‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 12 sur 146 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le ciel sembla d'abord vouloir favoriser nue union formée sons de si lienreux auspices. Pliili|)pe avail établi sa résidence à Valladolid; le 8 jnillel il)i;j, à minuit, la princesse y donna le jour à un fils.

Sa délivrance avait été laborieuse, car les douleurs n'avaient pas duré moins de deux jours: mais son étal était tout à ftiit satisfaisant ('). Philippe s'empressa de dépécher à l'empereur, pour lui porter cette bonne nouvelle, Ruy Gomez de Silva. son écuyer tranchant, et déjà alors son favori (-).

La joie que répandit dans toute l'Espagne la naissance d'un futur héritier de la monarchie, se changea bientôt en une affliction universelle. Quatre jours après son accouchement, la princesse mourut. Les historiens espagnols ne nous expliquent pas les causes de cette mort inopinée; ils font seulement supposer qu'une imprudence y eut quelque part Ç').

Il est plus aisé de se figurer que de dépeindre la

en olr osiro, y donayreen la risa. Parecia bien à la casla del emperador, y mucbo à ia calhôiica reyna doua IsaheJ, su bisabuela. » (Sa.\doval. liv. XXVF, § 2.) — « Era la princesa rauy bermosa , no grande en el cuerpo.... « (Cabrera, /. c.)

(') n La princesa continué su preîiado con salud, hasta que ayer, à medianoche, piugo â Nuestro Senor akimbrarla con bien de un hijo; y aunque tuvo el parto trabajoso. porque duré cerca de dos dias, ha quedado muy buena.... » (Lettre du prince Philippe a l'empereur, écrite de Valladolid, le 9 juillet ioib, dans la Coleccion de dommentos inéditos para la hlsloria de Espana, t. XXVI, p. 467.)

(2) Ibid.

(') A la marge du passage de Sandoval (liv. XXVII, § 4) où cet historien annonce la mort de la princesse, on lit : « Dixose que muriô de « mudarse la ropa sin tiempo. yotrosdecomer un limon, estando rezien « parido. »

i DON CAP.LOS ET PHILIPPE U.

(l(.iil(M!r OÙ Phi1i|ipe fut, j^longô par la iiiori do sa jcmic «'pousc. ]l se relira au monasièrc de rAbrojo, près de Valladolid, où il passa (rois semaines sans voir personne. Le 2 août, eut lieu le haplènie de I infan!. qui fui apjîelé Carlos, du nom de son aïeul. C<^ fut l'évèque de Carlag^Mie (') qui lui adminislra ce sacrement. Les parrains claienl Tévèque de Léon el don Alejo de Meneses, grand maître de la])rineess3 défunte : la marraine, sa camorera mcnjnr . dofïa Mariiarita de Mendoza. Pliilippe rentra à Valladolid le surlendemain de la cérémonie (').

Charles-Quinl était à Worms. où il avait tenu la diète de TEmpire, lorsque, le 21 juillet, Ruy Gomez lui apporta la nouvelle de la naissance de son petitfils ; il en éprouva une satisfaction indicible. Le soir même, il voulut ([ue cet événement fût célébré par des feux, de joie, et, le lendemain, il fit cbanler, dans la cbapelle de la cour, une messe, suivie du Te Dell m , à laquelle assistèrent le roi des Romains Ferdinand, les arcbiducs ses fils et le cardinal dAugsbourg Q. Le courrier qui devait lui apprendre la mort de la princesse arriva à Worms le 50 (^). En ce

('; Cabuera, liv. I, clinp II, fait oJministrer le baptême à rinf;int parie rardinal de Tavera, archevêque de Tolède. Or, ce prélat était moi-t a veille de la cérémonie, comme nous l'apprend la lettre du 13 août men'jonnée à la note suivante.

(^) Lettre du grand commandeur Covos à Charles-Quint, du 13 août 4545, dans la Coleccion de documentos iuédilos, etc., t. XXVI, p. 4G9.

(^) Journal MS. des voyages de Charles-Qumt et de Philippe II, par Vandenesse.

(") Ibid.

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