CHAPITRE VIII. n
La Cuadra adressa ces réflexions au duc d'AIbe. En même temps, comme il était essentiel d'empêcher que Marie Sluart ne contractât d'autres liaisons, il fit partir j)0ur l'Ecosse, sous le prétexte d'y rechercher des pirates qui avaient capturé un navire espagnol venant des Indes, une personne sûre, chargée de faire savoir à la reine qu'il avait des choses importantes à lui communiquer touchant son mariage 5 que, ne pouvant l'aller trouver, et elle n'ayant pas d'ambassadeur à Londres, il la priait de lui envoyer, pour recevoir cette communication, quelqu'un de confiance, qui fût bien instruit de l'état des choses en Ecosse, et de tout ce qui se traitait en Angleterre (').
Philippe II allait se mettre en route pour l'Aragon, quand le duc d'Albe plaça sous ses yeux la lettre de son ambassadeur. Il écrivit incontinent à l'évéquc d'Aquila qu'il s'était mépris sur ses intentions. « En " vous marquant — lui dit-il — qu'il me paraissait K bien de suivre Taffaire , et en vous donnant comte mission pour cela , je vous parlais d'une manière « assez positive. Le secret que je vous recommandais « et que je vous chargeais de recommander à ceux «( avec qui vous traitiez, n'était point un obstacle. » C'en était moins encore un, que l'ordre que je vous « donnais de vous enquérir des intelligences qu'ils « ont en Angleterre : car, en tout cas, il sera besoin Cl de le savoir, avant de conclure. Enfin, vous presse crire de négocier sans vous engager en rien, n'était
[') Lettre delevêque d'Aquila au roi, du 17 juillet 1503, aux archives de Simancaï:, Estado, leg. 816.
" pas montrer peu de goût pour cette négociation. Je " vous mande ceci par ce courrier qui va à Trente, c< afin que vous sachiez que j'attends avec impatience « d'être informé de ce que vous aurez fait, et de l'état « dans lequel sont actuellement les choses : je vous « écrirai ensuite plus au long sur le tout. En ce mo- « ment je ne pourrais le faire , ayant le pied dans u rétrier, pour me rendre aux cortès de Monzon('). n Luis de Paz (c'était le nom de la personne que la Cuadra venait d'envoyer en Ecosse) s'y rendit par l'Irlande, afin d'écarter les soupçons sur le véritable objet de son voyage. Arrivé au lieu où Marie Stuart faisait sa résidence , il se découvrit à Lethington. Dans un conseil où celui-ci assistait avec la reine et le comte de Murray, il fut décidé qu'elle recevrait en public l'agent espagnol, qui la supplierait à haute voix de lui prêter faveur pour la punition des pirates à la recherche desquels il était, et qu'ensuite elle éloignerait ceux dont elle serait accompagnée, de manière
(') 0 .... No lo entendistes como fué mi intencion , pues diciéndoos que â mï me parescia bien que se platicase, y dàndoos comision para ello, DO habia mas que decir, ni lo estorbaba el encargaros el secreto, y mandaros â vos que se le encargàsedes à elles, ni raenos raandaros que supiésedes dellos las inteligencias que lienea en ese reyno, de quien se piensan y podrân favorecer, porque esto en todo caso séria menester saberlo ânles de la conclusion; y tambien el déciros que platicàsedes sin concluir nada, no fué mostrar poca gana al négocie. Y asi, con este correo que va â Treuto, os he querido escribir esto, para que entendais que espero con deseo saber lo que habreis platicado, y en el estado que liabreis hallado y estàn las cosas, para poderos escribir mas largo sobre todo : que agora no puedo, por estar el pié en el estribo para ir â las corles deMonçon.... De Madrid, â 15 de agosto 4363. » (Coleccion de documcntos inéditos para la historiade Espana, \. XXVI, p. 460.)