‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 78 sur 172 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

attendant, il l’autorisait à faire part de cet événement aux archiducs à la personne desquels il était attaché (').

11 manda ensuite ses différents conseils, et à chacun d eux séparément il annonça, en peu de paroles, qu’il avait été forcé, pour le service de Dieu et dans l’intérêt de ses peuples, d’ordonner la réclusion de son (ils. Il n’entra dans aucun détail, se réservant, leur déclarat-il, de s’en expliquer une autre fois ( 2 ). Si l’on en croit des relations contemporaines, des larmes lui coulaient des yeux, lorsqu’il leur lit celle communication (*) : la chose peut être vraie, mais les dépêches des ambassadeurs n’en parlent pas.

Le 20, il réunit dans sa chambre les ministres qui formaient son conseil intime, et resta enfermé avec eux depuis une heure de l’après-midi jusqu’à neuf heures du soir ( 4 ). Celte longue séance fut consacrée à la discussion des mesures que nécessitait le grand * coup qui venait d’être frappé.

Les corlès de Castille ayant reconnu don Carlos pour le futur héritier de la couronne, celle partie de la monarchie devait surtout s'émouvoir de l’arrestation

(') Kocit, Qurllen, etc., p. SOI. — Leltre de Nobili, du ?5 janvier.

( s ) Lettre d'Hopperus à Viglius. du 19 janvier. ( Jonch . Hopperi Epistolae, p. 154.) — Lettres de Nobili, des SI et janvier. — Lettre de l’ambassadeur Cavulli au doge de Venise, du Si janvier, dans l 'Appendice B. — Lettre de l’archevêque de Rossano, du SV janvier. — llelacion i tel ayuda de edinara, dans l'Appendice B. — Avitu.iiun llalianu pial no île lluy Gomrz , ibitl. — Itaijguaglio delta prigiouia, etc., ibid.

( J ) Cette particularité est consignée dans la llelacion del ayuda île camara et dans l' A e/go d'nti llalianu, etc.

;') Hclacion del ayuiia de ciinmra. ,

du prince : aussi le bruit courul-il d’abord que le roi convoquait les représentants de la nation castillane, afin de leur faire connaître les motifs de plainte qu’il avait contre son fils ('). Mais les assemblées nationales étaient peu du goût de Philippe, qui se défiait, non sans raison, de l’opinion publique; les cortès auraient pu lui présenter des remontrances désagréables; au lieu donc de les assembler, il se contenta djécrire aux grands , aux villes , aux évêques , aux audiences royales, aux généraux et aux provinciaux des ordres religieux.

La lettre aux grands était de la teneur suivante :

« Ayant fait enfermer le sérénissime prince don Carlos, notre très-cher et tres-aimé fils, en notre* . palais, et ayant établi dans son régime, service et traitement un ordre tout différent de celui qui a été observé jusqu’ici, l’importance de ce changement nous a engagé à vous en donner connaissance. -La détermination qu’en cela nous avons prise l’a été sur un fondement si juste, et pour des raisons si essentielles et si urgentes, que nous n’avons pu nous dispenser de la prendre afin de remplir nos obligations : tenant d’ail-

(') * Wollcn auch vill darfur Italien, (1er khunig werde die stent des khunigreiths beruelTeu*und mnn die ursachen, warumh er es getan und des prinlzen mengel fuerhallen. » (Leltro do Dietrichslein , du 22 janvier 156S, dans Quellen, etc., p. 205.) — • Les grands seigneurs de ce royaume sont ina'ndez venir, afin de leur dire les motifs dudit emprisonnement. » (Lettre de Fourquevaulx, du 22 janvier.) — « Ha dato ordine che tutti li grandi di Castiglia vcngliino qui, et similmente li commissi dcllecorli etdel regno ... » (Lettre de Sigismondo Cavatli, du 22 janvier.) #

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