‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 102 sur 156 · CHAPITRE XV. ;ji · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. ;ji

de Fernando Alvarez de Tolède; avec lui le duc devait s'exprimer à cœur ouvert. Quant à nous, nous ne pouvons, sur les prétendus rapports des seigneurs belges avec don Carlos , que persister dans lopinion que nous avons énoncée en l'un des chapitres précédents (').

Les premiers avis qu'on eut à Rome de l'arrestation de don Carlos y parvinrent le 26 février, par la voie de Lyon et de Gènes. Don Juan de Zùniga, qui avait récemment remplacé son frère le grand commandeur de Caslille dans le poste d'ambassadeur de Philippe II près le saint-siége , ne voulut pas y croire (-). Le lendemain, l'ordinaire de Lyon apporta des lettres qui confirmaient la nouvelle : alors don Juan envoya à la poste la plus prochaine, afin que, à l'arrivée du courrier d'Espagne, on lui expédiât incontinent ses dépêches, et on retînt toutes les autres. Le 28, le pape lui fit dire qu'il venait d'être averti, par le cardinal de Santa Croce, que le prince avait été arrêté pour avoir machiné contre la personne du roi son père, et avoir eu dans sa chambre des livres hérétiques. Pie V était triste et soucieux ; il désirait savoir si l'ambassadeur avait quelques renseignements. Don Juan de Zùniga répondit à son messager qu'il n'en

(•) Pag. 365-367. — On lit, dans des avis secrets envoyés d'Anvers au gouvernement anglais, le 29 février 4568 : « Il errera del principe « si tiene celato, ma è forza ch'l sia criminale, ne sino a qui pare che « havessi inteliigenlia alcuna con niuno di quellisignori. « {State paper Office, papiers de Flandre.)

(*) « Tûbelo por hurla, » dit don Juan de Zù5iga dans sa lettre au roi du 5 mars 1568. (Coleccion de clocumenlos inéditos, etc., t. XXVII, p. 14.)

avait aucun . et que les bruits répandus devaient être une invention des huguenots (').

Le 29. à la réception de ses dépêches, l'ambassadeur alla trouver le pape, en compagnie du cardinal Pacheco : le cardinal de Granvelle était, en ce moment, absent de Rome : il rendit compte au souverain pontife de la détention du prince d'Espagne en conformité des instructions qui lui avaient été données. Pie V se montra très-ému : l'amour qu'il portait à Philippe II, la confiance qu'il avait dans son saint zèle et dans sa prudence, le persuadèrent que le roi calholique avait eu des motifs sérieux pour agir ainsi qu'il l'avait fait; il éprouva d'ailleurs quelque consolation en apprenant que ce monarque n'avait été déterminé par aucune des raisons dont on parlait en France ("). Après sa visite au saint-père, don Juan de Zûïïiga instruisit de ce qui s'était passé à Madrid les membres du sacré collège, à l'exception des cardinaux qui étaient français déclarés Q.

Des relations très-diverses circulaient dans Rome sur les causes et les circonstances de l'arrestation de don Carlos. Pie Y, que ces récits contradictoires tourmentaient, voulut envoyer quelqu'un au roi; l'ambas-^ sadeur obtint de lui qu'il y renonçât, et il le détourna

(M Coleccion de documentos inéditos, etc., t. XXVII, p. 14.

{*) « .... El papa lo sinliô ternamente, romo quieii de véras ama à Vuestra Magestad, y confia de su celo y prudencia que havrà havido tan suficientes causas como le representâmos ; y quedô algo consolado de que no obiese ninguna de las que en Francia havian levanlado.... » Ubid.)

('] Ibid.

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