CHAPITRE XII
son discours par des protestations de zèle et de dévouement.
Philippe remercia les cortès en quelques mots; il les invita à s’occuper sans délai des objets pour lesquels elles étaient convoquées : après quoi il leva la séance et se retira dans ses appartements.
Dans les conférences particulières que les procuradores tinrent entre eux, la question du gouvernement que le roi laisserait en Espagne pendant son absence fut surtout agitée. La majorité était d’avis que le prince des Asturies demeurât à Madrid comme lieutenant général de son père, de même que le roi actuel l’avait été de l’empereur, au départ de Charles-Quint pour les Pays-Bas en 1542. Don Carlos eut connaissance de l’intention exprimée par les cortès : il avait juré qu’il accompagnerait le roi en Flandre ; il avait même déjà fait des apprêts pour ce voyage ('): il ressentit un vif déplaisir de l’opinion que manifestaient les députés des communes de Castille. Suivant son habitude de se mettre en.retraite dans quelque monastère à l’époque des grandes solennités religieuses, Philippe 11 avait quitté Madrid, le 22 décembre, pour aller passer les fêtes de Noël à l’Escurial ( 2 ). Don Carlos, profitant
nimidad y magnificcncia, con las otras grandes virtudes de Vuestra Magestad, con una felicisima imitacion. »
Le prince dit qu’il accompagnera son père où qu’il aille, et at envoyé un escuyer en Andalousie avec 12,000 escus, pour achapler des
chevaux de service (Avis envoyé à Charles IX par Fourquevaulx,
le 2 novembre 15GG.) — Voy. plus loin l'extrait de la lettre de l'archevêque de Rossano, du 7 janvier 1567.
(*) Lettre de Fourquevaulx à Charles IX, du V janvier 1567.
DON CAItl.OS BT PHILIPPE II.
de son éloignement, se fît ouvrir la salle du palais où les eortès étaient réunies ; et, après s’être assuré que tous les procuradores étaient présents, il leur adressa, d'un ton courroucé, les paroles suivantes : « Vous « devez savoir que mon père a le dessein d’aller en « Flandre, et que j’entends de toute manière y aller « avec lui. Aux dernières eortès (’), vous eûtes la témé- « rité de supplier mon père qu’il me mariât avec la « princesse ma tante. Je trouve fort singulier que vous « vous mêliez de mon mariage, qui ne vous regarde « pas, et ne sais pourquoi vous prétendez que mon « père me marie plutôt avec l’une qu’avec l’autre. Je « ne voudrais pas que la fantaisie vous vînt mainte- « nanl de commettre une nouvelle témérité, en sup- « pliant mon père de me laisser en Espagne. Je vous « engage à ne pas faire cette demande : car les depu- « tés qui la feraient pourraient me tenir pour leur « ennemi capital, et j’emploierais tous mes moyens « à les détruire. » Cela dit, il tourna le dos aux procuradores , et sortit de la salle, les laissant stupéfaits d’une apostrophe aussi inattendue et aussi véhémente (■).
O L'ambassadeur de Gènes, dans sa lettre du 8 janvier, dit : nclle eorti tli Tnletlo. mais il se trompe C'était aux eortès de Madrid, de 1563, que la chose s'était passée.
(') Voici comment ce fait est rapporté dans une dépêche adressée au doge de Gênes, le 8 janvier 1567. par le protonotaire Marcanlonio Sauli, ambassadeur de la république è Madrid : - Corne in altre mie ho scritto,
• si celebrano qui in Madrid le eorti di Castiplia. Ed essendosi congrcpati « i proccuradori l'altro giorno nolla capella del palazzo. per tratar delle " coseappertenentialla couclusionedi essi, il principe di Spapna.essendo
• assente il re, si fece aprire; et enlrato nel mezzo di essi, li demande