CHAPITRE XI
à don Alonso de Cordoba, gentilhomme de sa cliambre, fils éo marquis de las Navas, en lui disant qu'il y avait plus de • six iriois qu*il en avait envie, et cela sous prétexte de certaines paroles de don Alonso qui lui avaient déplu *. Une autre fois il menaça de son poignard don Fadrique Enriquez, son majordome *. En présence de ces faits bien constatés, et lorsque Dous voyons figurer, dans les comptes des dépenses de don Carlos, des indemnités payées à des personnes dont les enfants avaient été battus par ses ordres *, nous ne
» esto sabe este téstigd, porqiie ôstaba en la dicha guardaropa, y lo yi6 » ansi pasar. »
La dépositkm de- Pierre Laynes -confirme que le prince dit 4 Lobon a palabras malas. »
Pedro de Bilbao dépose qne le prince « le dijo mncbas palabras feas, » eon ira y enojo. » Il ajoute qall congédia Lobon, « por ciertas ocasiones » que tuvo, que no se pueden declarar. »
D'après les points d'interrogatoire sur lesquels les témoins furent entendus* ce fait se serait passé une année et demie environ avant la mort de don Carlos (ano y mediOj poco mas à menos, antes que el principe fallesciese)^ par conséquent au commencement de 1567.
(Voy. Coleccion de doeumentosinéditosteic, t. XXVII, pp. 130 etsuiv.)
1. Cabrera (Felipe II, liv. VII, chap. xxii, p. 470) raconte ce fait d'une autre manière; il dit que don Alonso de Gôrdoba, qui couchait dans sa chambre, n'ayant pas répondu à un coup de sonnette, don Carlos se leva furieux, prit don Alonso par les bras, en intention de le jeter dans le fossé du palais, et qu'aux cris de ce gentilhomme, des serviteurs du prince accoururent qui Fempèchèrent d'exécuter son dessein*. Nous avons préféré la version qu'en donne l'ambassadeur de Florence, Leonardo de Nobili, dans une lettre du 24 juillet 1567 au duc Côme de Médicis, que nous avons déjà citée ; voici comment il s'exprime : <£ A don Alonso di M Cordova, figliuolo del marchese de las Navas, pur délia sua caméra, » dette nno schiaffo, con dire che ne ave va patito voglia più di sei mesi » per certe parole che aveva ^ette.... » D'après une lettre du baron de Dkip^chstein à l'empereur, du 10 mars 1567 (Kogh, Quèllen, etc., p. 183), le fait s'était passé quelques jours auparavant.
â. « .... Minacciè a questi giorni di pugnalata D. Federigo Ënriches, suo ttajôrdomo et fratello del prior don Antonio.... » (Lettre de Nobili, du 24 inillet 1567.) ^- Voy. aussi la lettre du docteur Hernando Suarez de Toledo dont nous donnons plus loin, dans le texte, la traduction.
3. (c El 15 del dicho mes (octubre 1566), diô à Damian Martin, padre
296 DOtl CARLOS £T PHILIPPE II
trouvons rien d*in\TaisembIable à ce que raconte Cabrera, * qu'un peu d'eau lui étant tombée sur la tête de la fenêtre d'une maison devant laquelle il passait, il commanda qu*on brûlât ' la maison et qu'on en mit à mort les habitants : cet historien ajoute qu'il fallut imaginer l'entrée du saint viatique au moment où l'on allait exécuter sa volonté, pour se justifier auprès de lui de ne l'avoir point fait *.
Le caractère violent et cruel de don Carlos se manifestait jusques envers les animaux. Il s'enferma un jour, pendant cinq heures, dans ses écuries , et lorsqu'il en sortit, une vingtaine de chevaux étaient en l'état le plus déplorable, par suite des mauvais traitements qu'il leur avait fait subir*. Son père avait un cheval qui lui plaisait au point qu'on l'appelait le favori : don Carlos demanda au grand écuyer, le prieur don Antonio de Tolède, de le voir, jurant qu'il ne lui ferait aucun mal. Le prieur céda à son désir : il traita ce cheval de façon que la pauvre bête mourut peu de jours après 3.
A côté de ces actions où la méchanceté le dispute à l'extravagance, il nous faut pourtant placer quelques traits qui
» de las nifias pegadas por mandado de Sa Âlteza^ cien reaies de li- » mosna. »'(Arch. de Simancas : Contadurias générales, leg. 1110.) Dans la Coleecion de documentas inéditos, etc., t. XXVII, p. 101, on lit ' pagadaSy qui n'a pas de sens, an lieu de pegadas, que nous trouvons dans la copie qui nous a été délivrée aux Archives de Simancas.
1. » Porque le cayô de una ventana un poco de agua, embiô la gnanla para quemarla i matar los moradorcs ; i bolyieron diziendo (pan satisf azérie) entraba el santissimo sacramento^ del yiàtico en elU, i respetaron por esto sus paredes. » (Liv. VII, rhap. xxii, p. 470.)