I II. CRÉATION DES ANGES
Genèse. Manou.
S. Paul aux Hébr.^ 22. Le souverain ch. h V. ih. Les anges Maître produisit de sa sont des esprits admi- substance une multinistrateurs... tude de dieux [dêvas).,
Daniel, ch. Vil essenüellement agisses milliers se tenaient sants, doués d’une à ses ordres, et dix âme, et une troupe inmille fois des centai- visible de génies... nés de mille l’entouraient...
D’après la théogonie de VUpnékat (ou Upa~ nischada, un des commentaires des Védas), le créateur produisit d’abord Pradjâpati, ou le Seigneur des créatures, et celui-ci, joignant les deux mains, les mit dans sa bouche, et il en sortit un feu qui est le plus grand des Feréschats (Lucifer) ou des préposés. « Au com- (( mencement, est-il dit dans cet ouvrage, il (( n’y avait que le plus grand des préposés; il (( parut en figure de feu (Lucifer). Il vit que (( la création n’était pas parfaite. 11 créa (parce mi les anges ou génies) l’espèce des rois
« OU gardiens, les Radjas. Parmi eux, Indra a est le gardien des anges, ou génies, ou dé- (( légués; Bran est le gardien des animaux qui vivent dans Peau ; Mali est le gardien (( des Brahmes; Rutra, celui des âmes des c( morts; Marut, celui qui augmente les ma- (( ladies ; et Mahâdeva est le gardien de ceux (( qui sont grands et forts. Voilà les plus « grands rois parmi les anges... »
L’Écriture sainte, en une multitude de passages, et les Pères de l’Église établissent unanimement que Dieu gouverne le monde par le ministère des anges ou des esprits. Qu’il nous suffise de rapporter à ce sujet un passage de Bossuet, tiré de sa préface sur l’Apocalypse :
(( Si nous ouvrons l’Apocalypse, dit-il, <( nous y voyons avant toutes choses le mi- « nistère des anges ; on les voit aller sans (( cesse du ciel à la ten^e et de la terre au (( ciel ; ils partent, ils interprètent, ils exé- « cutent les ordres de Dieu... Tous les an- (( ciensont cru, dès les premiers siècles, que les anges s’entremettaient dans toutes les (( actions de l’Église; ils ont reconnu un ange (jui intervenait dans l’oblation, et hi
(( portait sur l’autel sublime qui est Jésus- « Christ ; un ange qu’on appelait l’ange de la (( prière...
(( Il ne faut point hésiter à reconnaître saint (( Michel pour défenseur de l’Église, comme (( il Tétait de l’ancien peuple. . Daniel nous (( parle ‘ du prince des Grecs, du prince des « Perses, c’est-à-dire sans difficulté, des an- (( ges qui président par Tordre de Dieu à ces « nations ; et saint Michel est appelé dans le (( même sens le prince de la Synagogue, ou, (( comme Tarchange saint Gabriel l’explique c( à Daniel : Michel^ votre prince ; et ailleurs « plus expressément : Michel^ un grand c( prince^ qui est établi pour les enfants de a votre peuple.
(( Quand je vois dans les Prophètes, dans (( l’Apocalypse et dans l’Évangile même, cet (( ange des Perses, cet ange des Juifs, Tange (( des petits enfants, qui en prend la défense (( devant Dieu contre ceux qui les scanda - (( lisent, Tange des eaux, Tange du feu, el (( ainsi des autres; et quand je vois, parmi
ces anges, celui qui met sur l’autel le céleste (( encens des prières, je reconnais* dans ces (( paroles une espèce de médiation des saints
(( anges ; je vois même le fondement qui (( peut avoir donné occasion aux païens de (( distribuer leurs divinités dans les éléments (( et dans les royaumes, pour y présider ; car (f toute erreur est fondée sur quelque vérité c( dont on abuse. »
, (( Les bons anges, continue Y Upanischada, i( et les démons {Djins ou Râks basas) coince battirent les uns contre les autres ; la vie - (( toire resta aux premiers par la vertu de la (( prière et du nom de Dieu. » [Michaël :quis (( ut Deus?) — « Et il se fit, dit l’Apocalypse, (c un grand combat dans le ciel ; Michel et ses (( anges combattaient avec le dragon ; et le dra- (( gon combattait ainsi que ses anges ; et ils ne (( prévalurent point, et il n’y eut plus désoru mais de place pour eux dans le ciel » [Apoc. , ch, XII). Les Djins eurent cependant l’avantage pendant quelque temps, parce que les bons anges attribuaient leurs succès à leurs mérites, et s’en glorifiaient. Le roi des Djins et ses compagnons tombèrent dans l’erreur, parce qu’ils crurent que le corps est tout, qu’on doit adorer son corps, et qu’enfin il n’y a point d’âme universelle.
