‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 128 sur 172 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Mais Philippe II était implacable. Il avait bien voulu, sur l’avis de scs théologiens, consentira ce que la communion fût donnée à son fils ; par là on imposait silence aux ennemis de l’Église qui , dans scs royaumes et à l’étranger, cherchaient à faire croire que le prince était imbu des nouvelles doctrines religieuses (') : il n’entendait, pour le surplus, modifier en rien ses résolutions précédentes. Afin que, à la cour de Vienne, on ne déduisit point de cet acte des conséquences trop favorables à don Carlos, il écrivit à l’impératrice sa sœur que, si le prince avait été admis à la communion, ce n’était pasqu’on eût reconnu en lui les dispositions d’esprit et de cœur qu’un sacrement aussi élevé exigeait, c’était parce que son confesseur, à qui l’on s’en était remis, l’avait jugé ainsi convenir ( 2 ). « Comme quelques-uns, ajoutait-il, ont « voulu inférer et tirer argument de là qu’il n’y a pas « défaut de jugement dans la personne du prince, « j’ai cru devoir faire connaître à Votre Altesse la « manière dont les choses se sont passées, et le motif « qui m’a déterminé, afin qu’elle en soit instruite et « en puisse instruire l’empereur. Vos Altesses consi-

• nec dosunt qui sperent brevi fore ut liberetur, vel ferle laxius « habeatur : quod posterius salis mibi fil verisimile.... » (llopperi Epùlolae ad Viglium, p. 472.)

(’) Lettre de Fourquevaulx, du 8 mai, ci-dessus citée.

{*) « .... No embargante que ni yo ni las personas que asislen al principe estàbamos muy satisfechos de que en él huviese disposition para ello, paresciendo à su confesor que era mas pio y sano consejo administrârselos, se le remitio, y asi se le administraron.... « (Lettre du 49 mai 4868, citée pp. 670 et 574 )

« doreront que c’csl là une question de temps; qu’il « y a des moments ou l'esprit est plus sain que dans « d’autres, et que les imperfections de ce genre doivent « être envisagées d’une manière toute différente rela- « livcmcnt à ce qui louche le gouvernement et les « actions publiques, ou au point de vue des actes « personnels et de la vie privée : car il peut très-bien « se faire qu’on soit entièrement incapable des pre- « micrs, et que dans les autres on se conduise d’une « manière passable et tolérable. Vos Altesses com- « prendront donc que cet acte particulier n’est pas en « opposition avec le défaut d’entendement que, pour « mes péchés, Dieu a permis qu’il y ait en mon « fils 0). » Philippe transmit des explications semblables à son ambassadeur à Rome, en le chargeant de les communiquer au saint-père, si Pie V, qui serait indubitablement informé par son nonce de ce qui venait d'arriver, croyait devoir l’en entretenir : son intention était, du reste, que don Juan de Zûniga

0 « Porque algunos han querido inferir y haeer argumento dosto, que en la persona del principe.no hay defecto en el juicio, .... ha querido advertiràV. A. do como esto ha pasado, vdel fin que en ello se ha teoido, para que lo sepa y pueda decir al emperador, y que juntamenle considercn VV. AA. que esta es maleria que tiene tiempos, en algunos de los quales hay mas serenidad que en otros, y que asimismo es diferente cosa el tratar destos defectos en respecte de lo que toca al govierno y acciones pûblicas, 6 en quanto à los aclos y cosas personales y de la vida particular : quepuedemuy bien estarque para lo uno sea unoenteramento defectuoso, y en lo otro se pueda pasar y permitir, segun que VV. AA. lo podràn bien juzgar, y de lo dicho, que no contradice este aclo particular al defecto de entendimiento que, por mis peccados, ba

permitido Nuestro Scfior que huviese en mi hijo ► (Lettre du 19 mai

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