‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 148 sur 170 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Troubles dans les Pays-Bas. — Origine, causes et caractère de ces troubles. — Philippe II, à son départ de ces provinces, veut y laisser trois mille Espagnols, pour garder les places fortes ; mécontentement qu'en conçoit la nation. — Autres griefs des Belges. — Placards sur la religion. — Inquisition. — Ordres rigoureux donnés par Philippe. — Nouveaux évôchés ; causes qui les rendent impopulaires. — Jalousie des grands contre le cardinal de Granvelle, dont le renversement devient le but des efforts communs des mécontents. — Imputations dirigées contre ce ministre et dont l'histoire doit le justifier. — Le roi résiste d'abord à l'opposition, mais il finit par céder, et invite le cardinal à s'éloigner des Pays-Bas. — Mortification que Granvelle en

i éprouve. — Il quitte Bruxelles. — Situation des Pays-Bas après sa retraite. — État de la religion : calvinisme ; luthéranisme ; secte des anabaptistes ; répugnance des juges à appliquer les placards ; murmures du peuple lors des exécutions capitales ; protestante arrachés des mains des officiers de justice ; prisonniers délivrés par force ou évadés par la connivence ou l'incurie des magistrats ; refus de concours aux inquisiteurs ; progrès des idées de tolérance ; dépopulation du pays ; émigrations en Angleterre; machinations des émigrés contre le gouvernement du roi. — État des finances : vieille dette envers les gens de guerre ; emprunts faits par les villes de Flandre pour le roi ; sommes levées en Allemagne et aux Pays-Bas ; déficit dans les aides accordées par les états ; insuffisance du produit des domaines pour couvrir les dépenses de l'administration ; arriéré des traitements et des pensions; mauvais état des places fortes; impossibilité de payer l'entretien des détenus condamnés aux galères. — Envoi du comte d'Egniont en Espagne. — Accueil qu'il reçoit du roi, de la famille royale et de toute la cour. — Réponses du roi sur les points mentionnés en son instruction et les représentations particulières qu'il y a ajoutées. — Faveurs personnelles sollicitées par Egmont et que le roi

lui accorde. — La duchesse de Parme nomme une commission composée d'évêques, de magistrats et de théologiens, pour discuter les questions que soulève l'état de la religion. — Résultats des délibérations de celle-ci : elle propose des modifications dans l'application des placards. — Publication du concile de Trente. — Aplanissement des difficultés que l'érection des nouveaux évéchés avait fait naître. — La duchesse envoie au roi les délibérations des évoques, des magistrats et des théologiens ; elle lui propose la révision des instructions des inquisiteurs, la nomination de nouveaux membres du conseil d'Etat, et la subordination à ce conseil des conseils privé et des finances. — Fray Lorenzo de Villavicencio : quel était ce moine ; ses voyages ; ses écrits et ses sermons contre les protestants ; ses démêlés avec le magistrat de Bruges; ses lettres au secrétaire Erasso et au roi ; son départ pour l'Espagne ; influence qui peut être attribuée à ses rapports, à ses conseils et à ses exhortations sur les déterminations de Philippe II. — Le roi se prononce contre toute modification aux placards ; il n'admet pas la subordination des conseils privé et des finances au conseil d'État ; il augmente d'un seul membre ce dernier conseil, et son choix ne tombe sur aucun des candidats présentés par les seigneurs ; il réitère les ordres donnés par lui précédemment pour l'exécution d'anabaptistes prisonniers; il ne veut pas que le moindre changement soit apporté à l'exercice de l'inquisition. — Murmures que ces résolutions excitent. — Écrits contre le roi et la religion semés dans le pays. — Irritation des seigneurs. — Le prince d'Orange, le marquis de Berghes, le comte d'Egmont, déclarent qu'ils n'exécuteront pas les ordres venus de Madrid; lettre du comte d'Egmont au roi. — Requête des quatre chefs- villes deBrabant contre l'inquisition. — Confédération des nobles. — Assemblée des seigneurs à Breda et Hoogstraeten. — La duchesse de Parme appelle à Bruxelles les chevaliers de la Toison d'or et les gouverneurs. — Requête que lui présentent les confédérés. — Sa réponse. — Envoi à Madrid du marquis de Berghes et du baron de Montigny.

Cependant des événements de la nature la plus grave se passaient dans les Pays-Bas.

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