‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 106 sur 170 · CHAPITRE VIII. 2<H · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 2<H

en rapport avec l'ambassadeur d'Espagne à Londres ; elle fut retenue par l'appréhension qu'il ne communiquât sa lettre à la reine Elisabeth (').

Tandis que Marie Stuart était dans ces dispositions, elle apprit que le cardinal de Lorraine , son oncle , venait de traiter de son mariage à son insu. Les choses s'étaient passées comme nous allons le dire.

L'empereur Ferdinand, après la mort de François II, avait envoyé à Paris le baron de Polweiler, avec la mission de complimenter le nouveau roi : c'était un gentilhomme de la Haute-Alsace, alors à son service, et qui passa depuis à celui de Philippe II. Polweiler, selon ses intructions, avait profité de son séjour à la cour de France, pour sonder le cardinal de Lorraine sur l'accueil que recevrait de la reine douairière une proposition de mariage entre elle et l'un des archiducs ( 2 ). Le cardinal, à la suite de ses pourparlers

buscar marido, y los tios de Francia, por respecto de la reyna, do lo habian osado proponer, y asi andaban todos inciertos.... » (Précis d'une dépèche de l'évoque d'Aquila à Philippe II, du 48 mars 1563 : Archives de Simancas, Estada, leg. 846.)

( 1 ) « .... Tambien dice Moreta que pensé la reyna de escribirme à mi una carta por comenzar a tener inteligencia conmigo, pero que lo dejo de hacer, temiendo queyo no lo dijese à esta reyna.... » (Lettre de l'évoque d'Aquila au cardinal de Granvelle, du 3 janvier 4562, ci-dessus citée.)

(*) Le comte de Luna écrivait de Vienne, le 24 mai \ 564 , à Philippe II : « Cuanto al casamiento del archiduque Carlos, me dijo (el emperador) « que lo que pasaba en este negocio era que, cuando Polvailler habia « ido a Francia à visitar al nuevo rey, el cardenal de Lorena hablando « con él, y viniendo de unas plâtieas en otras , le habia dicho que le « parescia que séria â proposito el casamiento del archiduque con la « reina viuda, etc. » (Arch, de Simancas, Estado, leg. 650.)

Ce texte n'est pas clair ; il laisse du doute sur le point de savoir si la

avec Polweiler, avait dépéché une personne de confiance à Marie Stuart, qui n'était plus à la cour, afin de connaître ses vues. Elle avait répondu : qu'elle s'en remettait entièrement à ses oncles et à leur mère du soin de lui conseiller la détermination qu'elle avait à prendre ; qu'elle suivrait leurs avis en petite-fille et nièce obéissante; qu'elle savait qu'elle pouvait se confier en eux, et qu'ils ne lui conseilleraient rien qui ne lui fût honorable, utile et avantageux ; qu'ayant plus d'expérience et de prudence qu'elle , ils connaissaient mieux ce qui lui convenait qu'elle-même ; qu'elle préférait enfin, pour tout dire, faire mal, en se conduisant selon leur avis, que faire bien d'une autre manière (*). Les choses n'avaient pas été plus loin pour le moment. Au mois de février 1563, le cardinal de Lorraine, qui assistait au concile de Trente, alla trouver l'empereur à Inspruck. Il lui dit que, s'il désirait qu'un

proposition vint du cardinal ou de Polweiler; mais la lettre de l'empereur du 9 mars 4563, dont on trouvera des extraits dans plusieurs des notes suivantes, prouve qu'elle fut faile par ce dernier.

(') « Tambien hizo el cardenal de Lorena mencion que sobre lo que ântes le habia hablado Polviler sobrel casa mi en to de su sobrina viudd de Francia y reyna de Escocia con mi hijo, que él luego habia despachado un criado de la dicha reyna, hombre muy confidente, para ella sobre el dicho negocio, el cual era vuelto, y traido respuesta que la dicha reyna su sobrina lo remitia todo a ellos, es à saber a su madré y hermanos, y que le aconsejasen, fuese 6 de casarse, 6 con quien, 6 de que matiera; que holgaria como su obediente nieta y sobrina, y que sabia que se podia confiar délias que do le aconsejarian cosa que no le fuese honrosa, util y provechosa, y que, como de mas edad y prudencia, sabrian mejor lo que le convenia que ella misma, y que aunque biciesen el contrario, se queria ântes dejar enganar por su consejo y seguirlo , que acertar de otra manera.... » (Lettre autographe de l'empereur à Philippe II, du 9 mars 4563 : Archives de Simancas, Estado, leg. 846.)

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