‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 60 sur 172 · SI · texte numérisé non relu

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point cherche :V porter le trouble dans les États de

son père ; il lui avait même, à différentes reprises,

fait témoigner sa soumission et sa déférence (') ; tandis

que tout ee qu’on connaît de don Carlos autorise à

croire qu’il aurait poussé la désobéissance jusqu’à la s

révolte (').

II y avait, d’ailleurs, plus d’un point de ressemblance dans la situation et même dans le caractère du dauphin de Viennois et du prince des Asturies.

Comme don Carlos, Louis XI était ambitieux et d’un esprit inquiet : il voulait commander et ne savait pas obéir; il détestait son père; il était l’ennemi implacable des conseillers que le roi honorait de sa faveur.

Mais, sous d’autres rapports, que de différence entre eux ! Si personne n’était plus imprudent que le dauphin dans ses discours, nul n’était plus caché dans sa

(') Duclos, Histoire de Louis XI. — Sismondi, Histoire des Français

(’) ■ J'ay sceu qu’il pensoit s'en aller à Gênes, pour, estant arrivé en •'Italie (où n'y aurait eu faillie de gens qui l'eussent poulsé à troubler

• toutes choses), sommer et constraindre la Majesté Catholique de luy

• accorder certains articles hors de toute raison.... ■> (Lettre de Fourquevaulx, du S février 4568.) — « Mi dice questo mio amico che il-prin-

• cipe.... volera sopra l'armata passar con don Giovanni d'Austria in

• Italia, et metler révolutions nelli Stati di S. M. in quelle parti et » veder di farseno padrone, et passar poi nella Fiandra, per haver « quelli altri, etc. » (Lettre de Cavalli, du 22 janvier 4568.) — • La

• vérité è che s’era risoluto, con l'aiuto di don Giovanni d'Austria.'

« col seguito do' principi d’Italia e aiuto dell' imperatore, ribellarsi da

• suo padre.... » (Lettre de Nobili. du 25 janvier 4568.)— • .... A questo » aggiongerano allre cause, che dicono apparire per propric sue scrit- « lure, eioc d’haver havuto animo di fupgire, impadronirsi dell’ armais,

« de’ Stati, o cose simili.... • (Lettre do l’archevêque de Rossano, du I février 4568.) — Toutes ces lettres se trouvent dans l'Appendice B.

conduite (') : le prince d’Espagne ne dissimulait rien, ni ses sentiments, ni ses actions. Aussi Louis XI réussit dans son projet, et don Carlos vit avorter le sien.

Il est vrai qu’il était plus difficile à don Carlos de se rendre du centre de la Castille en Italie, qu’il ne l'avait été à Louis XI de passer du Dauphiné dans lallourgogne : indépendamment de la distance a franchir et de la mer à traverser, il lui fallait mettre en défaut la surveillance ombrageuse du roi et le zèle de scs officiers. Ihic telle entreprise exigeait d’ailleurs des moyens d’exécution préparés de longue main et en grand secret ; elle exigeait surtout des amis dévoués. Don Carlos était trop dur envers ceux qui l’approchaient pour avoir des amis (*), et l’on verra que les moyens auxquels il eut recours devaient nécessairement éveiller l’attention et les soupçons de son père.

Ce fut à cette époque et dans ces circonstances qu’il crut devoir s’entourer de précautions extraordinaires pour la sûreté de sa personne. Il ne se couchait plus sans avoir des armes sous son chevet, outre des arquebuses, de la poudre et des balles qui étaient placées en réserve dans sa garde-robe. Les règles de l’étiquette prescrivaient qu'un de ses gentilshommes dormit dans sa chambre : non-seulement il s’en affranchit , pour être seul pendant son sommeil, mais encore, afin qu’on ne pénétrât point chez lui contre son gré, il fit faire, par l’ingénieur français

(') CoMMINKS.

(*) Voy., p. 401, cc que le docteur Suarez lui disait là-dcssus.

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