‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 80 sur 146 · CHAPITRE Viir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Viir

mente par les instances que lui fait faire l'empereur, pour qu'il se décide d'une manière ou de l'autre. — Préoccupation que lui donne le caractère de son fils. — Il cherche à gagner du temps. — Il est disposé à préférer dona Juana: mais il trouve dans don Carlos une répugnance invincible pour une union avec sa tante — 11 rompt la négociation d'Ecosse. — Il donne des espérances à l'empereur Maximilien. — Don Carlos se prononce résoliîment pour l'archiduchesse. — Catherine de Médicis revient, à Bayonne, sur le mariage de Marguerite de Valois avec le prince d'Espagne. — Philippe lui déclare catégoriquement qu'il est engagé envers l'empereur.

Quelles que fussent les imperfections physiques et morales de don Carlos, et quoique, depuis Tâge de quatorze ans, sa santé languissante fît naître des appréhensions continuelles pour sa vie, il n'y avait pas de princesse, en Europe, qui n'eût été fière de donner sa main à l'héritier présomptif du plus puissant empire de la chrétienté. Aussi, bien avant que le roi son père songeât à le marier, des ouvertures lui avaient été failes, de plus d'un côté, en vue de ce mariage.

Les premières vinrent de Catherine de Médicis. Non contente d'avoir pour gendre le souverain actuel des Espagnes, la veuve d'Henri ÏI aurait voulu qu'une autre de ses filles sassît à son tour sur le trône de Ferdinand et d'Isabelle : elle proposait pour don Carlos madame Marguerite , née le 14 mai iS53, plus jeune ainsi de huit ans que le prince des Asturies. Le 28 juillet 1d60, le cardinal de Lorraine, écrivant, par son ordre, à l'ambassadeur de

i:t DON CAULOS ET PHILIPPE II.

France à Madrid ('), le chargea de pressentir adroilement le roi catholique sur ses intentions relativement à son fils : la cour de Lisbonne faisait en ce tempslà solliciter la main de la princesse Marguerite pour le roi don Sébastien ; « mais — disait le cardinal à «. Tambassadeur — s'il y avait espérance du prince ce d'Espaigne, nous l'aymerions beaucoup myeulx « quaultre party qui se pust présenter (-). » Catherine ajoutait, de sa main : « Set heune de chause de « set monde que je désirerès le plus, que de la voyr

« auprès de sa seur ("). » On pense bien que,

dans sa correspondance avec la reine Elisabeth, elle ne négligeait pas de lui recommander les intérêts de la jeune Marguerite; voici, entre autres, les termes dans lesquels elle le faisait : (c L'évesque de Limoge m'a '( mandé que le prince n'a plus la fièvre. Si cela u continue d'estre guéri, ne perdez pas l'aucasion de « garder qui ne soit marié hà aultre femme que à

« vostre seur , et me sanble que y devez mestre

<■<■ lous vos sin san : car aultrement vous seriez

« en danger d'estre la plus malheureuse du monde, a si vostre mary venoit à mourir, luy estant roy, (( coment il seroit, si n'avest aypousé quelque femme u qui feùt heun vous-même, come seret vostre

a seur Cela, ma fille, fet que me semble que

« devés commcnser de louin à bàlir ; et en sel

(') Sébastien de l'Aubespine, évêquede Limoges. (-) Négociations, lettres et pièces diverses relatives au règne de François U. etc. ; publiées par M, Louis Pauis; Paris, I8'i1, in-4", p. 436. (') Ibid., p. 440.

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