LA CRÉATION
« Alors, lit-on dans le Rig-Véda^ il n’exis- « lait ni être, ni non-être; ni monde, ni ciel;
rien au-dessus de Lui (l’Étre suprême), rien (( partout ; aucun être enveloppant ou enve- « loppé. L’eau n’existait pas; tout était pro- « fond et ténébreux. La mort n’existait pas. (c Alors il n’y avait pas d’immortalité; pas de (( distinction de jour ni de nuit; m\x\^ celui-là (( [J Etre sans nom) respirait sans respiration, seul avec dont il contient la vie... Once tre que lui, rien n’existait qui depuis ait (( existé. Des ténèbres étaient là; car cet unic( vers était enveloppé de ténèbres; il était in- « distinguible, comme les fluides mélés dans
(1) Du Brahmanisme^ etc., par Mgr Laouënan, P* partie, p. 7 et suivantes.
c( les eaux; mais cette masse, qui était couverte d’une croûte, tiit enfin organisée par « le pouvoir de la contemplation.
Le premier désir fut formé dans son in- (( telligence, et il devint la semence produc- (( tive originaire. Les sages rappellent 7ion- ^(( être^ comme la limite de Létre ; le non-être (( existait dès le commencement ; c’est de lui (( que l’être est né.
« L’âme ou l’esprit suprême était le seul c( être qui existât dès le commencement, et (( aucun être que lui n’existait. Cet être K éprouva un désir : je créerai les mondes. 11 créa ces mondes : l’éthéré, le lumineux, le f( mortel, l’aqueux (Ij. » (Rig-Véda^ section 8% lecture 7% hymne 10*^ â l’Ame suprême, Paramâtmâ.)
(1: M. Langlois traduit cet livnine de la manière suivante: « Rien « n’eristait alors, ni visible ni invisible. Point de région supérieure; « point d’air; point de ciel. Oti était cette enveloppe du monde? « Dans quel lit l’onde était-elle contenue ? Où étaient ces profondeurs « impénétrables de l’air? Il n’y avait pas de mort, point d’immor- « tallté. Rien n’annonçait le jour ni la nuit. Lui seul respirait, ne « formant aucun souille, renfermé en lui-même. Il n’existait que « lui. Au commencement, les ténèbres étaient enveloppées de ténô- « bres ; l’eau se trouvait sans impulsion. Tout était confondu. L’être reposait au sein de ce chaos, et ce grand tout naquit par la force « de sa piété. Au commencement, l’amour {Câma, le désir) fut en « lui, et de son esprit jaillit la première semence. Les sages^ par le
On lit clans le Padma-Purâna : a L’nnivers c( n’existait c[ue dans la pensée divine, d’une (( manière imperceptible, indéfinissable, noii (( susceptible d’être découverte par l’ entende dement, comme si elle eût été enveloppée (( d’ombres ou plongée dans le sommeil. (( Alors la puissance existante par elle-même (( créa le monde visible avec les cinc| éléments (( et les divers principes des choses, étendit (( son idée et dissipa les ténèbres, sans dimi- (( nuer sa gloire. 7>
(( Chac|ue jour, dit le P. Dubois, les Brahc( mes doivent adresser à l’eau la prière sui- (( vante, où l’on retrouve des traces du dogme (( de la création, en même temps que du (( déluge : Eau, dans le temps du déluge, (( Brahni, la sagesse suprême, dont le nom (( ne contient qu’une lettre, existait seul, et il (( existait sous votre forme. Ce Bratim, ré- « pandu et confondu en vous, fit pénitence, « et, par le mérite de sa pénitence, il créa la
« travail de l’intelligence, parvinrent ü l'ormer l’union de l'être réel « et de l’être apparent... »
On pense généralement que cet hymne, aussi bien que les autr. s hymnes de ce genre philosophique qui se trouvent vers la fin du Rig- Véda, appartient à la dernière période du védisme, vers le sixième ou le cinquième siècle avant J. C.j et peut-être même plus tard.
(( nuit. J.es eaux éparses sur la terre, s’étant « retirées dans le même lieu, formèrent la « mer. De la mer furent créés le jour, les années, le soleil, la lune et Brahma à quatre U visages. Ce dernier créa de nouveau le ciel, (( la terre, l’air, les mondes inférieurs et tout U ce qui existait avant le déluge » [Mœurs et institutions^ tome I, p. 351).
Mais le récit de la création, tel qu’il est rapporté dans les Lois de Manou, offre des analogies encore plus extraordinaires avec le récit bilDlique. Nous en transcrivons ici les principaux passages, en mettant en regard les versets correspondants de nos Livres saints (1).