‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 143 sur 146 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

user de même envers tous hérétiques , de quelque qualité qu'ils fussent, sans négligence ni dissimulation ('). Il lui déclarait qu'il avait ressenti, jusqu'au fond de l'âme, ce qui s'était passé dans le sein du conseil au sujet de Tinquisition, et l'idée qui y avait été émise d'en restreindre l'exercice, en un temps où elle était plus nécessaire que jamais (-) : « Croyez , « lui disait-il, que je ne le souffrirai point, et que « cela ne convient ni au service de Dieu, ni au mien, « ni au bien des Pays-Bas.... Tenez aussi pour certain « qu'on vous abuse, en cherchant à vous persuader « que la rigueur de l'inquisition entraînera de grands « incbnvénients : si les inquisiteurs ne procédaient « pas conformément à leur charge, les maux qui en « résulteraient seraient bien plus grands et se feraient « sentir plus vite. Vous comprendrez par là qu'il ne « saurait être question de leur donner de nouvelles « instructions, comme vous le proposez, mais qu'il « importe, et de cela je vous en prie aussi instam- « ment que je le puis, que vous les favorisiez, hono- « riez et animiez , sans les mander pour chaque « vétille, car cela les décourage et leur fait perdre « toute autorité Ç^). En outre, vous devez enjoindre aux

(') « .... Y asi es mi volundad que se baga justicia agora eu los que enlonces lo maudé, y en los demés hereges que se preodieren, de qualquier calidad que sean, y que no haya en ello descuido ni disimulacion.... » (Lettre du 20 octobre.)

(^) « .... Nopuedodexar dedeciros.... lo mucho que he senlido, y me ha llegado al aima, de lo que ay se ha hablado en lo de la inquisicion,... y que agora, que hay mayor uecesidad, se afloxe en ello.... » [Ibid.)

(') Ceci était une allusion à ce que la duchesse lui avait écrit lo

u juges séculiers, non-seulement de ne pas les enlra- <( ver dans raccomplissemenl de leurs fondions, mais <c encore de leur prêter toute aide et faveur (^). »

Il écrivit, de sa main, à la duchesse, afin d'appuyer sur ce qu'il attendait d'elle pour le maintien de la religion (-). « Sans la religion, » — lui mandait-il dans sa dépèche en français qui devait être communiquée au conseil — « mes pays de delà ne vauldrionl u riens. »

Les résolutions du roi ayant été communiquées aux gouverneurs et aux conseils de justice, « c'est (c chose incroyable » — dit un historien, témoin des faits qu'il raconte — « quelles flammes jecta ^e feu ce auparavant caché soubz les cendres Q. » Des murmures s'élevèrent de tous les points des Pays-Bas.

2i juillet, que, sur des plaintes du sieur de Mansart, gentilhomme de Tournay, elle avait appelé les inquisiteurs à Bruxelles. Voy. Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 361.

(*) « Vos haveis de créer que no lo he de sufrir, ni conviene al servicio de Dins ni al mio ni al bien de aquellos Estados.... Y tened por cierlo que no es como os informan, que se deve lemer que succederan tantos daiïos é inconvenienles del rigor de la inquisicion, siuo que succederan muy mas presto y muy mayores^si se dexa de procéder por los inquisidores como toca a sus officies, y que no conviene por agora mover la platica que dezis de dalles nuevas ôrdenes é in.strucciones, entes conviene, y assî os lo ruego con todo el encarescimiento que puedo, que vos los favorescais, honrreis y animeis, y no los bagais venir ay por cada cosilla que se offreciere, porque eslo es desanimarlos y quitarJos el auctoridad.... Y demàs desto haveis de mandar scrivir à los juezes seculares que no solamenle no les estorven eu el exercicio de sus officios, mas anles les den todo favor y ayuda para ello.... » (Lettre du :20 octobre.)

(*) Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 37'i.

p) Hoi'PERLs, Mémorial, 'i'- partie, chap. VIII.

Page 1