CHAPITRE V
Honzon était une très-pettte ville d'Aragon, « un trou, » comme l'appelait le secrétaire d'État flamand de Courtewille ; mais up antique usage voulait qu'elle fut choisie pour la réunion générale des représentants des trois royaumes qui dépendaient de la couronne d'Aragon; ils y avaient Je local de leurs séances dans la principale église du lieu. Philippe y aarriva le 12 septembre; le jour suivant, il flt l'ouverture des certes *. Dans le discours qu*il leur adressa, il s'excusa , sur son mariage d'Angleterre, sur la guerre des Pays- Bas, sur la maladie du prince et sa chule, de ce qu'il avait été onze ans sans les réunir, et il leur promit de le faire, dorénavant, aux époques accoutumées ; il les pria ensuite d'expédier, avec toute la célérité possible, les affaires dont elles auraient à s'occuper, afin qu'il pût retourner en ses autres pays, où sa présence était nécessaire. Quatre jours après, se fît la proposition sur laquelle les certes étaient appelées à délibérer : elle avait pour principal objet les subsides ; le roi se promettait de la fidélité et du dévouement de ses peuples d'Aragon qu'ils auraient égard aux besoins pressants de l'État. 11 était de règle que les certes siégeassent journellement, de neuf à onze heures du matin, et de trois à cinq de l'après-midi : il demanda que, pour accélérer leurs travaux, elles y employassent deux heures de plus chaque jour, en entrant en séance le matin à huit heures, et Taprèsdiner à deux ^.
1. oc Noos sommes enfin arrivez en ce trou de Monchon, qu*esl une petite ville bien mal plaisante et où nous sommes bien estroitement. » (Lettre de Conrtewille à Viglius, du 17 octobre 1563.)
Monzon dépend aujourd'hui de la province de Htiesca et de Tévêché de Lerida. Selon le Dictionnaire géographique de M. Madoz, elle compte 486 maisons, 4S0 chefs de famille et 2,597 habitants.
2. Nons suivons ici les indications de Tisnacq. D'après la lettre de Gio. Soranzo ci-dessus citée, Philippe serait arrivé à Monzoa le 19, et aurait ouvert les cortès le 14.
3. Lettre do Saiçt-Snlpice à Catherine de Médicis, écrite de Balbastro,
La vériGcation des pouvoirs des députés et les autres formalités préliminaires qu'exigeait la tenue des cortès D( durèrent pas moins d'un mois ^ Ces opérations terminées, l'assemblée entama l'examen des propositions royales. .Avanl d'en délibérer, elle décida que trois choses seraient réclamées du souverain : la première, qu'à l'avenir il choisit, aussi bien dans les pays de la couronne d'Aragon que dam les autres provinces de la monarchie, les ofBciers de ; maison *; la seconde, que les gouvernements et offices principaux de ces pays, ainsi que des royaumes qui en formaien des annexes (les Deux-Siciles, la Sardaigne, Majorque e Minorque), fussent réservés pour les naturels de ces pays e royaumes; la troisième, qu'il' fut pourvu aux empiétements de l'inquisition, laquelle citait devant son tribunal, en u foule de cas qui étaient étrangers à la foi, des citoyen: appartenant à tous les ordres de l'État ^. Ils firent aus
le 11 octobre 1563. — Lettres deTisnacq à la duchesse de Parme et Viglius, écrites d'AlmoDia, près de Monzon, le 15 octobre.