SCÈNE VII
CARLOS, ALVAR
CARLOS
Viens : mon âme a besoin de tes yeux ,
Alvar. Déjà la reine a reçu mes adieux.
Elle a changé ce cœur. Mon départ , mon absence,
Vont dans l’esprit du roi me rendre l’innocence.
Tout ce qu’à sa bonté je demande aujourd’hui ,
C’est l’honneur de combattre et de périr pour lui.
Toi , fais qu’à ses regards je puisse enfin paraître.
Alvar, je t’associe à l’exil de ton maître.
Carlos n’aura point fait deux pertes en un jour.
L’amitié dans mon sein consolera l’amour.
ALVAR
Je bénis comme vous un exil si prospère.
Mes yeux ont du conseil vu sortir votre père :
Je cours remplir vos lois. Vous, conservez, seigneur,
Ce beau feu dont la gloire a réveillé l’ardeur.
Affermissez un trôné où le sort vous appelle.
CAR LOS
Va , dis-je, et ne crains pas que démentant mon zèle Je m’écarte jamais des lois de la vertu.
Favorisé du sort , ou par lui combattu ,
Je n’ai d’espoir qu’en elle ; et ce cœuiNqu’on opprime Aime encor mieux ses maux que le bonheur du crime.
Fifi DU DEUXIÈME .ACTE.