‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 46 sur 358 · CHAPITRE IH M · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH M

étroite prison. Philippe notifia ses intentions au chapitre .métropoUtain.

Le 22 février, à neuf heures du matin, le cortège royal partit du palais, pour se rendre à la cathédrale. Don Carlos, vêtu avec magnificence, montait un cheval blanc richement enharnaché et caparaçonné ; à sa gauche était don Juan d'Autriche : la bonne mine, la tournure élégante du fils naturel de Charles-Quint, contrastaient avec l'attitude disgracieuse et le teint blême du prince des Asturies *. Devant eux allaient Alexandre Farnèse, l'amiral de Castille, les comtes de Benavente et d'Uruena, les ducs de Nâjera, d'Albe, de Francavilla, les marquis de Villena, de Dénia, del Cenete, de Mondejar, de Comarès, le maître de Montesa, les deux prieurs de Saint-Jean (de Castille et de Léon) et une foule d'autres personnages de marque, qui, à la grande satisfaction du prince 2, rivalisaient par la richesse de leurs vêtements, tout étincelants d'or et de pierreries, la beauté de leurs chevaux, le luxe de leurs harnais, de leurs selles, de leurs housses, parmi lesquelles il y en avait dont la valeur était déplus de deux mille ducats 3. La princesse dona Juana venait en litière, après don Carlos, entourée de ses dames*. Le roi était à cheval : quatre rois d'armes avec quatre massiers le précédaient, et le comte d'Oropesa, un peu en avant de lui, portait Tépée à Tépaule, qui était découverte. Une attaque "^ petite vérole obligeait la reine à garder ses apparte-

■ ** Con mal color de quartanario, » dit Cabrera. ' ^^ «.. Contentando al principe, que gustaba mucho dello. » (Cabrera.) va/ ^ - .. Avia gualdrapas de dos rail ducados de costa, sin computar

1 » ^^ piedras... » (Ibid.) 1^ ' . ^ yeuses, dit Cadrera, de ce que les dames françaises de la cour de „ 5^^ Elisabeth n'assistaient pas à la cérémonie. * -^BRERA, Felipe //, liv. V, chap. vu, pp. 24ô et suiv.

U DON CAHLOS ET PHILIPPE li

Le chapitre métropolitain s'était empressé de faire les dispositions nécessaires pour l'imposante cérémonie qui allait s'accomplir. Le chœur de la cathédrale avait été entièrement tendu de brocart. On avait construit, au bas delà nef, une estrade de huit degrés de hauteur et de quarante pieds en carré, couverte d'épais tapis. Au centre de cette estrade s'élevait, sous un dais, un autel orné de drap d'or frisé; à la droite de Tautel était un autre dais sous lequel on avait placé trois fauteuils et trois coussins de drap d'or : le fauteuil du milieu pour le roi, celui de droite pour la princesse, celui de gauche pour le prince. Du coté de la princesse et à quelque distance eii dehors du dais, il y avait un tabouret pour don Juan d'Autriche. En face de l'autel, était un fauteuil garni de velours cramoisi, destiné au cardinal-archevè- ({ue de Burgos; vis-à-vis de ce fauteuil, une petite table où l'on voyait le livre des Évangiles ouvert, avec une croix d'or au-dessus; devant la table, un coussin, aussi de velours cramoisi , sur lequel s'agenouilleraient ceux qui devaient prêter serment. Au bas de l'estrade, on avait disposé des bancs — plus ou moins richement garnis, selon la qualité des personnages qui allaient s'y asseoir — poOr les ambassadeurs des puissances étrangères, les prélats, les grands, les gentilshommes titrés et les procuradores des villes. Le milieu de la nef était vide *.

Le cortège étant arrivé à l'église, chacun prit la place qui lui était destinée. Le marquis de Mondejar, comme officier des fiefs, se tint debout, à gauche de la table où était déposé le livre des Évangiles, ayant auprès de lui trois conseillers au conseil royal de Castille, quatre conseillers au conseil royal d'Aragon, les uns et les autres appelés pour servir de

Page 1