CHAP1THE XV
president du conseil royal : celte fois il eut un refus positif, et on lui lit comprendre que ses sollicitations étaient importunes ('). Dessa repartit pour Lisbonne le 5 mars (•).'
Le courrier expédié par Philippe H à Paris arriva dans celte capitale le 5 février, en même temps que deux autres courriers, porteurs de la correspondance du seigneur de Fourquevaulx pour la reine-mère cl le roi Charles ( 3 ).
Les lettres de Fourquevaulx ne contenaient rien de certain sur les causes de l’arrestation de don Carlos : cet ambassadeur se bornait à transmettre sa cour les bruits qui circulaient dans le public, et c’était que le prince voulait attenter à la vie de son père; qu’il avait formé le dessein de faire soulever quelques-uns des Etats du roi et de se mettre à leur tète ; qu’il avait eu des intelligences avec les Flamands, et en particulier avec le seigneur de Montigny. Mais tant de choses diverses se racontaient, que Fourquevaulx n’en pouvait croire la dixième partie. Vainement il avait tâché d’avoir des détails plus précis : il n’y avait pas six personnes qui connussent la
(’) • L'ambasciator, havula questa risposta, torno al re, supplicaudn S. M. che ronlenlassedi lasciarli vederet parlar col principe, per [roi or meglio riferir il tullo alla sua regina : ma esseudoli uegalo con parole ambiguë, lui non si acquelo et bisogno chu il présidente gliclo dictvso con parole aperte, moslrando qualcho ressentimenlo per tanta irnpor-
tunitâ • (Lettre de Sigismondo Cavalli au doge do Venise, du
3 mars.)
( ! ) Lettre de Fourquevaulx à Charles IX, du 9 mars 1508.
(•) Lettre de don Francés d'Alava a Philippe II, du lü février 1568. (Arrh. de l'Empire, a Paris, collection de Simancas, Il ïi •’.)
vérité; la reine Elisabeth elle -même l’ignorait (').
L’ambassadeur d’Espagne à Paris, don Franeés d’Alava, n’avait pas encore ouvert ses dépêches, et déjà la nouvelle de l'emprisonnement de don Carlos était publique à la cour et dans toute la ville : les commentaires auxquels elle donnait lieu n’étaient pas généralement, il faut le dire, à la louange, du roi catholique ( J ). Alava crut devoir attendre quelques jours pour aller trouver la reine-mère et le roi de France, quoique Catherine de Médicis lui eût fait exprimer le désir de le voir plus tôt par le cardinal de Santa Croee, dont elle se servait volontiers en ces sortes d’occasions (’). Le roi très-chrétien et sa mère, à l’arrivée des courriers, avaient débité, sur l'arrestation du prince. d’Espagne, toute sorte de choses conlrouvécs : il voulut, en différant sa visite,
(') Lettres de Fourqucvaulx à Charles IX et à Catherine de Médicis, des <9 et Si janvier, dans l'Appendice B.
(*) « A los V llego aqui el correo que vino despachado de Vuestra Mageslnd. en compaùia de otros dos que Fourquevaulx despacbô à esta reyna. Algunas horas antes que yo abriesse mi despacho, esluvo ya divulgada en la casa deste rey y en esta villa la retencion de Su Alteza,que no ha dadopoco tronido y alegn'a grande a los malos, discurriendo y ecbando juyzios à lo peor.... * (Lettre d'Alava à Philippe II, du 16 février 4568.)
(•) • .... Me solicité esta reyna por rodéos, hasta embiarme al eardenal Sancla Cruz, que es su instrumente principal dcslas cosas.... • ( Ibid .)
l’rospero de Sanla Croee, d'une noble famille romaine, était nonce en France; il l'avait été précédemment en Allemagne et en Portugal. Il devait à Catherine de Médicis l’archevêché d’Arles et le chapeau de cardinal. Granvelle, qui l’avait connu à l’université de Padoue, écrivait è Philippe II, le 6 octobre 4560, qu’il était, comme tous ceux de sa famille, français avec passion [apasionado franccs) et ennemi public de l’Espagne. [Vapitrt rt'Èlal, etc., t. VI, p. 49i.)