‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 109 sur 172 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

juger si le contenu de la lettre justifie la curiosité qu’elle a si fortement excitée.

Philippe la commençait en remerciant le pape des consolations précieuses et des sages avis qu’il avait puisés dans sa réponse. Il rappelait au souverain pontife ce qu’il lui avait écrit le 20 janvier, et qui avait pu lui faire comprendre que ni la colère, ni l’indignation, ni quelque faute dont le prince son fils se serait rendu coupable, n’avaient motivé la mesure prise contre lui : mesure qui n’avait pas eu non plus pour objet de le punir, ou de réformer sa conduite. Il avait alors omis à dessein de dévoiler à Sa Sainteté certaines choses particulières, pensant bien qu’il aurait plus tard l’occasion de l’en entretenir. Mais à présent, désirant satisfaire Sa Sainteté au sujet de toutes ses actions, et principalement des plus considérables, mettant aussi en elle, comme en un véritable père, une confiance sans limites , il venait lui déequvrir entièrement ce qu’il y avait dans le fait du prince : elle pourrait, de cette façon, saisir sans peine le motif elle but du parti qu’il avait adopté.

« J’ai, disait-il donc, j’ai plus d’une fois considéré le fardeau que Dieu m’a imposé à raison des États et des royaumes dont il a daigne me confier le gouver-

tan particularmenle cou él en es!e caso del principe, para que entieuda de fundamento lo que en él hay, y no esté suspenso ni devajo'de juicio y sospecha de otras cosas que en este negocio se discurren, y lenga satisfaccion del fundamento y fin que se tiene; y aunque por agora no conviene para con los demis hacersc esta declaraeion. con Su Sanlidad •

es justo y decente se Irate con esta confîanza y claridad. » (Lettre du 13 mai 1368 : Arch. de Simancas, Eslailo, leg. 906. )

notnent el l’administration, afin que j’y maintienne intactes la religion orthodoxe et l’obéissance au sainlsiége, que j’y fasse régner la paix et la justice , et qu’après le peu d’années que j'ai à passer dans ce monde, je les laisse en un étal de stabilité et de sûreté qui garantisse leur conservation durable. Cela dépend surtout de la personne qui sera appelée à me succéder. Or il a plu à Dieu, pour mes péchés, que le prince eût tant et de si grands défauts, les uns procédant de son intelligence, les autres de son naturel, qu’il est complètement dépourvu de l’aptitude requise pour le gouvernement des Etats. Je prévoyais, en outre, si la succession au trône venait à lui échoir après moi, de graves inconvénients etdes dangers manifestes contre lesquels tout viendrait se heurter. Dans ces circonstances, et après qu’une longue et particulière expérience, après que l’inutilité de tous les remèdes qui avaient été essayés , eurent fait reconnaître qu'il ne fallait attendre de lui que peu et même point •

d’amendement ; qu'ainsi il n’y avait aucun espoir que les maux qui avec raison étaient à craindre pussent par l’effet du temps être prévenus, il a été jugé nécessaire de l’enfermer, pour ensuite et avec maturité examiner, selon l’exigence de la chose, les moyens d’arriver à mes fins, sans encourir le blâme de personne. »

Philippe suppliait le saint-père de ne laisser transpirer rien de ce qu’il venait de lui confier, quoiqu'on dût le divulguer plus tard, et quels que fussent les discours et les jugements du public sur la réclusion du prince. Il lui confirmait ce qui lui avait été dit par

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