‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 45 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ne put s’empêcher, cette fois encore, de faire sentir à son fils l’irrégularité, l’inconvenance de ses procédés ('). Cette leçon ne porta pas plus de fruit que les précédentes : peu de temps après, don Carlos s’abandonna à un nouveau caprice; il acheta de Fernand Rodriguez Cadeyra, marchand portugais, un diamant du poids de trente-neuf carats, au prix de vingt-cinq mille écus, sans avoir le. moyen de payer la moindre partie de cette somme ( 3 ).

Venegas arriva à Vienne le 10 juillet. L’empereur et l’impératrice étaient à Presbourg ; il alla les y trouver. Après qu’il leur eut exposé l’objet principal de son ambassade ( 3 ), Maximilien lui fit, de bouche, une réponse qu’il jugea à propos de lui remettre ensuite par écrit; et. comme il ne se fiait pas à la discrétion de son secrétaire éspagnol, il la fit

e che se non li provedova quesli danari presto, sarebbe mal per lui e per la sua casa. Ci si messe di mezzo Ruy Gomcz e molti altri, ne si è mai potuto quietare fin tanto cbe Niccolo non li ba prestato sessanta mil scudi con sua polizza senza nltro assegnamento ; e questi danari serviranno per far l’entraîa ai medici e li altri donativi..., • (Lettre do Leonardo de Nobili au duc Corne de Médiois, du 24 juillet 1567.)

Dans sa lettre du 22 janvier 1368, déjà citée, l'ambassadeur vénitien Sigismondo Cavalli parle aussi de cet emprunt forcé fait par don Carlos à Nicolo Grimaldi.

(’) Lettre de Leonardo de Nobili, du 24 juillet 1567. — Fourquevuulx mande à Catherine de Médicis, le 30 juin, que lu médecin de la reine lui a dit « qu'il a y eu quelque prinse entre le roy catholicque et le « prince son filz, pour les désordres qu’il continue de Taire assez mal à « propoz. »

(') Vov. la Coleccion de documentes inédites, etc., t. XXVII, pp. 113,

(*) Lettre de Venegas au roi, du 19 juillet 1567, aux Archives de Simancas, Eslculo, leg. 656.

rédiger en latin, puis il la traduisit lui-méiue en espagnol pour le roi ('). Dans cette réponse, il insistait longuement sur les raisons qui devaient le porter à préférer pour gendre le roi très-ehrélien «ju roi de Portugal. Il ajoutait que le roi de France pourrait s’offenser, en voyant conclure le mariage de Portugal avant qu’il se fût expliqué sur les conditions qu’on lui avait proposées l’année précédente : or, ayant déjà le Turc pour ennemi, il lui importait d’éviter avec soin les occasions de s’en attirer d’autres. Il conjurait le roi, son beau-frère, de réfléchir à tout cela. II était prêt, alin de lui prouver son attachement, à lui sacrifier ses intérêts propres, mais alors il désirait savoir sur quel secours il pouvait compter de sa part, au cas qu'il s’exposât à l’inimitié de la France. II priait encore son beau-frère de considérer, à l'égard de la dot, qu'il avait beaucoup d’enfants; qu’il convenait d’observer l égalité entre eux ; que l’empereur Ferdinand, avec des États plus nombreux, n’avait donné que 100,000 florins à ses filles. Quanta l’union projetée entre le prince des Asturies et l’archiduchesse Anne, il lui paraissait que le mieux était de ne pas la différer, puisque don Carlos avait déjà vingt-deux ans; qu’ayant atteint cet âge et étant ce qu’il était, il y avait lieu d’espérer qu’il serait ce qu’il devait être, et que le temps, le mariage et l’expérience apporteraient de l’amendement dans sa conduite ( 2 ). Enfin il voyait des inconvénients à con-

(’i Lellre de Venegas au roi. du 20 juillet 1567, dans la Coleccion de docununtos iuédilos, etc , t. XXVI, p. 557.

(’) " Tambien S. M. lia entendido de Luis Vanegas lo que el rey le

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