OUVERTURE ET VISITE DU CERCUEIL DE DON CARLOS, EN
La pièce (|«’on va lire est la minute d'une lettre écrite par une personne dont nulle indication, malheureusement, ne fait connaître ni le nom, ni la qualité, mais qui, selon toute vraisemblance, occupait une charge à la cour, puisqu’elle logeait au monastère même de l’Escurial. Elle fut transmise, avec d’autres documents, il y a quelques années, à l’illustre historien Prcscott par don Pascual de Gayangos, professeur à l’université de Madrid.
M. Prescott avait fait paraître, depuis peu, le deuxième volume de V Histoire de Philippe II, où il s’était occupé de l’arrestation et de la mort de don Carlos ; il ne se proposait pas de revenir sur ce sujet ; il eut la bonté de m'envoyer le curieux document qu’il tenait de M. de Gayangos. Je le communiquai à l’Académie royale de Belgique, dans sa séance du 2 mars 1857 (').
Ce qui donne de l’intérêt à cette lettre de 1795, ce n’est pas seulement l’assertion de Saint-Simon, ce sont aussi les détails
(') Voir les Bulletins de celte compagnie, 2’ série, 1. I, p. 407.
contenus dans une note du colonel Bon’ de Saint-Vincent que feu le baron de Reiffenberg inséra dans son édition de Y Histoire des troubles des Pays-Bas, de Vander Vynckt : cet officier supérieur, attaché à l’état-major du maréchal Soult, avait profilé, en 1812 , d’un moment où les troupes françaises occupaient le village de l’Escurial, pour visiter le célèbre monastère bâti par Philippe II.
Les mémoires de Saint-Simon sont dans toutes les mains ; mais ['Histoire des troubles des Pays-Bas est peu connue à l’étranger : c’est pourquoi nous reproduisons ici le passage de la note du colonel Bory qui se rapporte à don Carlos :
« Nous nous hâtâmes de chercher don Carlos, fils de Philippe II, cl nous le trouvâmes bientôt à son rang de date, â la même hauteur que les précédents, du petit côté opposé à l'entrée. La bière avait échappé à l'Anglais, qui probablement n’a voit pas lu Saint-Réal. Aussi quand nous voulûmes y toucher, le conducteur jeta de grands cris; il voulait s’en aller, emporter la lumière, fermer le caveau, en protestant qu’on le tuerait plutôt que de loucher à son seigneur l’infant : on ne le tuu point, on le laissa dire, on s’empara de la lumière et des clefs, et l’on essaya d’attirer le cercueil, qui fut trouvé aussi pesant que les autres avaient paru légers; il fallut même renoncera l’ôter enlièrement de sa place, dans la crainte de ne pouvoir l’y remettre. Quand nous l’eûmes, avec bien de la peine, tiré aux deux tiers, et que nous l’eûmes, du côté de la tète, fait soutenir par notre Espagnol, qui avait enfin pris son parti sur ce qu’il ne pouvait pas empêcher, nous reconnûmes que le dessus avait été enlevé anciennement et grossièrement recloué ; il ne fut pas très-difficile de le découvrir de nouveau. Au lieu d'une belle momie, vêtue comme celles que nous venions de voir, nous y trouvâmes de la chaux compacte, dont la surface inégale était dure et rocailleuse. Cette chaux avait été enlevée en quelques endroits, comme pour rechercher en dessous des traces du corps, qu elle fut sans doute destinée à rendre méconnaissable, et, en effet, on était venu û boni d’en découvrir quelques parties. En
APPENDICE D
arrachant d’autres morceaux de cette substance, nous trouvâmes des ossements et des lambeaux de peau ou de chair réduits à la consistance de vieux chiffons. Voilà tout ce qui reste du farouche et malheureux don Carlos. Voulant vérifier si la tète manquait, (c’était le point essentiel), je grattai promptement avec mon couteau du côté où je devais la trouver, si elle existait, et je la découvris après de légers efforts. Elle était méconnaissable; les téguments en avaient été entièrement détruits sur le frontal et le pariétal, que je mis à nu : mais beaucoup de cheveux sont très-bien conservés, quoique devenus rougeâtres et cassants.
Nous nous préparions à débarrasser le cou de toute la chaux qui l'encroûte, afin de voir dans quel état il se trouverait, et si la colonne vertébrale serait intacte : c’est tout ce que nous pouvions espérer avoir échappé à la corrosion, lorsque l’une de mes ordonnances vint nous avertir que l’armée ne s’arrêtait point. Il fallait poursuivre des suceès; nous repoussâmes don Carlos à sa place, et montâmes à cheval pour recourir après les Anglais {*).... »
San Lorenzo el Real, 2 de agosto de 1795.
ne visto flnalmcnte el câdaver del principe don Carlos, hijo de Felipe II, de cuya muerlc se ha hablado con tanta variedad, y ha sido un motivo por que se dénigra la memoria de aquel rey, A quien atribuyen la mnerte del principe su hijo primogénito, que mandô degollar segun unos, aogar à desangrar segun otros, anadiendo que esta la cabeza separada delcuerpo. Esuna impostura.porque he visto muy despacio el eddaver entero que se conserva con los destrozos que es natural haga el largo tiempo que ha corrido desde su muerte ac A : de manera que no fué degollado este principe ; y si fué muerto de ôrden del rey su padre, séria de un modo que su cuerpo quedase intacto, pues solo tiene, repito, los estragos del tiempo. EraSu Altezza de regular eslatura, y sus huesos no maniQestan fuese muy robusto; y este juicio combiene con la idea que nos dan los historiadores de aquel tiempo de que padeciô tercianas, y hacia extravagancias muy proprias para acortarse la vida. Este es un
(1) Dans son Èt udt sur la mort do don Carlos, que noos avons ri tco p. 621, note 6, 11. AaisbT a dit justement : a Voilà, il en font en eonvenir, une ordonnance qui, dans « l'intérêt de l'histoire, arrive bien mal à propos, a
punto de que han tiablado rnucho los estrangeros, y me alegraria lo viesen por si, para que se desengaûasen de que no tiubo tal degollacion.