‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 101 sur 170 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

faire au roi, son maître, un portrait fidèle et consciencieux de la jeune princesse (') ; il ajouta que , s'il savait quelque autre parti qui convint mieux au roi ou au prince, il le verrait préférer avec beaucoup de plaisir ( 2 ).

Le comte de Luiia s'efforça de le persuader que le roi ne ferait rien, en ce qui concernait le mariage de son fils , non plus qu'en d'autres affaires d'une égale importance, sans prendre son avis, et que, dans l'état où le prince se trouvait, après les fièvres dont il avait souffert si longtemps, il pouvait y avoir de graves inconvénients à le marier.

L'empereur avoua que le comte avait quelque raison ; il lui dit que jamais il ne conseillerait au roi une chose qui pourrait avoir les conséquences qu'on avait vues en Portugal ( 8 ). « Je vais, comte — poursuivit-il « — vous parler en confidence, et pour que cela ne

de las edades y buenas partes que la ynfanta tiene, como por otras cosas que auD importai) mas, que se puedeo considerar, para el bien de todos y conservation desta casa.... » (Dépêche du comte de Luoa, du 40 janvier 4662.)

(') Le comte de Luna le fit. Nous avons cité, p. 479, le portrait de l'archiduchesse Anne, tel qu'il fut envoyé par lui à Philippe II.

( 2 ) « .... Y que dijese, demas desto, a V. M. y le certificase que, si viese otra cosa, û la entendiese, que le pareciese que a V. M. 6 al principe les conviniese mas, lo tendria por bueno, y le daria mucho contentamiento. * (Dépêche du comte de Luna, du 19 janvier 4561.)

Dans une lettre autographe au roi, du 4 4 janvier 4 562, Ferdinand lui tenait le même langage : « .... Certificando à V. A. que, si supiese yo « que algun otro casamiento estaria mejor al principe y al bien de nues- « tras casas que este, no trataria dél en manera alguna. » (Coleccion de documentes inédites para la historia de Espana, t. XXVI, p. 449.)

(*) Allusion au mariage de l'infant don Juan avec la princesse dona Juana.

« sorte pas d'ici. Savez- vous ce qui aie meut à faire « celte démarche? C'est qu'on me mande, de Flandre « et d'Italie, qu'il est question du mariage du prince « avec la sérénissime princesse de Portugal , et que « l'affaire est même si avancée qu'on a écrit à Rome « pour les dispenses..... Je la fais aussi parce que, « bien que la princesse de Portugal soit une personne a telle qu'elle ne laisse rien à désirer, je trouve « l'alliance de ma petite-fille plus à propos pour le « prince. D'abord, il y a entre eux conformité d'âge; « ensuite, par cette alliance, le roi catholique acquiert « en Allemagne des parents et des amis ( ce que ne « donne pas l'alliance avec la princesse) ; et quoique, « pour le présent, il ne paraisse pas en avoir besoin, « il lui importe de pouvoir compter sur eux dans « l'avenir. Il y a à dire encore que la princesse a dix « ou onze ans de plus que le prince, et c'est beaucoup : « car, lorsqu'il deviendra homme , elle commencera « à vieillir, et ce n'est pas là un petit inconvénient. « En outre, et indépendamment dés liens étroits de « parenté qu'il y a entre eux, se marier avec une « personne à qui l'on doit le respect qu'on porte à « une mère, ressemble à je ne sais quoi. Enfin, bien « que la princesse soit très-jolie, je crois que l'archi- « duchesse satisfera ceux qui la verront. Les motifs « qui paraissent avoir déterminé, ou qui détermine- « raient le roi à ce mariage, sont que le prince est « jeune ; que la princesse est très-capable, et F&idera « à gouverner ; que , marié avec elle , le roi pourra « ou le laisser en Espagne, ou bien l'envoyer en Italie

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