‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 117 sur 358 · Lettre de l'évoque de Limoges, du 3 janvier · texte numérisé non relu

Lettre de l'évoque de Limoges, du 3 janvier

mari, et partiouliènMiicnt ses prétentions sur le royaume (l'Angleterre *.

Plus tard, lorsqu'il eut vu un portrait de sa cousine Anne irAutriche, il la trouva si à son gré qu'il exprima résolument l'intention de Tépouser et de n'en épouser pas d'autre : on l'entendit déclarer, à cette occasion, qu'en toutes choses il obéissait au roi son père, mais qu'en Ce qui concernait son mariage et le choix de celle avec laquelle il devait passer sa vie, cela le regardait; il dit encore qu'il ne, croyait point que le roi voulût mettre obstacle à son bonheur, ni le contraindre à se marier avec une femme qu'il n'aimerait pas 2. D'autres faits semblent prouver. qu'il avait vraiment conçu un attachement sérieux pour l'archiduchesse, sans la connaître. Nous citerons le suivant. Il se trouvait au château de Valsain, dans le bois de Ségovie, avec le roi et la reine, au mois d'août 1565. Une aprèsdinée, la reine le fit monter avec elle et plusieurs dames de

1. « La royne catholique et moy avions mis peync de pénétrer, par tous les moiens que nous avons peu, au secret de ce mariage delà royne d'Escosse avec le piince d'IIespaigne.... El remémoroys là-dessns plusieurs clioses : premièrement, ce que, à ce propoz, le susdict prince avoit dict à la royne calholicquo, qu'on luy avoit parlé de troys partys : l'ung de Ma'lame, l'auUre de la fille aisnée du roy des Romains, et le tiers de la royne d'Ecosse; et discourant les occasions qui le convieroient d'eptendre à Tung ou l'autre dos troys, avoit dicl rie ce dernier qu'on ravoit assenré qu'elle esloit fort belle : joinct que, ayant d'assez longtemps faict sonder de ce propoz le confesseur, il avoit respondu n'y avoir pour encores rien en termes ; toulesfois, que la consommation n'en seroit qae proffitable au bien de la chrestionté, pour tenir en bride la royne d'Angleterre et ses subjectz , et avoir par ce moyen ung bon pied dedans ceste isle, pour la réduire ung matin, ou de gré ou de force, à l'obéissance de TÉglisp, et que ladicte royne d'Escosse avoit de si bonnes prétentions en Angleterret que le parly en pourroit estre à l'advenir bien fort grand. » (Lettre secrète do Saint-Sulpico, du 11 octobre 1563.)

± Voy. les lettres du S^ de Ghantonay, ambassadeur à Vienne, écrites à Philippe II, le 20 mai et le 30 juin 1565, dans les Papien éCÉtat du cardinal de Granvellef t. IX, pp. 213 et 377.

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