(( L’Éternel, lit-on encore dans le Brahma-
DANS LIiS INDES.
(( Sastra, dans la contemplation de sa propre cc existence, résolut, dans la plénitude du (( temps, de communiquer sa gloire et son (c essence à des êtres capables de goûter et de (( partager sa béatitude et de contribuer à sa gloire. Ces êtres n’existaient pas encore ; (( l’Eternel le voulut, et ils existèrent. Il les (( forma en partie de sa propre essence, ca- (( pables de perfection, mais avec la faculté « de la perdre. Il créa d’abord Brahma, (( Vishnu et Siva ; ensuite Maisasura et toute (( la foule des anges. Il établit Brahma prince c( de toute la troupe angélique et son vice- (( gérant dans le ciel. Il lui donna pour coadc( juteurs Vishnu et Siva. Il partagea les an- (( ges en différents ordres, et constitua un (( chef sur chacun d’eux- La joie et l’harmo- « nie régnaient autour du trône de l’Éternel, « lorsque l’envie et la jalousie s’emparèrent (( de Maisasura et des autres chefs des bandes (( angéliques. Ils oublièrent les devoirs qui « leur étaient imposés, s’écartèrent de l’o- (( béissance qu’ils devaient à leur Créateur, « et refusèrent de se soumettre au vice- « gérant et à ses coadjuteurs, Vishnu et « Siva. Ils dirent en eux-mêmes : Nous vou-
« Ions gouverner; et ils inspirèrent la meme (( ambition à un grand nombre d’anges qui (( se séparèrent avec eux du trône de l’Éter- « nel. Dieu, irrité du crime de ces rebelles, (( après les avoir fait avertir inutilement de c( rentrer dans le devoir, commanda à Siva / de les chasser du ciel, et de les précipiter U dans les ténèbres épaisses, pour y souffrir (( des tourments éternels. »
Quelles réminiscences frappantes non seulement de la doctrine générale de l’Église catholique sur les anges et leur distribution en plusieurs ordres, mais aussi des termes mêmes employés par nos écrivains sacrés en parlant des anges rebelles et de leur châtiment ! (( Gomment, s’écrie Isaïe, es-tu tombé (( du ciel, Lucifer, toi qui te levais si brillant (( dès le matin? Comment es-tu tombé sur « la terre, toi qui blessais les nations? Tu dite sais en ton ca3ur : Je monterai au ciel, j’é- (( lèverai mon trône au-dessus des astres de « Dieu; je siégerai sur la montagne du Tiret manient, dans les lianes de l’aquilon; je ee me placerai an-dessus des nuées les plus te élevées; je serai semblable au Très-Haut, ee Et voilà (jue tu as été précipité dans l’en-
2ol
« fer, au plus profond de l’abîme » {Iscde, ch. ATF, V. 19 etsyiv.).(-(i Dieu, ajoute saint (( Pierre, n’a point épargné les anges qui ont (( péché, mais il les a précipités dans le Parce tare, où les ténèbres leur servent de chaî- (( nés, pour y être gardés jusqu’au jour du (( jugement (1) » (2® épUre de saint Pierre, ch. //, V. 4).
g III. CRÉATION DE l’hOMME.
Genèse.
Ch. /, V. 27. Et Dieu créa l’homme à sa ressemblance... il les créa mâle et femelle.
Ch. F, ^.1. Au jour où Dieu créa l’homme... F. 2. il les créa mâle et femelle, et il les bénit ; et il les nomma Adam.
Ch. Il, V. 20. Mais
Manou.