CHAPITRE I
Sa délivrance avait été laborieuse, car les douleurs n'avaient pas duré moins de deux jours; mais son état était tout à fait satisfaisant *. Philippe s'empressa d'envoyer à Tempereur, pour lui porter cette bonne nouvelle, Ruy Gomez de Silva, son écuyer tranchant, et déjà alors son favori *.
La joie que répandit dans toute l'Espagne la naissance d'un futur héritier de la monarchie se changea bientôt en affliction universelle. Quatre jours après son accouchement, la princesse mourut. Les historiens espagnols ne nous explir quent pas les causes de cette mort inopinée; ils font seulement supposer qu'une imprudence y eut quelque part ^.
Il est plus aisé de se figurer que de dépeindre la douleur où Philippe fut plongé par la mort de sa jeune épouse. Il se retira au monastère de TAbrojo, près de Valladolid, où il passa trois semaines sans voir personne. Le 2 août, eut lieu le baptême de l'infant, qui fut appelé Carlos, du nom de son aïeul. Ce fut l'évéque de Carthagène* qui lui administra ce sacrement. Les* parrains fêtaient l'évéque de Léon et don Alejo de Meneses, grand maître delà princesse défunte; la marraine sa camarera mayor^ dona Margarita de Mendoza.
1. « La princesa coniinuô su prefiado con salud, hasta que ayer, à medianoche, plugo à Nuestro Senor alumbrarla con bien de un hijo ; y aunque tuYO el parto trabajoso, porque doré cerca de dos dias, ha qucdado • muy buena... » (Lettre du prince Philippe à l'empereur, écrite de Valladolid, le 9 juillet 1545, dans la Coleccion de documentot inéditos para la historia de Eèpanay t. XXVI, p. 467.)