CHAPITRE XII
de rembarquement, parlit pour se rendre à son poste ('); il fut suivi, le 15, d'un des maréchaux des logis du roi, ehargé de faire le logement sur la route (-); le 21 juillet, Pedro Melendez, que les Espagnols « tenaient pour un Neptune en la merQ, » arriva à la cour; il avait été appelé tout exprès de la Floride, afin de diriger le navire qui porterait son souverain. Déjà la garde-robe royale était emballée ; les meubles qui garnissaient lePardo avaient été transportés au palais de Madrid ; deux charges de vitres destinées aux chambres que la personne du monarque occuperait pendant la traversée avaient été expédiées à la Corogne; la chapelle et l'évéque de Cuenca se disposaient à prendre la même direction ; des bannières de damas cramoisi, avec la croix de Saint-André, étaient toutes prêtes pour les navires du roi, du prince et des archiducs ; des instructions avaient été transmises et des postes militaires établis dans les provinces par lesquelles la cour devait passer; enfin la garde à pied et à cheval avait reçu son ordre de départ Q. On disait que, pendant l'absence du roi, la reine aurait le gouvernement de l'Espagne. Elisabeth de Valois, dont les couches étaient attendues pour le mois d'oc-
(') Lettre de Fourquevaulx à Charles IX, du -16 juillet.
(*) Ibid.
('] Lettre de Fourquevaulx a Charles IX, du 2 août <567.
Pedro Melendez de Valdes, asturien, était le capitaine qui avait chassé les Français de la Floride l'année précédente.
(*j Lettres de Fourquevafllxà Charles IX et à Catherine de Médicis, des 16 juillet, 2 et 21 août 1 567.— Lettre de l'archevêque de Rossauo au cardinal Alessandrino, du 11 août.
lobre. se trouvait hors d'état d'accompagner son mari ; mais elle Tirait rejoindre plus tard aux Pays-Bas, et alors la régence serait exercée par la princesse doîïa Juana (').
Malgré tout cela, il y avait encore des gens, à Madrid, auxquels on ne pouvait persuader que le roi voulût s'éloigner de celte résidence qui lui. était si chère. C'est ce que nous apprennent une lettre du garde des sceaux Hopperus à son ami le président Viglius (") et des dépêches adressées à leurs cours par le nonce et l'ambassadeur d'Autriche Q. L'ambassadeur de France lui-même se montre médiocrement convaincu par toutes les mesures qui sont prises et par les assurances que le prince d'Eboli lui donne: il écrit à Charles IX : « Je ne voudrois point m'obli- « ger, de la vie, que ce roy passe en Flandre, car il « peult feindre et faire tels semblants quïl lui plaist, « à ses despens (*). »
L'événement fit voir que ceux qui ne croyaient pas au voyage du roi avaient raison. Déjà, au milieu du mois d'août, époque qu'il avait fixée pour son départ de Madrid , on n'y comptait plus , quoiqu'il continuât de dire qu'il irait aux Pays-Bas, qu'il regar-
('^ Mémoire de Foiirquevaulx, du 30 juin 1567.
(*) n .... Et tamen piures invenias, ut fit, qui non credant Suam Majestatem profecturam, quàmqui credant..,.» (Lettre du29 juin 1567, dans Hopperi Epislolae ad Viglitim, p. 131 .)
P) Lettre de l'arclievêque de Rossano au cardinal Alessandrino, du 1er août 1567. — Lettres de Dietricbslein'à Icmpereur, des 23 juillet et 10 août, dans Quellen, etc., pp. 191 et 192.
{*) Lettre du 16 juillet 1567.