‹ Don Carlos, tragedie en cinq actes et en vers, par feu Lefevre. Representee, pour la premiere fois, par les Comediens du Roi, sur le Second TheatreFrancais, le mercredi, 20 decembre 1820. Dediee a S.A.S. monseigneur le duc d'Orleans, premier prince du sangChapitre 26 sur 65 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

CARLOS, ALVAR

CARLOS

Viens : mon âme a besoin de tes yeux ,

Alvar. Déjà la reine a reçu mes adieux.

Elle a changé ce cœur. Mon départ , mon absence,

Vont dans l’esprit du roi me rendre l’innocence.

Tout ce qu’à sa bonté je demande aujourd’hui ,

C’est l’honneur de combattre et de périr pour lui.

Toi , fais qu’à ses regards je puisse enfin paraître.

Alvar, je t’associe à l’exil de ton maître.

Carlos n’aura point fait deux pertes en un jour.

L’amitié dans mon sein consolera l’amour.

ALVAR

Je bénis comme vous un exil si prospère.

Mes yeux ont du conseil vu sortir votre père :

Je cours remplir vos lois. Vous, conservez, seigneur,

Ce beau feu dont la gloire a réveillé l’ardeur.

Affermissez un trôné où le sort vous appelle.

CAR LOS

Va , dis-je, et ne crains pas que démentant mon zèle Je m’écarte jamais des lois de la vertu.

Favorisé du sort , ou par lui combattu ,

Je n’ai d’espoir qu’en elle ; et ce cœuiNqu’on opprime Aime encor mieux ses maux que le bonheur du crime.

Fifi DU DEUXIÈME .ACTE.

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