Lettre de Fourquevaulx à Charles IX, du 24 avril
4. Voy., dans la Correspondance de Philippe II sur les affaires des lyS'BaSy t. II, p. 29, lajiettre du 9 juin. 1568 où le duc rend compte au
*oi de ce qu'il a fait a pour l'exécution des ordres qu'il lui donna à son » départ. »
Les détails contenus dans la lettre du duc d'Albe sont confirmés par ce que e nonce du pape à Madrid, l'archevêque de Rossano, mandait au cardinal \les8andrino, le 28 septembre 1567. L'archevêque écrivait qu'il avait eu, a veille, une audience du roi; que S. M. lui avait dit que, pour parve- :iir à ses fins, il fallait d'abord lever l'obstacle occasionné par la présence le certains chefs; que pour cela il avait donné commission au duc de prendre ceux qu'il avait pris, et de faire les autres actes qui se faisaient. I^oici le texte : « Hieri parlai a Sua Maestà longamente, e rallegrandomi > delli bnoni successi di Fiandra, mi rispose che già mi haveva più vollo » detto che in questa cosa vuole fare da vero, il che non si poteva farp » se non si levava l'ostacolo di certi capi, e perô ha date quella commis- "^ sione al duca di pigliar quello che a preso, e far deli' ^Ure provisioni "» che si fanno, etc. » (MS.« de la bibliothèque nationale de Madrid, X 172, t> . 449.)
:m DON CARLOS ET PHILIPPE H
Le prince (l*Espagne se trouvait aussi à Aranjue2 i;te duc d'Âlbe ne put se dispenser de prendre congé de lui. Don Carlos avait vu avec un extrême déplaisir la nomination du duc •; dès qu'il l'aperçut, il entra en colère, lui dit que c'était à lui, don Carlos, de partir pour les Pays-Bas, et le menaça de le tuer s'il prétendait faire ce voyage. Le duc lui représenta que la vie de l'héritier présomptif de la couroDoe était trop précieuse pour qu'on Pexposàt dans une pareille entreprise; que le roi l'envoyait aux Pays-Bas afin qoeoes provinces fussent pacifiées quand Sa Majesté s'y transporterait; qu*alors Son Altesse pourrait y accompagner son père, si elle n'était pas nécessaire au gouvernement de l'Espagne; que lui-même il supplierait le roi de donner satisfaction aux vœux du prince et à ceux de l'empereur, son oncle, à eet égard ; enfin qu'il ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour lui complaire et le servir. Ce langage respectueux ne toucha point don Carlos, qui tira son poignard : « Vous n'i- » rez pas en Flandre, lui cria-t-il, ou je vous tue I » Le duc lui saisit les bras de manière à l'empêcher d'exécuter son dessein. Le prince essaya de lutter quelque temps ; l'impuissance de ses efforts et la fatigue l'oljigèrent d'y renoncélr. Mais bientôt après il se lança avec une nouvelle furie sur le duc, pour le frapper de son arme. Le duc le retint de nouveau, jusqu'au moment où, un gentilhomme de la châiribfe étant entré, don Carlos se retira ».