir n'était pas longue, mais elle manquait quelque peu de largeur. Le pauvre père Don Bosco, qui avait déjà, à cette époque, de fort mauvaises jambes et d'assez mauvais yeux, mit le pied un peu trop de côté, et le voilà daus l'eau.
L'endroit n'était pas profond, et on l'eut bien vite tiré de cette mauvaise situation ; seulement, il était tout mouillé, et Fou dut rentrer au Patronage pour avoir des vêtements secs.
Là se présenta une difficulté imprévue : Don Bosco n'avait pas de vêtements de rechange, et l'on ne put s'en procurer dans toute la maison ; de sorte qu'il dut se mettre au lit.
Le bon Père qui avait déjà plaisanté sur ce baptême par immersion , fut tout à fait ravi lorsqu'il put constater la pauvreté de ses prêtres.
Ali! s'écria-t-il, que c'est bien là une vraie Maison de Don Bosco!