CHAPITRE IX
Il frappa ; Erasso vint savoir qui c'était, mais n'ouvrit point. Le duc fut obligé d'attendre plus d'une heure dans l'antichambre, confondu avec les officiers inférieurs du palais. Il en fut si mortifié qu'il prétexta des affaires de famille pour se retirer pendant quelque temps dans ses terres (*).
A l'époque où nous sommes parvenu, Philippe II avait tout récemment appelé à faire partie de son conseil un personnage qui bientôt y acquit la principale autorité : je veux parler de don Diego d'Espinosa, que, de simple conseiller au conseil de Castille, il fit gouverneur ou président de ce tribunal, le plus élevé de tous ses royaumes, en remplacement de Juan Rodriguez de Figueroa, mort le 25 mars 156S ( 2 ). L'impartialité et la loyauté d'Espinosa, la promptitude et l'habileté avec lesquelles il expédiait les affaires, le discernement et la droiture qu'il apportait dans le choix des candidats pour les offices ecclésiastiques et civils dont la présentation était un des attributs de sa charge, son détachement de toute espèce de passions et d'intérêts en dehors du service public, plurent tellement au roi Q, qu'il accumula $ur la tête de ce
t 1 ) Ces curieuses particularités sont consignées dans un mémoire que Tévéque de Limoges, Sébastien de TAubespine, envoya au cardinal de Lorraine, le 26 septembre 4560. (Voy. Négociations, etc., relatives au règne de François II, pp. 553-562.)
(*) Davila, Teatro de las grandezas de Madrid, p. 363.
( 8 ) « Il re era cosï fastidito e stanco délie parzialità del suo consiglio, cbe quando ha trovato uno libero da queste passioni e di buona intenzione, gli ha posto tutto il governo nelle mani. E veramente il cardinale è schietto e libero servitor del suo principe, senza dipendeuze e senza parentado di signori, il cbe è stimato molto dal re, ne fino a qui mostra
ministre les dignités et les honneurs : il le Gt inquisiteur général, lorsque, l'archevêque de Se ville, Fernando de Valdès, lui témoigna le désir, motivé sur son grand âge, de résigner ces difficiles et importantes fonctions ('); il sollicita et obtint pour lui, de Pie V, le chapeau de cardinal ( 2 ); il le gratifia de l'évêché de Sigûenza, l'un des plus riches d'Espagne ( 3 ), et tout cela en moins de trois années. Il n'y eut pas un second exemple, sous ce règne, d'une élévation aussi éclatante et aussi rapide ( 4 ).
di stimar molto l'intéresse suo particolare, ne di lasciar majorasco molto ricco in casa sua. Si affatica e travaglia grandemente, ed ha assai buon giudicio, ma non è molto pratico de' negozj di Stato, essendo poco tempo che li tratla; tuttavia per gioroatasi va accomodando. » (Relation de Sigismondo Cavalli, déjà citée, p. 480.) — « Parlando di questi (le cardinal d'Espinosa, le duc d'Albe et Ruy Gomez), dico esser nel cardinale molta diligenza e molto pensiero aile cose del suo re; è uomo di gran fatica, e perô il re sopra di lui scarica quasi tutti i negozj, con6dando dover aver da questa pcrsona, non molto oobile, più sincera relazione e più sincero parère che dagl' altri due.... » (Relation d'Antonio Tiepolo, de 4572, Relazioni, etc., série I, t. V, p. 218.)
( ! ) Au mois de novembre 4566.
(*) Au commencement de 1568. Dans une lettre du 47 avril de cette année au cardinal Alessandrino, l'archevêque de Rossano, nonce de Pie V à Madrid, lui fait part de la gratitude du président d'Espinosa pour sa promotion à fc dignité de cardinal, et du plaisir que le roi aussi en éprouve.
(*) L'archevêque de Rossano mandait au cardinal Alessandrino, le 4« r mai 4568, que le roi avait nommé le cardinal d'Espinosa évéque de Sigûenza. avec réserve d'une pension de 3,000 ducats pour lui, cardinal Alessandrino : ce qui n'empêcherait pas qu'il ne restât encore à Espinosa 400 écus à dépenser par jour.
(*) Dfjà le 26 janvier 4567, le garde des sceaux Tisnacq écrivait au président Viglius : a Et se dict vulgairement qu'il (Espinosa) a heu, « contre l'expectation commune, beaucoup de bonheur en peu de « temps. » Le 25 mai 4568, c'était bien autre chose : « Le président, • naguère cardinal, lui mandait-il, est évesque de Sigtienza, et s'entent