CHAPITRE V
afin de leur présenter le prince, son fils, et de le faire reconnaître par elles pour héritier de la couronne d'Aragon, aussitôt après que les cortès de Castille lui auraient prêté serment, en qualité de prince des Asturies *. Les représentants de ces trois royaumes ^ n'avaient pas été réunis depuis Tannée 1552, quoique, d'après leurs fueros^ ils le dussent être tous les cinq ans au plus tard^; ils s'en plaignaient avec vivacité. Lors de l'abdication de Charles-Quint, ce n'avait pas été sans résistance que les Aragonais avaient consenti à admettre le nom et l'autorité du nouveau roi ; leur opposition se fondait sur ce que, aux cortès de Monzon, en 1542, Philippe avait bien été reconnu pour successeur à la couronne d'Aragon, mais seulement « après la mort » de k reine dofia Juana, son aïeule, et du roi Charles, son père ♦.
La fièvre prolongée de don Carlos et la maladie qui fut la suite de sa chute à Alcala ne permirent au roi de réaliser ses intentions, ni en 1560, ni les deux années suivantes ^.
1. C'est ee qui résulte des dépêches de Sébastien de l'Aubespine, évêque de Limoges, publiées dans les Négociations, lettres , etc., du règne de François //, par M. Louis Paris, ainsi que des lettres du garde des sceaux Tisnacq et du secrétaire Courtewille. •
2. « Li regni di Aragona, di Valenza e di Catalogua, sebbene questo anzi ha titolo di contado o principato, » dit Francesco Soranzo dans la relation de son ambassade en Espagne pendant les années 1597 à 1602. (Relazioni dêgli Stati europei lette al senato dagli ambasciatori veneziani nel seeolo XVn^, publiées par MM. Barozzi et Berghet, Venise, 1856, t. L p.
3. a ..• Ogni volta che il re vi va a tenere le cortès, che dovrebbe essere ad più tard! ogni cinque anni... » (Relation de Girolamo Soranzo sur son ambassade en Espagne, dans les années 1608-1611\ ibid.)
4. Historias ecclesiàsticas y seculares de Aragon, por Vincencio Blasgo BE Lanuzà, Saragosse, 1622, in-fol., t. I, p. 378 ; t. Il, p. 3.
5. Philippe écrivait à Granvelle, le 17 janvier 1561 : a El principe va » mejorando, aonque todavia le tiene su cuartana. Por una de las cosas » que deseo que se le quite, es por lleyarie à jurar à Aragon ; » et le
Quand son flls fut rétabli, il se vil arrêté par d'autres obsta clés. Ce monarque, dont la puissance et les richesses faisaien l'admiration et l'envie de l'Europe, était dans des embarra d'argent continuels. Non-seulement ses revenus étaien engagés jusqu'à concurrence de près de vingt millions d ducats, mais encore il devait aux marchands d'Espagne, d Flandre et d'Allemagne sept millions de ducats empruntés ; de gros intérêts ; la solde de ses troupes de terre et de me: était arriérée de plus de deux millions * ; depuis son dépar des Pays-Bas, sa maison n'avait pas été payée * : en vu mot, selon sa propre expression, il se trouvait sans un seu réal pour faire le voyage ^ ; et se montrer à ses peuple! d'Aragon, de Catalogne, de Valence en prince nécessiteux c'était compromettre sa dignité et donner matière à des discours qui porteraient atteinte à sa réputation *. Sa présent dans cette partie de ses États était pourtant indispensable indépendamment de la réception du prince, il avait à ^ régler, de concert avec les cortès, des questions importante pour la bonne administration du pays; il fallait aussi obten d'elles des subsides qu'elles n'avaient pas votés depuis on»
6 octobre suivant : « Yo voy previniendo todo lo necesario para la yda ; » Monçon al verano, aunqne en la indispusicion del principe do hay me 3> joria, qae viene mal â propôsito, etc. » (Papiers dÈtat du eardinal d Granvelle, t. VI, pp. 268 et 375.)
1. Voy., dans les Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. VI pp. 156 et saiv.,le tableau de sa situation financière envoyé par Philippe au cardinal, el 7 septembre 1560.
2. Lettre de Philippe II à Granvelle, du 13 juin 1563, dans les Papier d'État etc., t. VII, p. 83.
3. a .... La mayor dificultad que en esto ay, es no tener un real con qc ir.... » {Papiers d'État, etc., t. VII, p. 83.)
4. a .... AUI no se sufre estar sin dinero y pasando las yergûen ] aqui se pasan cada dia, aunque yo estoy determinado, quando no otro remedio, de irme solo ô como pudiere, aunque no déxarà de ser poca reputacion, y dar que decir en todas partes.... » {Ihid,)